Alors que 77 % de la population française est désormais couverte par la fibre, le ministre délégué chargé de la Transition numérique, Jean-Noël Barrot, a fait une déclaration fracassante ce mercredi soir lors des vœux de l’Arcep. Ses propos ont d’autant plus de poids qu’il les a prononcé en présence des grands opérateurs français et de leurs dirigeants. Christel Heydemann, la nouvelle patronne d’Orange, et Patrick Drahi, le PDG de SFR étaient notamment là.
30 Mbit/s minimum pour chaque Français
Jean-Noël Barrot a ainsi expliqué : « L’État souhaite désormais créer un droit au très haut débit pour tous à un prix abordable ». Sur cette « ambition unique en Europe, qui permettra de faire de la France la première puissance numérique européenne ».
Dans le détail, le gouvernement souhaite donc mettre en place un niveau de service à 30 Mbit/s afin que « tous les citoyens aient accès à un service Internet très haut débit et à des services de communication vocale à un tarif abordable ». Comment y parvenir ? Alors que la fibre optique ne pourra pas être déployée partout, la 4G fixe, l’ADSL, mais aussi le satellite ou la THD radio pourraient être envisagés.
Interrogé par nos confrères de 01net présents sur place, le ministre n’a pas souhaité aborder la question du financement de cette mesure, et on ignore par ailleurs si ce droit sera opposable, un peu sur le modèle du droit au logement. Jean-Noël Barrot reconnaît toutefois que tous les opérateurs seront concernés par cette initiative : « contrairement au cuivre où vous n’aviez qu’un opérateur, là, vous en avez quatre », explique-t-il.
Pour le reste, on ne sait pas quand ce projet sera mis formellement en place. Nul doute que des discussions devraient s’engager avec les intéressés au cours des semaines et des mois à venir. Selon Les Échos, les opérateurs français n’apprécierait par exemple qu’assez peu le seuil fixé à 30 Mbit/s, et ils estimeraient que 8 mégabits est suffisant pour les besoins dans les zones rurales.
Des progrès restent à réaliser sur la fibre
Il faudra donc suivre avec attention ce dossier en 2023. Quoi qu’il en soit, le déploiement de la fibre optique se poursuit en France, et s’il est globalement un succès, Laure de la Raudière, la présidente de l’Arcep, a tenu ce mercredi à rappeler que le rythme ralentit, y compris dans certaines zones denses. Elle note également qu’il y a un enjeu à prendre en compte la qualité des connexions fibres, qui ne sont pas toujours aussi stables et performantes que prévu.
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