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Pour voir Ariane 6 voler il faudra encore attendre

Elle a été pensée en 2014, elle devait voler en 2020. Mais finalement, Ariane 6 ne prendra pas les airs avant 2022, au mieux.

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Ariane 6 prototype
© ArianeGroup

Initialement, le premier vol d’Ariane 6, la nouvelle fusée européenne, aurait dû avoir lieu à fin de l’année 2020. Mais cette année n’étant pas comme toutes les autres, un premier report avait été annoncé au printemps alors que les usines de l’ESA (l’agence spatiale européenne) fermées pour raison sanitaire.

Mais d’après le très bien renseigné magazine Aerospatium, la fusée ne décollera pas avant le deuxième semestre de l’année 2022. Un retard de 18 mois sur les plans fixés en 2017. L’ESA devrait confirmer dans les prochains jours cette information.

Du côté de la présidence d’Ariane si aucun retard n’est signalé, la crise sanitaire qui touche particulièrement la Guyane affecte la construction et la mise en place du pas de tir de Kourou. Fermées pendant plus de deux mois, encore au ralenti depuis le déconfinement les usines guyanaises d’Ariane Group peinent à suivre le rythme. Si Ariane 5 est la fusée la plus fiable de l’histoire spatiale humaine, Ariane Group veut qu’elle soit détrônée par sa petite sœur Ariane 6.

Une Ariane 6 qui tarde et l’Europe qui prend du retard

L’entreprise européenne a fait de la fiabilité son cheval de bataille et se démarque des autres entreprise du new space par son très faible taux d’échec. La fusée Ariane 5 n’a connu qu’en moyenne un échec tout les 5 ans depuis son premier lancement en 1996.

Mais ce nouveau retard dans le lancement d’Ariane 6 reste une très mauvaise nouvelle pour l’agence européenne qui voit son avance fondre comme neige au soleil, notamment à cause des progrès gigantesques de Space X ces dernières années. L’entreprise d’Elon Musk a notamment été la première à développer des lanceurs réutilisables. Elle est aujourd’hui pressentie pour jouer un rôle clé dans le programme américain Artemis, qui prévoit de renvoyer des hommes sur la Lune d’ici 2024.

Un secteur privé en plein essor

Le développement plus général du secteur privé dans l’industrie spatiale affaiblit les plans d’Ariane Group. L’entreprise européenne avait fait du déploiement de satellites géostationnaires sa priorité, mais l’arrivée de nouveaux acteurs comme Space X et Longue Marche, le lanceur national chinois. L’espace de basse orbite, ou la plupart des satellites sont lancés est devenu très accessible pour les entreprises privées. Le développement extrêmement coûteux d’une fusée comme Ariane 6 ne pourra donc pas être rentabilisé en utilisant uniquement cette source de revenus.

Là ou Ariane 5 avait réussi à s’imposer parmi les lanceurs lourds comme la référence absolue durant toute la décennie 2000, la suite s’annonçait plus compliqué. Dès 2009 le CNES, l’agence spatiale française, recommandait à l’ESA de mettre au point un nouveau lanceur pour s’adapter au changement du marché. Si la fusée Ariane 5 conserve aujourd’hui une position dominante, Ariane 6 devra quasiment repartir de zéro pour conquérir des parts de marchés, aujourd’hui acquises à l’Ariane 5.

Mais l’Europe veut conserver un lanceur lourd et Ariane 5 a largement fait son temps. Même si Ariane 6 venait à être à perte, la fusée offre une autonomie et une indépendance importante pour l’Union européenne alors que la militarisation de l’espace est plus grande que jamais. Aujourd’hui, la majorité des contrats des fusées Ariane sont signés entre acteurs européens. Autre point important, Ariane 5 peut amener des dizaines de tonnes de charge utile en orbite basse, ce qui permet le déploiement de plusieurs satellites en même temps, des missions parfaites des satellites militaires ou espions.

3 Commentaires

3 Commentaires

  1. Gilbert

    23 octobre 2020 at 23 h 49 min

    Il y a une erreur, ariane V n’est pas capable d’emmener des centaines de tonnes, mais une vingtaine seulement.

  2. Adrien sevar

    24 octobre 2020 at 4 h 13 min

    Mais qui va sur les plateformes légales encore de nos jours?

  3. Kalliste

    25 octobre 2020 at 20 h 13 min

    Cet article comporte plusiieurs erreurs qui nuisent à la compréhension du sujet.
    L’ESA ne possède pas d’usines , ce sont les différents industriels europeens ArianeGroup, Avio, OHB etc …qui possèdent et opèrent les usines.
    Contrairement à ce qui est indiqué Ariane 5 lance majoritairement pour des clients commerciaux largement étrangers aux états européens.
    La capacité d’Ariane 5 est de 10,5 tonnes en orbite géostationnaire.
    Le mot lanceur est masculin : un lanceur
    Le mot fusée est féminin : une fusée
    Le mot lanceuse s’applique à une lanceuse de javelot ou du disque ….

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