Pyramide G2H5W

Avec la pyramide G2H5W, on passe d’une règle générale d’écriture pour le Web à une interrogation plus stratégique : comment organiser sa présence sur Internet !

Ce mois-ci un de mes premiers billets consacrés à l’écriture sur le Web a fêté ses cinq ans : « Écrire pour le Web : quand vos lecteurs sont des moteurs… »

Or il y a quelques jours j’ai eu la surprise de voir dans mes stats qu’il était encore repris ! Constater qu’il était encore actuel m’a fait plaisir, c’est sûr, mais ça m’a également donné l’envie de le remettre au goût du jour. Et, pourquoi pas, en l’illustrant pour mieux l’expliquer. Sous forme d’un graphique regroupant la pyramide inversée et la « règle G + 2H + 5W » que j’avais ainsi définie :

5W + 2H = qui, quoi, où, quand, pourquoi, comment, combien : autant de questions auxquelles tout rédacteur doit répondre, si possible de façon succincte et exhaustive, pour fournir un cadre d’ensemble à son lectorat.
Un paradigme qui a évolué aujourd’hui en 5W + 2H + G, et s’inverse même sous l’influence grandissante des moteurs de recherche, pour devenir la règle G + 2H + 5W,
où G = Google, le moteur par antonomase !

Quant à la pyramide inversée – règle journalistique qui consiste à placer dès le début l’info clé pour susciter la curiosité et/ou l’intérêt du lecteur et lui donner envie d’en savoir plus -, dans notre cas elle commence par Google, puisqu’il s’agit avant tout de faire en sorte que votre contenu soit positionné d’abord dans les moteurs, sans quoi il est pratiquement impossible d’avoir une visibilité sur le Web.

En clair, voici ce que ça donne :

Donc, en 2011, que peut encore nous suggérer cette pyramide G2H5W ? Où :

G = Google

Mais où Google symbolise les moteurs et les autres sources de trafic, dont les réseaux sociaux et, bien évidemment, Twitter et Facebook. Je me suis livré à un petit calcul en faisant la somme à un instant T des « retweets » et des « Like » sur 37 billets de blogs, choisis comme suit : une première page de Presse-Citron (14 billets), une première page de Techcrunch (19 billets), et 4 billets (B2BBloggers.com, Briansolis.com, Mashable.com et ReadWriteWeb.com), en obtenant 1473 Likes contre 11 504 Tweets, soit 7,81 liens sur Twitter pour chaque lien sur Facebook !

H1 = How / Comment ?

Aujourd’hui, la question, c’est « comment décliner un contenu » ? Sur quelles plateformes (le mobile est encore trop délaissé…), et surtout comment coupler « recherche universelle » (SMO + images, vidéos, etc.), et « recherche temps réel », c’est-à-dire comment satisfaire l’algo « Query Deserves Freshness » de Google, QDF pour les intimes. Un élément s’ajoutant probablement aux autres qui composent, selon une étude de SEOmoz, l’algorithme de ranking de Google :

Donc, déjà, le « comment » nous fait bien comprendre que nous sommes dans l’ingénierie linguistique plutôt que dans l’écriture !

H2 = How much / Combien ?

La question « Combien » rapportée à un contenu ne se limite plus simplement à la monétisation dudit contenu, mais éventuellement aux avantages que je pourrais en retirer en termes de réputation, de liens obtenus en retour, etc.

Car si la mise en ligne se fait le plus souvent spontanément, notamment chez les blogueurs, on peut aussi considérer la publication d’un contenu comme s’intégrant dans une stratégie plus large de présence sur le Web, où la rentabilisation de ce que je produis peut se traduire en visibilité et non plus seulement en monétisation. C’est un peu le choix que j’ai fait en décidant de publier sur Presse-Citron : je ne gagne rien, si ce n’est en considération. Du moins, je l’espère 😉

W1 = Who / Qui ?

Aujourd’hui le « qui » est bi-directionnel : ce n’est plus seulement de qui je parle, mais également à qui je m’adresse. C’est d’ailleurs le but premier des réseaux sociaux, que de fédérer des « qui » ayant plus ou moins d’atomes crochus, pour faciliter les interactions, y compris avec des outils comme Foursquare où la localisation immédiate des contacts permet déjà des rencontres IRL !

