- Le gouvernement étudie un projet visant à taxer les plateformes de streaming
- Pour le patron de Deezer, cette taxe est un affront contre sa plateforme qui sera plus durement touchée
- Si cette taxe venait à être mise en place, Deezer ainsi que les autres plateformes n’auront d’autre choix que d’augmenter les prix des abonnements
« Pas le choix ». Invité sur BFM Business, le directeur général adjoint de Deezer a été très clair au sujet de la taxe streaming envisagée par le gouvernement. L’entreprise, comme ses concurrents, n’aura pas d’autre choix que d’augmenter les prix des abonnements pour compenser les pertes engendrées par cette taxe.
La taxe streaming a été évoquée pour la première fois au lendemain de la Fête de la musique. Emmanuel Macron a chargé la ministre de la culture de réunir l’ensemble des acteurs de l’industrie pour trouver de « nouvelles sources de financement » dans le but de préserver la « souveraineté culturelle française » et assurer une « juste rémunération » des artistes.
Si aucun accord n’est trouvé d’ici le 30 septembre, le gouvernement appliquera une nouvelle taxe sur le streaming. Selon un rapport du député Julien Bargeton (Renaissance) datant d’avril 2023, cette taxe pourrait représenter 1,75% des revenus du streaming musical. Elle permettrait donc de financer l’industrie comme le font déjà les plateformes de streaming vidéo avec le cinéma français.
« Taxe anti-Deezer »
Selon le directeur générale adjoint de Deezer, cette taxe « frapperait Deezer de manière totalement disproportionnée par rapport aux autres plateformes » car Deezer « fait plus de 60% de (son) chiffre d’affaires en France (contre) moins de 3% » pour ses concurrents comme Spotify par exemple.
Pour lui, la taxe devra donc être compensée par une hausse des prix des abonnements, les plateformes ne pouvant ni la répercuter aux ayants-droits, ni l’absorber explique Stéphane Rougeot.
À l’automne dernier, alors que l’on évoquait une taxe de 1,5%, les plateformes s’étaient déjà offusquées de cette taxe. Les artistes étaient aussi monté au créneau, notamment ceux évoluant dans l’industrie du rap. Le rappeur Niska avait évoqué « une taxe anti-rap » et est même allé jusqu’à la qualifier de « taxe raciste », le genre musical étant le plus écouté sur les plateformes de streaming.
Divergences d’opinions dans l’industrie
Dans l’industrie musicale, les avis divergent. Pour le Syndicat national du spectacle musical et de variété (Prodiss), cette taxe est « un engagement fort ». Pour l’Union des producteurs phonographiques français indépendants (Ufpi), il s’agit d’une « formidable annonce ».
Avant même sa mise en place, cette taxe streaming fait donc déjà débattre l’industrie musicale. Pour les plateformes de streaming, trouver un accord avant la mise en place d’une telle taxe semble donc urgent. « On ne peut pas l’absorber car notre équilibre financier ne nous le permet pas non plus » explique à juste titre Stéphane Rougeot, aucune plateforme ne parvenant pour le moment à être rentable.
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une augmentation de 1,5% ne devrait pas changer grand chose aux abonnements….. 0,15cts par mois quoi
C’est mal les connaitre, il vont augmenter de 1 ou 2 euros, en faisant croire qu’ils ne peuvent pas faire moins
Se souvenir que l’abonnement à Deezer a déjà augmenté d’un euro (environ + 10%) il n’y a pas très longtemps et ce sans taxe ! c’est donc à Deezer de décider de son destin …
Typique de l’Etat Français qui ne comprend rien aux nouvelles technos d’une manière générale. Nous aurons le même principe pour Deezer, Netflix, Disney+ ou Amazon Prime : aucune alternative (on a vu ce qu’avait donné Salto), mais on va avoir du lobby pour taxer toutes ces sociétés. Le problème c’est que Deezer qui joue franc jeu ne pourra pas rivaliser avec d’autres sociétés américaines qui font de l’optimisation fiscale à outrance. Le résultat sera toujours le même : les taxes imposées à ces sociétés seront répercutées auprès des consommateurs qui sont toujours au final les seuls perdants.