Nous avons tous autour de nous un(e) ami(e), membre de la famille ou personne de son entourage qui apparaît comme la cible de choix chaque été pour les moustiques. Ces personnes traversent la saison estivale avec souffrance, subissant les assauts de ces bestioles volantes assoiffées de sang quotidiennement. À côté, il est fort probable de connaître également une personne qui semble éviter les piqûres de manière quasi magique, comme si les moustiques ne pouvaient pas l’approcher ou la piquer.
Comment se fait-il que ces insectes semblent développer une préférence pour certains humains par rapport à d’autres ? Une équipe dirigée par le Dr Conor McMeniman, professeur adjoint de microbiologie moléculaire et d’immunologie à l’École de Santé Publique Bloomberg de Johns Hopkins et à l’Institut de Recherche sur le Paludisme de Johns Hopkins à Baltimore a examiné ce sujet. L’étude, publiée en mai 2023, a été aussi réalisée en collaboration avec le Macha Research Trust en Zambie. La réponse réside en un mot : chimie.
Les moustiques préfèrent le fromage qui pue
Lointains cousins des mouches, les moustiques puisent leur énergie principalement dans le nectar des fleurs. Toutefois, les femelles, mues par l’instinct de reproduction, ont besoin d’un apport supplémentaire en protéines pour assurer le développement de leurs œufs. Et c’est là qu’intervient le sang humain, mets privilégié de ces insectes. Pour le repérer, ces redoutables, mais minuscules chasseurs nocturnes s’appuient sur une arme redoutable : leur odorat aiguisé.
L’étude a pu mettre le doigt sur les substances chimiques présentes dans les odeurs corporelles, attirant irrésistiblement les moustiques. Afin de percer les secrets de la préférence des moustiques pour certains humains plutôt que d’autres, les chercheurs ont mis en place une arène de test d’envergure. Imaginez une vaste structure de la taille d’une patinoire, parsemée de tentes où des participants dormaient paisiblement. L’air de ces tentes, imprégné des odeurs corporelles uniques de chaque dormeur, était ensuite pompé vers l’installation principale, où des centaines de moustiques affamés attendaient leur proie. Munis de caméras infrarouges, les chercheurs ont observé les mouvements des moustiques pour voir où ils se dirigeaient.
Les résultats furent sans appel : certains participants semblaient irrésistiblement appétissants pour les insectes, tandis que d’autres suscitaient leur indifférence, voire leur répulsion. Ce n’est donc pas une légende. L’analyse chimique de l’air a permis d’identifier la substance coupable. Les moustiques sont attirés par les acides carboxyliques, des composés présents dans la sueur humaine, mais également… dans les fromages très odorants. Le Limbourg, notamment, un fromage allemand à pâte molle, contient une bonne quantité d’acide butyrique, qui fait partie de la famille des acides carboxyliques.
Celui-ci est bien présent sur la peau humaine, mais il est complètement imperceptible pour notre odorat. En revanche, pour les moustiques, il agit comme un irrésistible signal olfactif leur indiquant qu’un festin est proche. À l’inverse, certains composés, comme l’eucalyptol un composé aromatique présent dans certaines plantes, semblait agir comme un répulsif naturel. Cette découverte suggère donc que le régime alimentaire des humains, en modifiant l’odeur de leur transpiration, pourrait également influencer leur attractivité pour les moustiques.
Implications pour la lutte contre les maladies
Cette étude pourrait radicalement changer notre approche de la lutte contre certaines maladies, particulièrement le paludisme, qui décime chaque année plus de 600 000 personnes, principalement des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes. Grâce à une meilleure compréhension des mécanismes olfactifs qui guident les moustiques vers leurs proies, les chercheurs espèrent bien développer des leurres ou des répulsifs d’un nouveau genre. Des dispositifs qui pourraient, de ce fait, perturber le comportement de recherche d’hôte par la femelle moustique.
