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À quoi ressemblait le phare d’Alexandrie ? Des chercheurs créent un double numérique parfait

Une mission pluridisciplinaire de scientifiques a recréé le phare d’Alexandrie en 3D. Une prouesse archéologique et technique hors normes.

À quoi ressemblait réellement le phare d’Alexandrie ? Nous avons toujours eu une bonne idée de sa forme, notamment grâce aux sources écrites et iconographiques, comme les pièces de monnaie. Une mission scientifique pluridisciplinaire va aujourd’hui plus loin en recréant un jumeau numérique en 3D, le plus fidèle possible à la réalité.

Cette mission, nommée projet Pharos, a été réalisée conjointement par le Centre d’études alexandrines, le CNRS et Dassault Systèmes, sous la direction de l’archéologue Isabelle Hairy. Le résultat sera dévoilé lors d’un documentaire diffusé en prime time sur France 5 le 5 novembre prochain, dans le cadre de l’émission Science grand format.

Comment reconstituer un monument qui n’existe plus ?

Construit au IIIe siècle avant notre ère sous l’impulsion de Ptolémée Ier, diadoque d’Alexandre le Grand, ce phare de 103 mètres de hauteur a guidé les navires pendant plus de 16 siècles avant sa destruction par un séisme au XIVe siècle. Plus qu’une prouesse d’ingénierie civile, c’est un véritable symbole du monde antique, classé parmi les 7 merveilles du monde. Il était situé sur l’île de Pharos (qui a donné son nom à ce type de bâtiment), à l’emplacement actuel de la citadelle de Qaitbay, construite en partie avec ses pierres réutilisées. De nombreux vestiges du phare se trouvent aujourd’hui dans la baie de la ville égyptienne, où ils ont été retrouvés grâce à plusieurs missions archéologiques. À ce jour, 4 896 blocs de pierre ont été recensés, soit seulement une petite partie du bâtiment (10 %). Cependant, des éléments importants, comme les montants de la porte d’entrée monumentale (pesant 70 tonnes), ont été analysés, ce qui permet de comprendre la structure interne du phare.

Coupe Intérieure (© Isabelle Hairy – Cnrs – Cealex – La Fondation Dassault Systèmes)
©Isabelle Hairy – CNRS – CEAlex – La Fondation Dassault Systèmes GEDEON Programmes

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Le projet Pharos s’est appuyé sur ces données, ainsi que sur l’iconographie et les textes historiques, pour combler les lacunes. À cela s’ajoute un travail sur l’architecture et les aspects techniques : ce jumeau numérique permet de déterminer la solidité du bâtiment, les pressions exercées sur sa structure, mais aussi de comprendre comment il a pu résister à de nombreux séismes pendant 16 siècles, comme l’explique Thibault de Tersant, président de la fondation Dassault Système :

« Le jumeau numérique et les simulations 3D conçus par Isabelle Hairy et nos ingénieurs engagés en mécénat de compétence ont permis de mieux comprendre comment ce monument a été conçu, et de lui donner une seconde vie en permettant sa visite virtuelle. »

Le phare d’Alexandrie a déjà été modélisé en 3D par le passé, notamment dans le jeu vidéo Assassin’s Creed Origins en 2017. Toutefois, cette reproduction menée lors du projet Pharos se distingue par le travail scientifique et architectural réalisé en amont, qui permet de mieux comprendre l’agencement précis du bâtiment et d’être beaucoup plus crédible. Les scientifiques peuvent même se promener dans cette reconstitution à l’aide d’un casque de réalité virtuelle. Elle a été créée à l’aide de l’outil Teleport 1/1 de Dassault Systèmes. Nous en verrons davantage le 5 novembre prochain.

Dassault indique également que les techniques utilisées ici pourraient être appliquées à d’autres projets. Le numérique devient un atout majeur dans notre compréhension des mondes anciens. 

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