« Wow ! » Voilà le son qui est sorti de ma bouche après avoir essayé les Meta VR Glasses. Dévoilées ce 24 septembre à l’occasion de Meta Connect, celles que l’on connaissait sous le nom de « Project Phoenix » ont montré l’étendue de leurs capacités. L’ambition de Meta : démocratiser la réalité mixte, qui combine réalité virtuelle et réalité augmentée.
Un pari qu’ont déjà fait d’autres géants de la tech, sans succès. Même Apple, qui avait fait grand bruit avec son Vision Pro, n’a jamais réussi à convaincre. Trop cher, son « ordinateur spatial » présentait les mêmes défauts que le reste du marché : trop lourd, trop encombrant et sans usages justifiant de dépenser plusieurs milliers d’euros.
Et voilà que Meta débarque avec une paire de lunettes d’à peine 100 grammes, capables d’offrir une expérience comparable à celle de l’Apple Vision Pro, avec une qualité d’image et une immersion quasiment identiques. Le tout pour 1 299 dollars, soit presque trois fois moins cher que le casque d’Apple.
Vous imaginez bien que, lorsque Meta m’a proposé d’essayer son nouveau bijou technologique, je n’ai pas hésité une seule seconde. Et je n’ai pas été déçu du voyage.
D’abord, parlons technique

Avec à peine 100 grammes sur la balance, les Meta VR Glasses sont le dispositif de réalité mixte le plus léger jamais créé. À titre de comparaison, le Meta Quest 3 est cinq fois plus lourd et l’Apple Vision Pro, six fois plus.
Comment Meta a-t-elle réussi une telle prouesse ? Grâce à un petit tour de passe-passe : elle a tout simplement scindé son appareil en deux parties. La monture, en alliage de magnésium, n’abrite que les capteurs et la dalle, tandis que le calcul, le stockage et la batterie sont déportés dans un boîtier relié par un câble optique, que l’on fixe à une poche ou à un sac.
Meta reprend finalement l’astuce du Vision Pro, mais va plus loin, puisque Apple avait choisi de ne déporter que la batterie. Bien joué : les VR Glasses sont, de loin, le dispositif AR/VR le plus confortable qu’il m’ait été donné de porter. Par ailleurs, leur format lunettes évite toute compression sur le visage. Un régal !
On pourrait s’attendre à ce que la qualité d’image ne soit pas à la hauteur, il n’en est rien. Meta a intégré une dalle Micro OLED 5K affichant une densité de 37 pixels par degré. À l’œil, le texte apparaît très net, ce qui apporte le confort nécessaire à une utilisation bureautique.
Surtout, les lentilles « pancake », taillées sur mesure pour ce format de lunettes, permettent de profiter d’une expérience cinéma avec une qualité d’image exceptionnelle. Le HDR Dolby Vision et le son spatial Dolby Atmos, intégré directement aux branches, renforcent l’immersion. Je recommande tout de même d’utiliser des écouteurs ou un casque Bluetooth pour s’isoler complètement du monde extérieur.
Enfin, côté performances, les Meta VR Glasses s’appuient sur le tout nouveau Snapdragon Reality Elite de Qualcomm. De quoi jouer à l’ensemble du catalogue de jeux VR disponibles, ainsi qu’aux jeux du Xbox Game Pass (j’y reviendrai).
Meta annonce trois heures d’autonomie en lecture vidéo continue, avec une charge rapide de 45 W. Il est évidemment possible de continuer à les utiliser lorsqu’elles sont branchées sur une prise secteur ou une batterie externe. On peut donc espérer travailler plusieurs heures ou les emporter lors de longs voyages.
Comment se sert-on des Meta VR ?

En résumé, comme d’un Vision Pro. Meta libère les VR Glasses de leurs manettes. Grâce aux capteurs répartis à l’intérieur et à l’extérieur des lunettes, on navigue dans l’interface par le suivi du regard et la reconnaissance des gestes de la main. Après avoir testé le Vision Pro, je n’ai perçu aucune différence de fluidité avec les Meta VR Glasses. Par ailleurs, Meta AI est directement intégré au système, ce qui permet de lancer des applications ou de rechercher du contenu à la voix.

Autre bonne idée : n’importe quelle table ou surface plane peut se transformer en clavier et en pavé tactile virtuels. Cela évite de transporter du matériel supplémentaire pour des actions simples, comme rechercher un film ou se connecter à un site dans le navigateur. La reconnaissance est d’une précision impressionnante et les sensations sont plutôt agréables. L’expérience est, en tout cas, bien plus fluide qu’avec le clavier flottant du Vision Pro.
Que peut-on faire avec les Meta VR ?

