La crise du Covid-19 a mis un coup d’arrêt à l’économie mondiale. Mais depuis quatre ans, tous les secteurs d’activité ont retrouvé leurs niveaux d’avant pandémie. Tous, sauf un. Le marché de l’automobile peine à se relancer et pour cause le prix de vente d’une voiture neuve ne correspond plus du tout aux attentes des consommateurs.
Pour illustrer cet état de lieux, voici quelques chiffres. En ce qui concerne la baisse des ventes, le total des immatriculations de voitures neuves est en chute de 22 % en 2024 par rapport à 2019. Dans le même temps, les concessions automobiles ont augmenté leur tarif de 24 % entre 2020 et 2024.
Ces chiffres, publiés par le Think tank Institut Mobilité en Transition, dirigé entre autres par Jean-Philippe Hermine, directeur de l’IMT, et Clément Dupont-Roc, consultant chez C-Ways, sont les premiers à démontrer clairement le ralentissement des ventes et dans le même temps, l’explosion des prix sur les voitures neuves.
À qui la faute ?
Face à cette question, le patron de Renault, Lucas de Meo et celui de Stellantis, John Elkann ont leur avis. Pour eux cela ne fait pas l’ombre d’un doute, ce sont les nouvelles réglementations européennes qu’il faut pointer du doigt. Elles sont à l’origine de toute cette affaire.
Dans son étude, le Think tank ne tire pas les mêmes conclusions. Il pense plutôt que ce sont les constructeurs qui sont à blâmer. En effet, la hausse des prix s’expliquerait par une montée en gamme (+8 %) des modèles vendus, avec dans le même temps une hausse globale des tarifs (+4 %).
En suivant ces chiffres, les constructeurs seraient donc les premiers responsables de la hausse des prix, devant l’inflation « naturelle » avec la hausse du coût des matières premières (+6 %). Les auteurs concluent donc que cette nouvelle tarification n’est pas une « fatalité ».
Une parenthèse enchantée
Pour l’universitaire Bernard Jullien, la situation actuelle résulte d’un scénario très particulier en Europe. En effet, entre 2020 et 2023, la pénurie des semi-conducteurs a raréfié l’offre, alors que la demande est restée stable. Face à cette aubaine, les constructeurs n’ont pas hésité à augmenter leurs prix.
Or aujourd’hui, la demande est en légère baisse, et l’offre a retrouvé ses niveaux d’antan. Surtout, les ventes de voitures neuves sont de plus en plus rares. Si en 2020 les 40 % des ménages les plus pauvres achetaient encore 43 % des voitures neuves vendues, cette part est descendue à 30 %.
La hausse des prix et la montée en gamme proposée par les constructeurs, notamment pour faciliter l’électrification de leur parc automobile, ont détourné le grand public des véhicules neufs. Les Français n’achètent pas moins de voitures qu’avant, ils se tournent plutôt vers des solutions d’occasion, bien moins coûteuse.
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