« Je ne licencierais pas les sondeurs, mais je leur demanderais d’essayer de tirer davantage parti de l’apprentissage automatique, de l’exploration de données et de l’IA dans leur travail pour obtenir de meilleures projections. » Interrogé par le Wall Street Journal, Oren Etzioni, directeur général de l’Allen Institute for AI, une organisation à but non lucratif, n’y va pas par quatre chemins.
Il faut dire que les sondeurs ont mauvaise presse depuis mercredi. Il semble en effet qu’ils aient une nouvelle fois largement sous-estimé le vote en faveur de Donald Trump. Comme le relevait la semaine dernière The Atlantic, le président sortant a obtenu un score supérieur aux prévisions des 538 sondages effectués dans les swing states.
Les comportements humains restent à bien des égards imprédictibles
En parallèle, quelques entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle se sont elles aussi risquées au jeu risqué des prédictions électorales. Ainsi, Expert.ai, une compagnie italienne, a appliqué sa technologie aux publications des réseaux sociaux. Son système en partie basé sur les élections passées a tenté d’identifier comment le ton et les émotions manifestées dans les publications pouvaient se traduire en intention de vote.
Au final, l’IA s’en tire bien puisqu’elle avait prédit que Joe Biden remporterait 50,2 % du vote populaire et que Donald Trump en obtiendrait 47,3 %. Selon dernier décompte, le démocrate recueille 50,7 %, tandis que son adversaire républicain se hisse à 47,7 %.
Le quotidien américain cite aussi l’exemple de la société Unanimous.ai qui a mené une enquête auprès de 50 personnes en utilisant son modèle d’IA. Les résultats sont là aussi encourageant puisque leur technologie a permis de prédire le bon vainqueur dans dix États très disputés.
Pour autant, la technologie est loin d’être infaillible. Ainsi, Polly, l’outil développé par IA Advanced Symbolics Inc., restait sur de très bonnes prévisions en ayant notamment anticipé le Brexit. Elle s’est assez largement trompé cette fois en estimant que Joe Biden allait remporter 372 grands électeurs.
De l’avis de la plupart des experts, ces technologies pourraient donc être de précieux compléments pour prédire les résultats d’une élection. Il faut toutefois garder à l’esprit qu’elles sont loin d’être infaillibles et que les comportements humains restent à bien des égards imprédictibles.
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C’est surtout les kilos de faux bulletins qui sont imprévisibles