Il fallait s’y attendre. Apple, Google et Microsoft ont récemment demandé à une partie de leurs employés titulaires de visas de travail de ne plus quitter les États-Unis pour le moment. En cause, un allongement spectaculaire des délais de traitement dans les ambassades et consulats américains, alors que Washington continue de durcir sa politique migratoire. Concrètement, les salariés concernés risquent de se retrouver bloqués à l’étranger pendant plusieurs mois s’ils quittent le pays sans visa déjà validé.
Cette initiative résulte d’un nouveau dispositif de vérification de la présence en ligne des demandeurs de visa. Désormais, ils font l’objet d’un examen approfondi de leurs réseaux sociaux, tout comme ceux qui souhaitent simplement se rendre sur le territoire américain. Une procédure qui mobilise davantage de ressources consulaires et provoque des reports de rendez-vous en chaîne, parfois jusqu’à douze mois d’attente.

Climat d’incertitude
Dans une note interne consultée par Business Insider, le cabinet BAL Immigration Law, qui conseille Google, recommande aux employés de renoncer aux voyages internationaux, sous peine de « risquer une absence prolongée hors des États-Unis ». Même message chez Apple, via le cabinet Fragomen, qui appelle les salariés ne disposant pas d’un visa H-1B valide à « éviter tout déplacement à l’étranger » compte tenu de délais jugés « imprévisibles ».
Microsoft adopte un ton similaire. Dans un message adressé aux équipes, l’entreprise demande aux salariés déjà bloqués hors du pays de signaler leur situation, tout en incitant ceux encore sur le sol américain à reconsidérer tout projet de voyage. « Nous savons que c’est un moment anxiogène », reconnaît la direction juridique du groupe, sans pour autant pouvoir donner de calendrier clair.
Ces avertissements rappellent à quel point la Silicon Valley dépend du visa H-1B, ce permis de travail temporaire permettant d’embaucher des profils hautement qualifiés dans l’informatique, l’ingénierie ou la recherche. Google, Apple, Microsoft, Amazon ou Meta figurent chaque année parmi les plus gros utilisateurs de ce programme, indispensable pour pourvoir des postes très spécialisés.

L’administration Trump en guerre contre le visa H-1B
Mais il est dans le viseur de l’administration Trump. Accusé de favoriser une concurrence salariale déloyale au détriment des travailleurs américains, le dispositif est devenu un symbole politique. Ces derniers mois, Washington a déjà multiplié les mesures dissuasives, dont une taxe pouvant atteindre 100 000 dollars par nouveau visa H-1B, officiellement destinée à limiter les abus et à privilégier les profils les mieux rémunérés.
Résultat, les entreprises doivent composer avec des règles mouvantes, des coûts en hausse et une administration de plus en plus tatillonne. Et pour les salariés étrangers, le flou est total : un simple déplacement professionnel ou familial peut désormais se transformer en piège administratif.
- Google, Apple et Microsoft demandent à certains employés sous visa de ne plus quitter les États-Unis à cause de retards massifs dans les ambassades.
- En cause, un durcissement des contrôles, notamment sur les réseaux sociaux, qui bloque les renouvellements de visas pendant des mois.
- Cette situation illustre l’impact direct de la politique migratoire de Donald Trump sur la Silicon Valley et ses talents étrangers.
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