Le Dr. Edgar Simulundu, directeur scientifique au Macha Research Trust et co-auteur de l’étude, s’est montré très enthousiaste quant aux possibilités offertes par cette découverte : « Cela ouvre la voie au développement de leurres ou de répulsifs pouvant être utilisés dans des pièges pour contrôler les vecteurs du paludisme dans les régions où la maladie est endémique ». Un optimisme partagé par le Dr. Leslie Vosshall, neurobiologiste à l’Institut Médical Howard Hughes, qui a qualifié l’étude de « super passionnante ».
Les moustiques ne choisissent pas leurs victimes au hasard et ont bien une appétence pour certains composés chimiques émis par nos organismes, c’est désormais une certitude. Cet apport scientifique pourrait donc, à terme, sauver des millions de vies, en particulier dans les régions les plus pauvres du monde où le paludisme et autres maladies transmises par les moustiques continuent de faire des ravages. Si cette recherche ne sauvera pas votre futur barbecue, elle fournira en revanche de précieux indices pour orienter nos futures stratégies de lutte contre ces nuisibles.
- Une étude s’est penchée sur les moustiques, plus particulièrement sur leur propension à piquer certains humains plus que d’autres.
- Elle a révélé que ces insectes étaient guidés olfactivement et préféraient les organismes qui dégageaient des acides carboxyliques.
- Grâce à la compréhension de ce mécanisme, la lutte contre les maladies transmises par les moustiques pourra être optimisée.
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L’ail, aye yai yai ? On l’indique comme répulsif naturelle anti-moustiques, on dit que le bon roi Henri IV en raffolait ainsi que son ardeur à séduire les jolies femmes. Ainsi,
1- La femme ne réagit pas forcément comme le moustique, même s’il n’est que les moustiques femelles pour nous piquer, tant l’ardeur du conquérant saurait masquer une haleine toute d’ail à en croire le vécu du roi. Déjà qu’avec une haleine Colgate l’affaire n’est pas forcément dans la poche, saurait-on admettre l’ingestion de la noble plante potagère avant et pendant une aventure amoureuse ? Je ne le pense pas à titre personnel, bien que n’ayant jamais tenté une telle expérience, même à contrario pour me défaire d’une impitoyable fan.
2- Le roi, puisque c’est de Henri IV qu’il s’agit, fut-il plus épargné par les moustiques que ses contemporains ? J’ai souvenir de mes aïeux me racontant que fut un temps où l’on disposait un collier d’ail sur autour du cou des nouveaux-nés pour les préserver des moustiques et autres insectes.
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Ail, autres plantes pour nous faire oublier des moustiques ? Je ne sais pa si les affirmations de l’éfficacité de solutions naturelles sont fondées ou pas. Peut-être ne le sont-elles qu’en partie ?
L’ étude en question n’est que partielle et donc incomplète.
Les familles moustiques femelles hématophage, qui suce le sang humain déja peuvent vivre et piquer quasiment partout sur terre et donc dans tous les climat possible de nuit comme de jour suivant famille de moustiques, ils ne piquent pas que la nuit mais la journée aussi suivant espèce, température de très chaude a froide voir très froide a des températures négative (a vraiment peu de chose prêt).
Il se repère en premier lieu par la couleur soit des couleurs foncés a noir pour se repérer en premier au plus loin.Un moustique peut faire des centaines de mètre voir kilomètres pour aller chercher sa proie.
L’ odeur humaine est le second facteur une fois que le moustique est assez proche de la victime humaine.Oui on n’est pas tous égaux devant la piqûre de moustique.
Après il n’y a pas que les moustiques qui sucent le sang au niveau femelle, qui aussi peuvent transmettre tout un tas de maladie.Faire des recherches que sur les moustiques me semblent bien trop léger comme étude.Il faudrait étudier toute espèce d’insecte attiré par le sang humain ou animal car de toute façon, même celle ne transmettant pas de maladie actuellement mais pourraient le faire dans un avenir possible.Cela nous en apprendrait beaucoup plus pour s’en protéger.Les mouches des sables ou yen-yen, par exemple, les moucherons hématophage, les taon, les puce de lit, les puces, tiques, etc, il y en a tellement.Se concentrer toujours sur les moustiques en générale nous donnent une vision de la chose beaucoup trop restreinte au niveau recherche je trouve.Ce n’est que mon avis.