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Pourquoi le prix de l’essence s’envole à nouveau

Après une accalmie ces derniers mois, les tarifs à la pompe repartent à la hausse…

  • Le prix de l’essence et du diesel dans les stations essence flirte de nouveau avec les 2 € le litre
  • Les tarifs avaient pourtant baissé ces derniers mois du fait d’une réorganisation de la chaîne d’approvisionnement mondiale
  • Le prix du baril de brut atteint toutefois un niveau record, et avec la décision de l’OPEP de limiter la production, tout indique que la situation va perdurer

La guerre en Ukraine a forcé l’Europe à complètement repenser son approvisionnement en pétrole ; après une explosion des prix suite à l’éclatement du conflit, sur tout le continent, les tarifs à la pompe étaient redevenus plus raisonnables ces derniers mois. Mais il va pourtant falloir s’habituer à un prix de l’essence et du diesel autour de 2 € le litre comme les automobilistes le constatent depuis quelques jours dans les stations-service.

Comment expliquer cette situation ? Le problème numéro 1 est la hausse du prix du baril. Comme l’explique Olivier Gantois, président de l’Ufip Énergies et Mobilité, cité par Europe 1 : “Le pétrole brut, au début de l’été, était à 76 dollars le baril, aujourd’hui, il est à 86 dollars le baril. Traduit en centime par litre TTC, ça fait à peu près 6 centimes”. La hausse du cours du baril de brut elle-même est en grande partie liée à la décision des pays de l’OPEP+ (dont la Russie fait partie) de réduire la production pour maintenir des cours élevés.

Prix du baril élevé, transition énergétique, baisse des investissements…

Outre l’intérêt évident pour la Russie qui peine à trouver de nouveaux clients pour sa production autrefois destinée à l’Europe (elle peut, grâce à ces cours élevés, quelque peu “sauver les meubles”), le mouvement mondial de transition énergétique joue également plutôt en faveur du maintien de cette stratégie pour le moment.

Les économies qui dépendent le plus du pétrole peuvent en effet craindre, à terme, que la baisse de la demande au niveau mondial ne finisse par réduire fortement les revenus pouvant être tirés du secteur. Pour rappel, l’OPEP rassemble l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Irak, les Émirats arabes unis, le Venezuela, le Nigeria, le Koweït, l’Angola, la Lybie, l’Algérie, le Qatar et Équateur.

Pays auxquels il faut ajouter une dizaine de pays producteurs, dont la Russie, qui coopèrent aux quotas dans le cadre de ce que l’on appelle l’OPEP+. Autre facteur d’explication : une hausse du coût du raffinage, qui lui aussi n’est pas appelé à baisser pour le moment. Là encore, la transition énergétique mondiale provoque une réduction nette des investissements dans le raffinage (-15% ces dix dernières années), ce qui explique cette augmentation des coûts.

Enfin une dernière part de cette augmentation est vraisemblablement liée aux coûts logistiques et de distribution dans les stations-service sur fond d’inflation. Dans ce contexte, il est difficile d’imaginer de changement à court ou moyen-terme. Or, après avoir distribué des aides au début de la flambée des prix, le gouvernement ne semble plus vraiment disposé à réduire l’addition.

Aucune aide de l’État en vue pour le moment

Les marges de l’État sont en effet assez serrées, surtout avec un gouvernent qui dit souhaiter réduire la dépense budgétaire. Toute aide distribuée aux automobilistes implique un coût conséquent (qui pourrait déboucher sur des hausses d’impôts…) – alors même que tout le monde ne possède pas de voiture.

Réduire la TICPE, qui représente une large part du prix payé par les automobilistes à la pompe, poserait également le même type de conséquences : en 2022, cette taxe avait rapporté 17,9 milliards d’euros aux finances publiques et reste une entrée d’argent vitale pour financer les services publics.

Essence&CO
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Par : Ripple Motion
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Elle représentait la quatrième ressource de l’État, après la TVA (102,1 milliards d’euros, un tiers du total), l’impôt sur le revenu (86,8 milliards d’euros), et l’impôt sur les sociétés (58,9 milliards d’euros). Pour vous aider à trouver l’essence la moins chère possible dans cette période compliquée, on vous propose de lire notre dossier carburant pas cher.

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2 commentaires
2 commentaires
  1. Il faut (AUSSI et SURTOUT) ne pas négliger le fait que le gouvernement se gave comme pas possible. Lorsque je vais en Espagne, à la frontière, le gas-oil est 35 à 40 centimes moins cher que chez nous …

    Autre exemple : un paquet de tabac qui est vendu 16 € chez nous faut 5,50 € là-bas ….

    Vampires, vous avez dit vampires ?

Les commentaires sont fermés.