On pourrait penser qu’au sommet de l’État, utiliser des appareils de communication grand public comme les iPhone ou les smartphones Android serait strictement interdit. Pourtant c’est bien le cas – et si vous vous souvenez de la passion de Barack Obama, outre-Atlantique, pour les Blackberry et les iPhone, vous pressentez sans doute que la pratique n’est pas nouvelle, et est même plutôt répandue parmi les chefs d’État étrangers.
Il y a de quoi tiquer sur cette information. Même préparés pour cet usage, ils restent sensibles aux mouchards et autres tentatives d’espionnage. On se rappelle notamment de Pegasus, le logiciel de la firme israélienne NSO Group – premier du genre à réussir à pirater les iPhone. Et on ne parle pas des méthodes de piratage alternatives comme l’usage de bornes 4G vérolées, SIM Swap et autres.
Il y a des choses qui ne se disent jamais via un iPhone ou un smartphone Android
Outre les appels et les messages, les smartphones grand public contiennent un nombre incroyablement dangereux de données ultra-sensibles. Ce qui comprend par exemple la localisation. Un fait empiré par le côté public des membres du gouvernement et du chef de l’État. Le numéro de téléphone de ces derniers est une donnée partagée entre un grand nombre de personnes : militants, journalistes, diplomates, entrepreneurs, anonymes…
En réalité, dans les hautes sphères de l’État, le smartphone grand public est placé dans une stratégie précise de sécurité des communications. Tous les membres du gouvernement doivent utiliser Olvid, une application de communication sécurisée, et n’installer en aucun cas des applications tierces comme WhatsApp.
Certains membres de l’État, notamment Emmanuel Macron, ont également accès au système de communication Osiris – un réseau spécifique, qui repose sur des appareils très limités en capacités (pas de magasin d’applications notamment) et qui ne permet de communication qu’avec d’autres appareils de ce réseau (pas d’appels vers l’extérieur).
Quoi qu’il arrive, aucune information secret-défense ne doit être communiquée par smartphone ou même via le réseau Osiris. Ces informations doivent nécessairement être communiquées en présentiel derrière portes closes pour limiter tout risque de fuites. On note par ailleurs que les ministres n’ont pour la plupart pas accès au système Osiris, ce qui les force à utiliser des smartphones classiques pour rester joignables.
Au-delà, la méfiance reste de mise autour de ces appareils. L’accès aux Conseils de ministres et autres réunions sensibles est conditionné au fait de laisser son smartphone à l’entrée. Ce qui n’empêche pas, comme le soulignent nos confrères de 20 minutes, les services de l’État d’être très vigilants sur les risques sécuritaires posés par l’usage de ces appareils par les personnalités les plus exposées.
- Le chef de l’État et les ministres continuent d’utiliser des smartphones grand public a priori peu sécurisés.
- Ces appareils restent essentiellement utilisés pour les communications non sensibles même s’ils portent en eux des risques supplémentaires comme le partage de la localisation.
- Le Chef de l’État, en particulier, a accès au réseau ultra sécurisé Osiris – les communications les plus sensibles se font toujours de personne à personne derrière portes closes.
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