Le verdict est tombé. Ce dimanche 14 juin, les électeurs de la Suisse ont rejeté à 54,79 % l’initiative populaire qui prévoyait de plafonner strictement la population nationale à 10 millions d’habitants d’ici à 2050. Le pays en compte 9,5 millions actuellement. Le « non » l’emporte avec une marge nette mais courte, au terme d’une campagne particulièrement clivante qui a mobilisé près de 59 % du corps électoral.
Ce texte baptisé « Initiative pour la durabilité », a été initié par l’Union démocratique du centre (UDC), parti de la droite conservatrice et nationaliste. Il s’agit de la première force politique au Parlement helvétique, et elle utilise régulièrement le système de référendum pour tenter de durcir la politique migratoire du pays.
Son argument central : la saturation des infrastructures. Avec une population passée de 7,3 millions en 2002 à plus de 9,1 millions aujourd’hui, les réseaux de transports sont régulièrement saturés et les services publics, comme les écoles et les hôpitaux, subissent une pression constante.
La crise du logement a également été pointée du doigt. Pour les partisans du texte, l’afflux continu de nouveaux résidents engendre une hausse continue des loyers dans les grandes villes et accélère le « bétonnage » des paysages helvétiques. En toile de fond, bien sûr, le parti conservateur souhaitait surtout empêcher l’arrivée de nouvelles vagues de migrants et réduire drastiquement l’influence des travailleurs étrangers sur le sol suisse.

L’UE soulagée
Le projet proposait un mécanisme contraignant en deux étapes pour éviter que la Suisse ne dépasse la barre fatidique. Dès lors que la population franchirait le seuil intermédiaire de 9,5 millions de personnes, les ministres devraient restreindre les critères d’attribution du droit d’asile et limiter fortement le regroupement familial.
Si ces mesures ne suffisaient pas et que le compteur continuait de grimper vers les 10 millions, Berne n’avait plus le choix : la Confédération devait mettre un terme à l’accord de libre circulation des personnes signé avec l’Union européenne (UE) en 2002.
De quoi faire trembler les milieux économiques et politiques bien au-delà des frontières de la Confédération, l’UE s’imposant comme le principal partenaire commercial du pays. À l’annonce des résultats définitifs, le soulagement était donc palpable au Conseil fédéral. Le ministre de la Justice, Beat Jans, a immédiatement salué ce vote comme « un signal de stabilité, d’ouverture et de fiabilité ».
De leur côté, Ursula von der Leyen et la Commission européenne ont accueilli chaleureusement ce choix, rappelant les liens étroits et le partenariat fort qui unissent l’UE et la Suisse.
- Les électeurs suisses ont rejeté à 54,79 % un référendum historique visant à plafonner strictement la population nationale à 10 millions d’habitants.
- Si le projet était passé, le gouvernement aurait été légalement contraint de rompre l’accord de libre-circulation avec l’Union européenne, menaçant l’accès au marché unique.
- Le débat a dépassé la politique migratoire pour se concentrer sur la crise du logement, les transports saturés et le bétonnage des paysages.
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