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Pourquoi les Français craquent pour les panneaux solaires

Adulés puis oubliés, les panneaux solaires font leur grand retour dans les foyers français.

Que la motivation soit financière ou écologique (ou les deux), les panneaux solaires retrouvent leur aura d’antan. Poussés pendant des années par le gouvernement à coup de crédits d’impôts importants, ils avaient disparu de la circulation. Mais en 2024, alors que la hausse de l’électricité touche le budget des Français, les panneaux solaires recommencent à fleurir sur nos toits.

L’essor fulgurant de l’autoconsommation solaire

La tendance à l’autoconsommation solaire connaît une croissance exponentielle en France. Marianne Laigneau, présidente du directoire d’Enedis, souligne auprès des Echos l’explosion de ce phénomène : de 3 000 sites en 2015, la France compte aujourd’hui 440 000 sites d’autoconsommation. Ce boom est principalement attribuable à la hausse continue des prix de l’électricité, qui incite les ménages à chercher des alternatives plus économiques et écologiques pour leur consommation énergétique.

Ces installations, capables de produire environ 2,3 GW, illustrent l’intérêt croissant des Français pour les énergies renouvelables, bien que cette capacité ne soit exploitée qu’à hauteur de 15 à 20 % en raison de la nature intermittente du solaire.

Les motivations derrière cet engouement sont multiples. Outre les considérations économiques, la guerre en Ukraine a également joué un rôle dans la prise de conscience de la vulnérabilité de l’approvisionnement énergétique. Cette quête d’autonomie s’accompagne d’un intérêt pour les technologies vertes, marquant une étape significative dans la transition énergétique du pays.

Surtout dans les foyers aisés

Malgré cette popularité croissante, le coût d’installation reste un obstacle majeur pour de nombreux foyers. Les investissements nécessaires oscillent entre 8 000 et 12 000 euros, une somme conséquente qui freine encore l’adoption massive de cette technologie. Pourtant, l’évolution des prix de l’énergie a réduit la durée d’amortissement de ces installations, passant de quinze à dix ans, rendant l’investissement plus attractif sur le long terme.

Les acteurs du marché tentent d’élargir leur base de clients en proposant des modèles financiers innovants, tels que le leasing. Cette approche, inspirée du secteur automobile, vise à rendre les panneaux solaires plus accessibles aux jeunes ménages et aux primo-accédants, qui pourraient ainsi bénéficier d’économies d’énergie significatives sans alourdir leur budget.

Malgré ces efforts, l’adoption des panneaux solaires en France reste modeste par rapport à d’autres pays européens. Le taux de pénétration oscille entre 3 et 4 %, loin derrière les 30 % observés aux Pays-Bas ou les 15 % en Allemagne. Cette différence souligne l’importance de continuer à promouvoir l’autoconsommation solaire et à faciliter l’accès à ces technologies pour réaliser la transition énergétique souhaitée.

Les bénéfices de l’autoconsommation solaire ne sont pas négligeables. En moyenne, les foyers équipés peuvent espérer une réduction de 30 à 35 % sur leur facture énergétique annuelle. Mais ces économies dépendent largement de l’ensoleillement et de la capacité des ménages à adapter leurs habitudes de consommation pour maximiser l’utilisation de l’énergie solaire produite.

Les kits solaires, nouvel el dorado ?

Pour contrer ce frein de l’investissement initial, certaines entreprises se sont spécialisées dans de petites installations en kit disponibles sur internet ou dans les grandes surfaces de bricolage.

Beem ou le français Avidsen proposent des produits du genre avec la promesse d’économies d’énergie. Le principe de ces panneaux est relativement simple : on les pose dans le jardin ou on les fixe à un mur extérieur. Pour récupérer l’énergie, deux solutions : utiliser une batterie portable pour stocker l’électricité ou relier les panneaux à son installation électrique.

Ces petits panneaux vendus quelques centaines d’euros représentent un investissement moindre et peuvent se moduler pour ajuster la production d’électricité. On peut relier autant de panneaux qu’on le souhaite pour répondre à ses besoins. Certains consommateurs n’en utilisent que pour recharger leurs véhicules électriques ou alimenter une cabane à jardin par exemple.

  • Le marché des panneaux solaires reprend de sa superbe en France
  • Ces installations restent réservées à un public aisé, le coût de l’installation initiale restant très important
  • Des alternatives plus abordables comme les kits de panneaux solaires permettent de faire un premier pas vers l’autoconsommation électrique

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3 commentaires
3 commentaires
  1. L’autoconsommation doit être couplée à un cumulus électrique pour router vers lui l’électricité non consommée pour chauffer l’eau.
    En autoconsommation, on ne devrait rien injecter dans le réseau Enedis… Ou payer pour le déséquilibre !
    On devrait aussi imposer un taux l’effacement pour les climatisations et les ‘pompes’ de piscine.

  2. La rentabilité n’est pas toujours évidente, bien dimensionner des le départ pour éviter de perdre de l’argent sur le long terme et mettre en place une solution qui permet de ne pas se retrouver dans le noir en cas de coupure EDF, ca coupe aussi votre réseau, il faut le bon matos et poser les bonnes questions.

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