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Prix de l’électricité : l’option heure pleine/heure creuse est-elle vraiment intéressante ?

Face à la nouvelle hausse des prix de l’électricité prévue pour février 2024, de nombreux Français s’interrogent sur la pertinence de l’option heures creuses d’EDF.

La facture d’électricité représente un poste de dépense majeur pour les foyers français. Avec l’augmentation constante des tarifs, chaque euro compte. L’option heures creuses/heures pleines, proposée par EDF, séduit plus de 9 millions de clients avec sa promesse alléchante de consommer moins cher pendant certaines plages horaires. Mais cette promesse d’économies mérite d’être examinée de plus près, car elle pourrait bien se révéler être un piège pour de nombreux consommateurs.

Un système complexe qui nécessite une organisation millimétrée

Le principe paraît simple sur le papier : pendant les heures creuses, généralement la nuit, l’électricité coûte moins cher. En contrepartie, le tarif en heures pleines est plus élevé que le tarif de base. Concrètement, pour un compteur de 9 kVA, l’abonnement mensuel en option heures creuses s’élève à 16,55 euros, contre 15,63 euros pour le tarif de base. Le kilowattheure en heures creuses est facturé 0,182 euro, tandis qu’en heures pleines, il grimpe à 0,246 euro, dépassant le tarif de base fixé à 0,227 euro.

Cette différence tarifaire impose une véritable gymnastique quotidienne. Les consommateurs doivent adapter leurs habitudes de consommation aux horaires spécifiques des heures creuses, qui varient selon les communes. Lancer son lave-linge à 22 h, programmer son lave-vaisselle pour 4 h du matin, ou encore définir la charge de sa voiture électrique pendant la nuit deviennent des réflexes nécessaires pour espérer rentabiliser cette option.

Une rentabilité qui dépend fortement de l’équipement du foyer

Les experts sont formels : l’option heures creuses n’est pas une solution universelle. Pierre Jolivet, spécialiste chez Ecojoko, établit un seuil minimal de rentabilité : il faut consommer au moins 30 % de son électricité pendant les heures creuses pour que l’option commence à devenir intéressante. Adeline Jubert, directrice du pôle dépenses du quotidien chez Meilleurtaux, va plus loin en recommandant un minimum de 50 % de consommation en heures creuses.

Cette option trouve tout son sens pour certains profils spécifiques. Les foyers équipés d’un ballon d’eau chaude électrique, d’une voiture électrique, d’un chauffage à accumulation ou d’une piscine peuvent plus facilement atteindre ces seuils. Ces équipements énergivores peuvent être programmés pour fonctionner pendant les heures creuses, permettant ainsi de maximiser les économies potentielles.

La réalité est moins rose pour les autres consommateurs. Une étude menée par Octopus Energy en 2020 révèle un constat alarmant : environ 85 % des souscripteurs perdent de l’argent avec ce contrat. La raison est simple : sans équipements spécifiques permettant de déplacer une part importante de sa consommation vers les heures creuses, le surcoût de l’abonnement et le tarif plus élevé en heures pleines annulent rapidement les économies réalisées pendant les heures creuses.

La situation se complique davantage avec la hausse des tarifs prévue pour février 2024. Les abonnés à l’option heures creuses subiront une augmentation de 9,8 %, contre 8,6 % pour ceux au tarif de base. Cet écart de hausse accentue encore la nécessité d’une consommation optimisée pour rentabiliser l’option.

Pour faire un choix éclairé, il est essentiel d’analyser ses habitudes de consommation et son équipement. Un foyer standard, sans équipements spécifiques permettant de concentrer sa consommation sur les heures creuses, aura souvent intérêt à opter pour le tarif de base. À l’inverse, les propriétaires de véhicules électriques ou de ballons d’eau chaude électriques peuvent tirer parti de cette option, à condition d’organiser rigoureusement leur consommation.

  • L’option heures creuses nécessite de consommer au moins 30 % à 50 % d’électricité pendant les heures creuses pour être rentable
  • Elle est particulièrement adaptée aux foyers équipés de ballons d’eau chaude électriques, voitures électriques, chauffages à accumulation ou piscines
  • 85 % des souscripteurs perdent de l’argent avec cette option, faute d’une consommation suffisamment optimisée

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