« Je démissionnerai de mon poste de PDG dès que je trouverai quelqu’un d’assez idiot pour prendre le poste ! ». Voilà le contenu du tweet publié par Elon Musk, patron de Twitter, pour annoncer qu’il lâchera les rênes de l’entreprise.
Cette décision fait suite à un sondage publié lundi sur son compte Twitter dans lequel il demandait s’il devait quitter son poste de PDG. Probablement convaincu que le public l’adouberait, Elon Musk a eu la mauvaise surprise de se voir débouté : 57% des votants ont demandé son départ, soit 17 millions d’utilisateurs.
I will resign as CEO as soon as I find someone foolish enough to take the job! After that, I will just run the software & servers teams.
— Elon Musk (@elonmusk) December 21, 2022
« Un léger problème de bots sur Twitter »
Avant de respecter ses engagements, Elon Musk a d’abord mis en doute les résultats. « Intéressant, cela semble suggérer que nous avons bien un léger problème de bots sur Twitter » écrivait le PDG en réponse à un tweet présentant une étude de l’institut HarrisX.
Cette dernière révélait que sur la même question (Elon Musk doit-il rester à la tête de Twitter ou quitter son poste ?), 61% des personnes interrogées étaient en faveur de son maintien. Elon Musk ne précisait pas qu’il s’agissait de son propre échantillon d’utilisateurs.
Une démission, vraiment ?
Finalement, le PDG de Twitter a fini par reconnaître sa défaite et annoncé sa démission prochaine. Enfin presque. Dans la seconde partie de son tweet annonçant son départ, Elon Musk écrit :
Après cela, je dirigerai simplement les équipes de logiciels et de serveurs.
Sacré Elon. Twitter étant un réseau social, il ne repose que sur du logiciel et des serveurs. Comprenez donc que s’il ne portera certainement plus le titre de « PDG de Twitter » (à condition de trouver un remplaçant), Elon Musk restera aux commandes.
Rien d’étonnant à cela, d’abord parce qu’il reste le propriétaire du réseau social, ensuite parce qu’il a toujours eu la main sur le produit dans la plupart de ses entreprises.
Certes, Elon Musk ne sera probablement plus CEO dans les semaines ou mois à venir, mais rien ne l’empêchera de modifier Twitter en profondeur. En huit semaines seulement, le milliardaire a multiplié les déclarations et modifié certains aspects du réseau social avec la rigueur d’un enfant ne sachant quoi faire de son nouveau jouet (en témoigne la gestion de la certification des comptes).
Pour avoir les mains libres (et commencer à amortir ses 44 milliards de dollars), il a aussi licencié une bonne partie des équipes de développement et de modération, deux secteurs clés pour le bon fonctionnement d’un réseau social.
Les premiers problèmes de modération n’ont d’ailleurs pas tardé à émerger. Elon Musk a d’abord réactivé le compte de Donald Trump, banni par les précédentes équipes, en s’appuyant sur un sondage publié sur son compte Twitter. Il a ensuite supprimé le compte Twitter qui permettait de suivre les déplacements de son jet privé.
Plus grave, les comptes de journalistes l’ayant critiqué ont été supprimés. Face à la pression médiatique et au scandale suscité par cette affaire, le milliardaire a fini par réactiver les comptes.
Attention Elon
Si ses frasques semblent l’amuser, Elon Musk est dans l’œil d’observateurs plus exigeants encore que les utilisateurs. Les actionnaires de Tesla s’inquiètent en effet de l’attitude du PDG de Twitter.
Non seulement Elon Musk revend ses actions Tesla à tour de bras pour amortir le rachat de Twitter, mais son comportement commence à avoir des conséquences sur son entreprise automobile. Depuis le rachat de Twitter, l’action de Tesla a perdu 100 dollars en valeur depuis le 1er novembre, plongeant à 137 dollars ce lundi à la clôture des marchés.
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