W2 = What / Quoi ?

Quoi raconter sur Internet est une vaste question à laquelle chacun/e apporte ses propres réponses. Mais de plus en plus le fond rejoint la forme : ce que je dis est désormais étroitement lié à comment je le dis (revoir le H1). Il y a également le doublon personnel/professionnel, un écheveau pas toujours facile à débrouiller. Il y en a qui réussissent heureusement à marier les deux sphères, d’autres qui préfèrent se cantonner derrière le respect de la vie privée, même si je vois difficilement comment toujours pouvoir séparer les deux : sur le Web, chacun de nous est un animal social !

W3 = Where / Où ?

Internet est un lieu qui défie toutes les lois de proximité : géographique, chronologique, sociale, psychoaffective, etc. A tel point qu’il nous arrive souvent de sentir proche ce qui est éloigné, et vice-versa, à la fois dans l’espace et dans le temps.

Quant à affirmer que c’est un lieu … virtuel, c’est un pas que je n’oserais pas franchir !

W4 = When / Quand ?

L’asynchronie du Web remplace avantageusement le vieux rêve de l’ubiquité, puisqu’en fait nous pouvons communiquer n’importe quand, librement. Plus de contraintes d’horaires si je veux dialoguer avec untel à l’autre bout de la planète, je lui parle quand je veux, et mon interlocuteur me répond quand il veut. En 2011, le concept temporel le plus proche de la réalité est celui de fraîcheur, de récence ! Et désormais, « quand », ça se passe sur Twitter…

W5 = Why / Pourquoi ?

Je disais dans mon premier billet :

Lorsque vous répondez « personne » à la question : « pour qui j’écris ? », vous en arrivez vite à vous demander : « pourquoi j’écris ? » !

Aujourd’hui j’élargis le champ d’investigation et je me dis :

Répondre à la question « pourquoi j’écris ? » me conduit à m’interroger sur « pourquoi je suis sur Internet, quel est le sens de ma présence sur Internet ? »

Il est probable que beaucoup ne se sont jamais posé la question, de même que des milliards de gens ne connaissent pas encore Internet. Il n’empêche qu’y répondre, ne serait-ce que pour soi-même, aide souvent à mieux comprendre ce que je veux y faire et comment je veux le faire…

* * *

En rédigeant ce billet, je suis initialement parti sur une intention, avant de me laisser déborder par la portée des questions. Car « Écrire pour les moteurs… » faisait référence à un contenu donné, ponctuel, un billet de blog, un site ou une page Web, etc. Tandis qu’aujourd’hui, cette pyramide G2H5W m’interroge davantage sur TOUT le contenu que je produis, en touchant à la fois le fond et la forme.

Je suis curieux de savoir quels sont les éléments que vous y ajouteriez !?

J-M


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12 commentaires

  1. Pingback: La pyramide G2H5W | Whats going on!

  2. J’y ajouterais les consignes GGnews du style longueur mini ou maxi d’un article, des titres, le positionnement des métadonnées… en bref, la structure d’un article.

  3. Jérôme,

    Disons que j’ai pas voulu approfondir les aspects plus techniques, même si je pensais le faire au départ, car la réflexion m’a emporté là où je ne m’y attendais pas forcément. Sinon il est évident que sur chaque point on peut dérouler en profondeur.

    Geoffrey, merci, même si avec ma pyramide, l’oeil averti comprend de suite que je suis pas graphiste 😉

  4. Ca ne m’étonne pas que cet article soit toujours consulté après 5 ans : un très bon article sur le contenu d’un site, c’est pas si fréquent !
    Merci pour cet article, il est vraiment bien 🙂

  5. Bravo !
    C’est ce principe que j’utilise pour créer des mindmap de réflexion.
    L’article est très détaillé et claire, cela changer des « copier/coller » que font pas mal de « rédacteur »…
    Encore merci, je publie le lien sur ma page FACEBOOK pour mon entourage, cela mérite franchement pour le coups le « copier/coller »…oups !

  6. Pingback: Netvibes : recentrage réussi ?

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