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Pourquoi tout le monde déteste Spotify ?

Alors qu’elle a révolutionné notre manière d’écouter et de découvrir de la musique, la plateforme Spotify est constamment accusée de tous les maux.

Quand Spotify est arrivée sur le marché, l’industrie musicale a été complètement secouée. Pour le meilleur, comme pour le pire. Alors que les ventes de CD étaient en chute libre, la plateforme de streaming musical suédoise a changé nos habitudes de consommation. Les utilisateurs peuvent désormais plus facilement découvrir des artistes niches et peuvent accéder à une infinité d’albums et de genres musicaux.

Malgré tout, Spotify ne fait pas forcément l’unanimité. Régulièrement, les professionnels de l’industrie pointent du doigt les plateformes de streaming musical et tout particulièrement le leader du marché. La rémunération des artistes est un sujet récurrent. Dans ce sens, Deezer a récemment changé son modèle de rémunération pour montrer patte blanche.

Aujourd’hui, la journaliste américaine spécialiste de l’industrie musicale Liz Pelly accuse Spotify de nombreux griefs dans son nouveau livre, Mood Machine. Faisons le point.

Lire aussi – Après des années de fidélité, j’ai plaqué Spotify pour Deezer

Spotify, le méchant de l’histoire ?

Dans son œuvre, Liz Pelly reproche à Spotify de remplacer de véritables artistes par des musiques d’ambiance à bas coût (rémunérés en droits d’auteur bradés ou produites directement pour peu) dans certaines playlists. Si la pratique est avérée, précisons qu’elle n’est pas illégale mais qu’il s’agit d’une question d’éthique.

La journaliste américaine continue son pamphlet à l’égard de Spotify. Elle avance que des fausses fiches artistes auraient été créées par la plateforme afin de crédibiliser ces musiques plus économiques, une accusation soutenue par la presse suédoise mais réfutée par Spotify.

Interrogé par nos confrères des Echos, le directeur général de Spotify France et Benelux Antoine Monin dément le fait que Spotify aurait produit sa propre musique pour remplacer de véritables artistes. Il rappelle que “toute la musique disponible sur [la] plateforme est sous licence”. Néanmoins, il admet que la plateforme a pu pousser des musiques d’ambiance dans certaines playlists.

Spotify
© Pexels / cottonbro studio

Face à une flopée d’accusations en tout genre, Antoine Monin précise qu’il y a effectivement “une demande des ayants droits pour réduire la valeur de certains contenus, en particulier sur les bruits blancs ou d’aspirateur” que de nombreuses personnes écoutent pour s’endormir ou travailler.

Il y a également la question de la rémunération des artistes qui reste houleuse. Elle revient constamment sur la table. En 2024, Spotify a dégagé un bénéfice pour la toute première fois depuis sa création (1,14 milliard d’euros). La plateforme a récemment annoncé avoir versé 10 milliards de dollars à l’industrie musicale l’année passée. Dans son rapport Loud & Clear, Spotify tend à détailler comment elle rémunère les artistes et les éditeurs. Il est notamment mis en avant que le nombre d’artistes touchant des royalties a triplé depuis 2017. La plateforme précise ainsi que près de 1500 artistes ont généré plus d’un million de dollars en redevance sur Spotify, sachant que plus de 80% d’entre eux n’ont pas eu de chanson dans la playlist Top 50 : Monde quotidienne.

Il est bon de souligner que Spotify assure avoir toujours reversé deux tiers de ses revenus aux artistes et qu’elle affirme avoir rogné ses dépenses ailleurs, comme en interne.

Björk a affirmé que “Spotify est probablement l’une des pires choses qui soient arrivées aux musiciens”. Pourtant, pour la majorité des mastodontes comme des petits labels, il est question d’un “partenariat constructif” avec les plateformes de streaming. Le modèle de rémunération reste un point d’orgue, spécialement pour les indépendants. À l’heure actuelle, Spotify applique le système de rémunération au prorata. Les artistes les plus écoutés ont donc une plus grosse part du gâteau… Et c’est loin d’être satisfaisant pour tout le monde. Récemment, Deezer a modifié son modèle pour une rémunération plus juste de tous les artistes. Une première porte ouverte pour les plateformes de streaming musical ?

Si le streaming musical est imparfait, il a tout de même de bons côtés. Sony, Warner et Universal Music se disent reconnaissantes à Spotify, Deezer, Tidal ou encore Apple Music d’avoir permis de recréer de la valeur et le retour à la croissance. On oublie souvent le lissage des revenus dans le temps pour les artistes grâce au streaming. Les plateformes de streaming ne sont peut-être pas aussi diaboliques…

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Par : Spotify Ltd.
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