Le mercredi 15 mai, le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé l’interdiction du réseau social TikTok en Nouvelle-Calédonie où de violentes nuits d’émeutes se sont produites suite à l’examen d’un projet de loi constitutionnelle controversé. Une mesure qui interpelle et qui est d’ailleurs inédite au sein des démocraties occidentales, comme le rappellent nos confrères de BFM TV qui s’appuient sur les données du service de VPN Surfshark.
Une décision qui surprend
Ce dernier a publié une étude sur les blocages d’applications à travers la planète. Dans le cas de la plateforme chinoise, cela s’est produit en Jordanie fin 2022 suite à des émeutes, en Russie lors de l’invasion de l’Ukraine, ou encore au Pakistan et en Iran suite à des manifestations. Autant de régimes qui n’apparaissent pas vraiment en haut du classement des meilleures démocraties mondiales pour employer un euphémisme. On peut dès lors se demander pourquoi le Premier ministre a pris cette décision dont les bases juridiques sont discutées.
Officiellement, le gouvernement n’a apporté aucune précision. On pourrait toutefois penser que les autorités établissent un lien entre l’utilisation de la plateforme et l’amplification des émeutes, voire leur organisation sur le terrain.
Cela semble toutefois surprenant, car le réseau social n’aurait pas reçu de signalements sur Pharos, le service du gouvernement qui prévient les applications de la présence de contenus ou de comportements illicites, rapporte Le Figaro. Une source citée par le quotidien souligne aussi le fait que le service ne possède « pas de géolocalisation » qui aurait pu permettre aux émeutiers de s’organiser.
Des ingérences étrangères ?
BFM TV mentionne aussi les risques ingérences étrangères parmi les causes de ce blocage. La Russie, la Chine, ou encore l’Azerbaïdjan, ont d’ailleurs été cités comme tentant d’influencer l’opinion publique locale.
Cette piste semble d’ailleurs se dégager. Ainsi, Numerama cite une source au sein du cabinet de Gabriel Attal, selon laquelle TikTok serait utilisé « en tant que support de diffusion de désinformation sur les réseaux sociaux, alimenté par des pays étrangers.»
Comme c’est souvent le cas, les internautes tentent de contourner ce blocage en utilisant des VPN. Le service ProtonVPN a ainsi indiqué une hausse de 150 % des inscriptions à son service en Nouvelle-Calédonie auprès de nos confrères.
De son côté, TikTok a déjà réagi. Dans un communiqué, la plateforme indique : « Il est regrettable qu’une décision administrative de suspension de service de TikTok ait été prise sur le territoire de la Nouvelle-Calédonie ». Ses équipes se disent également mobilisées pour suivre « très attentivement la situation et veiller à ce que notre plateforme soit sûre ».
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