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Pourquoi des députés menacent d’interdire la téléconsultation à domicile ?

Et si, pour téléconsulter, il fallait désormais se rendre physiquement chez le médecin ? C’est pourtant l’amendement que viennent de faire passer des députés LFI et LR. Il reste encore un vote, fin octobre, pour valider définitivement (ou faire exploser en cours de route) l’amendement.

Depuis la pandémie, les Français se sont habitués à une nouvelle façon de faire des consultations médicales : la téléconsultation. Le principe, vous le connaissez : des applications comme Doctolib vous permettent de prendre un rendez-vous avec un médecin près de chez vous. Une fois le rendez-vous pris, la consultation proprement dite a lieu en visio, via le smartphone ou l’ordinateur.

Personne ne semblait voir de problème dans ce mode de consultation très pratique pour les affections bénignes. D’autant que lorsqu’un médecin estime que le patient doit se faire ausculter physiquement, il peut tout à fait l’exiger. En fait, il y a tout de même un aspect de la téléconsultation qui soulève des questions : les arrêts de travail obtenus via un médecin différent de votre médecin traitant.

Interdire la téléconsultation ? Mais pour quoi faire ?

Mais jusqu’ici rien de très choquant. En effet, quel que soit le problème médical, si vous vous rapprochez de votre médecin traitant la consultation est remboursée – dans le cas contraire vous sortez du parcours de soin et ces derniers sont donc à vos frais. Les téléconsultations connaissent une popularité extrême en France. Selon BFMTV en 2021, plus d’un millions d’actes de ce type ont été réalisés… chaque mois.

Hélas, un nouvel amendement au Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pourrait bientôt gâcher la fête. L’amendement en question a été proposé à l’origine par la députée LR Isabelle Valentin. Mais visiblement la disposition a aussi beaucoup plus aux députés de la France Insoumise (LFI). Puisque ces derniers ont massivement approuvé l’amendement, comme l’explique la députée LFI Caroline Fiat sur Twitter :

Le problème c’est que l’amendement en question interdit de facto la téléconsultation depuis chez soi, sur smartphone et ordinateur. L’amendement stipule en effet : “les actes de téléconsultation doivent être reealisés par le biais d’une maison de santé pluridisciplinaire, d’une officine ou d’une collectivité territoriale afin de garantir un meilleur encadrement de cette pratique”.

Concrètement, si cet amendement était validé, cela voudrait dire la fin des téléconsultations, puisqu’il faudrait de facto vous rendre chez le médecin… pour téléconsulter. Le vote surprise de l’amendement en Commission des affaires sociales a suscité de vives réactions dans l’hémicycle. Le ministre délégué au Numérique Jean-Noël Barrot a notamment jugé que “les oppositions réunies veulent perpétuer les déserts médicaux et mettent en péril la santé des français”.

Heureusement, l’adoption d’un amendement en commission n’est pas définitive. Pour le devenir, l’amendement doit également être validé en séance plénière par une majorité de députés. On espère en tout cas que ce coup de projecteur sur cette mesure potentiellement handicapante pour des millions de français suffira à ce que ce dernier ne soit pas, in fine, adopté dans le PLFSS 2023 final.

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