Composé au total de 142 autoroutes, le réseau autoroutier français compte quelques 9 112 km de tronçons concédés dont 68,1 km de ponts et tunnels à péages. En 2006, l’État a décidé de vendre ses parts dans les diverses sociétés de concessionnaires d’autoroutes (pour la durée restante des concessions dont certaines prennent fin en 2032) pour combler son déficit budgétaire – déficit qui s’était établi à plus de 1000 milliards d’euros en 2003 (la dette publique française dépasse 3 000 milliards d’euros selon les chiffres du 31 mars 2023).
Toutefois, l’histoire des concessions d’autoroute privées en France remonte en réalité aux années 1950 et à la politique de modernisation massive du réseau routier, qui engloutit alors des sommes très importantes. Pour réduire la note, l’État recours au concept de SEM, autrement dit des sociétés d’économie mixte. Ces sociétés sont formées pour construire, entretenir et exploiter le réseau au moyen de péages. Péages qui servent également comme gage de garanties aux banques pour contracter les emprunts nécessaires.
Vinci, vent debout contre une nouvelle taxe qui risque de s’appliquer en 2024
Aujourd’hui, et suite à la vente des parts de l’État, ce sont des noms comme Eiffage, Vinci et Abertis qui sont les principaux propriétaires des concessions d’autoroute en France. Et ces derniers ont, de l’avis de nombreux automobilistes, plutôt fait flamber le prix ces dernières années. Or, après des augmentations de tarifs déjà appliquées en 2023, Vinci autoroutes menace d’augmenter de nouveau le prix de ses péages dès 2024 à cause d’une nouvelle taxe défendue par Bruno le Maire (l’amendement, intégré au PLF 2024 a été validé par le Sénat), qui touche directement le concessionnaire.
Le motif de la taxe qui s’applique aussi à l’aérien est la lutte contre la pollution et le financement de la transition énergétique. Elle est de 4,6% et touche les revenus d’exploitation supérieurs à 120 millions d’euros, ce qui devrait déboucher sur 600 millions d’euros de recettes dès 2024. Or, les trois quarts de ce montant devraient reposer sur les sociétés d’autoroute. Une hérésie pour le PDG de Vinci Pierre Coppey qui souligne que la part des taxes dans le tarif payé par les automobilistes à chaque passage aux péages est déjà de l’ordre de 40%.
Vinci souligne être engagé dans des investissements de plusieurs milliards d’euros pour installer, entre autres, des bornes de recharge sur son réseau. Selon l’entreprise, cette nouvelle taxe devrait peser 260 millions d’euros sur ses comptes. Ce qui le fait menacer d’augmenter ses tarifs de l’ordre de 5%. En réponse le gouvernement hausse le ton, et souligne que c’est lui qui “définit” les tarifs d’autoroute. Bruno le Maire souligne que “les compagnies d’autoroute ne seront pas autorisées à répercuter les augmentations de taxe sur les prix des péages”.
Toutefois, Vinci semble être prêt à en découdre, et agite déjà la menace de recours devant la justice administrative, constitutionnelle, voire européenne. “Peut-être trouvera-t-on une solution avant”, veut croire Pierre Coppey, qui plaide au contraire, au vu des buts poursuivis, à “mobiliser tous les acteurs de la mobilité dans un projet de décarbonation” du réseau autoroutier français.
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