À l’instar d’Apple et consorts, Meta doit sortir d’un cercle vicieux. Puisque peu de casques VR sont en circulation, les développeurs proposent peu d’applications. Or, c’est justement l’absence de nouveaux usages qui empêche la technologie de se démocratiser.
Pour le moment, les Meta VR Glasses restent avant tout un appareil de divertissement. On peut d’abord y regarder des films et des séries avec une immersion spectaculaire. Meta a par ailleurs noué des partenariats avec de grandes plateformes, dont Disney+, qui a développé des univers immersifs. On peut ainsi se retrouver dans le décor d’un film Marvel, avec des animations liées à ce qui se passe à l’écran. Incroyable !

Les Meta VR permettent aussi de jouer, avec ou sans manette. Dans le premier cas, on peut choisir parmi un catalogue de jeux développés spécifiquement pour les lunettes. La bibliothèque du Meta Quest est également disponible, notamment l’excellentissime Batman: Arkham.
Pour les joueurs plus exigeants, il est possible d’utiliser les manettes du Quest, une manette Xbox ou tout autre dispositif compatible Bluetooth. Il en va d’ailleurs de même pour les casques audio et les écouteurs. Si vous avez la chance de disposer d’une connexion Internet rapide, vous pouvez également jouer à l’ensemble du catalogue Xbox Game Pass. Il suffit de connecter une manette pour accéder à ses jeux en cloud gaming directement depuis les lunettes. J’ai testé : c’est formidable !

Les Meta VR ne se limitent pas au divertissement. Elles peuvent aussi se muer en un remarquable outil de productivité. En les connectant à un Mac ou à un PC, avec ou sans fil, elles se transforment en poste de travail multi-écrans avec des fenêtres flottantes.
Certes, le Vision Pro le propose déjà, mais, grâce à leur format compact, les Meta VR peuvent être emportées partout, y compris dans des lieux publics comme des cafés, des espaces de coworking ou même au bureau. Compactes et légères, elles devraient en outre permettre de longues sessions de travail, lorsque le Vision Pro pèse sur les cervicales après quelques dizaines de minutes.

Pour les appels vidéo, Meta propose un hologramme : une version numérique photoréaliste de son interlocuteur, reproduisant ses expressions en temps réel. La voix est spatialisée, comme si la personne était assise en face de vous. Tout cela fonctionne avec les applications d’appel classiques, de WhatsApp à Zoom, même si l’autre personne ne possède pas de casque. Personnellement, je trouve toujours cette expérience très déstabilisante.

Enfin, Meta a scellé un partenariat avec ESPN afin de diffuser certains matchs en 8K à 180 degrés, avec l’impression d’être au premier rang. Le football universitaire américain ouvre le bal cette année, avant d’autres disciplines en 2027.
À terme, Meta promet de retransmettre plus de cent événements sportifs immersifs par an grâce à des accords avec la MLB, NBC Sports, TNT Sports et l’UFC. De mon côté, j’ai assisté à quelques minutes d’un match de NBA au Madison Square Garden en changeant virtuellement de place. J’ai même pu retrouver celle que j’avais réellement occupée quelques années auparavant dans cette même salle. C’en était presque émouvant.
Mon premier avis : Meta démocratise enfin la réalité mixte
Apple n’a pas réussi, Meta l’a fait. Alors que tout le monde s’attendait à ce que le Vision Pro démocratise la réalité mixte, il s’est heurté aux mêmes limites que les autres produits : trop lourd, trop cher.
Avec ses VR Glasses, Meta lève ces deux freins à l’achat. Leur poids plume et leur format compact transforment complètement notre rapport à cette technologie. On peut les porter plusieurs heures d’affilée et les transporter partout (dans les transports comme dans les lieux publics) sans sacrifier la qualité de l’expérience.
Surtout, Meta proposera ses VR Glasses à un prix défiant toute concurrence. Le groupe a annoncé le lancement de ses lunettes au printemps 2027, au tarif de 1 299 dollars, soit près de trois fois moins que le Vision Pro à sa sortie. À peine croyable !
Vous l’aurez compris : cette prise en main des Meta VR Glasses m’a convaincu que cette technologie pouvait enfin trouver son public. Pourtant, je faisais jusqu’à présent partie des plus sceptiques.
Reste à voir si ces lunettes s’imposeront comme un appareil du quotidien, si elles resteront un objet de divertissement ponctuel ou si elles finiront, comme les autres, dans un placard. Réponse au printemps prochain.
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