Une déferlante d’une intensité inouïe s’est abattue sur la Jamaïque. Avec des vents d’une extrême violence soufflant à 298 km/h, Melissa est devenue l’un des ouragans les plus puissants jamais observés dans l’Atlantique. Il a égalé un record vieux de près d’un siècle établi par le tristement célèbre ouragan de la Fête du Travail, qui avait frappé la Floride en 1935. Plus de 500 000 personnes se sont retrouvées sans électricité et de nombreuses structures ont été détruites. Melissa, hier matin, a déjà atteint Cuba, dans la province de Santiago.
La Jamaïque engloutie par les vents de Melissa
Mardi, à 13 h (heure de l’Est), l’ouragan Melissa a touché terre près de New Hope, dans le sud-ouest de la Jamaïque. Les vents, constants à près de 300 km/h, ont ravagé l’île de part en part. Le Centre national des ouragans américain (NHC) a qualifié le phénomène d’« extrêmement dangereux et potentiellement mortel ». Avant son arrivée sur la Jamaïque, Melissa avait déjà coûté la vie à sept personnes : trois en Haïti, trois en Jamaïque et une en République dominicaine.
Pluies diluviennes, maisons emportées par les vents, zones côtières submergées par d’immenses vagues : la Jamaïque a vécu l’apocalypse depuis mardi. Les images qui nous en parviennent sont terrifiantes, comme vous pouvez en juger sur la vidéo YouTube ci-dessous.
Formé au cours du week-end dans la mer des Caraïbes, Melissa s’est rapidement intensifiée dans la nuit de lundi à mardi avant d’atteindre la Jamaïque en catégorie 5. Sa progression extrêmement lente (à peine 15 km/h) a aggravé la situation, maintenant des pluies torrentielles sur les mêmes zones pendant plusieurs jours.
Par la puissance de ses rafales et sa pression centrale de 892 hectopascals, Melissa égale le record établi par l’ouragan de la Fête du Travail en 1935, le plus violent jamais observé à avoir touché une terre dans l’Atlantique. Une telle pression est exceptionnellement basse pour un ouragan : plus celle-ci chute, plus l’air s’engouffre rapidement vers le centre du cyclone, renforçant la puissance des vents.
À l’échelle de tout le bassin atlantique, Melissa se hisse au deuxième rang des ouragans les plus puissants jamais mesurés, juste derrière Allen en 1980, dont les rafales atteignaient environ 305 km/h. Seuls deux autres, Wilma (2005) et Gilbert (1988) ont enregistré des pressions encore plus basses, respectivement 882 et 888 hectopascals, mais sans atteindre le continent avec une telle violence.
Même les chasseurs d’ouragans de l’armée américaine ont dû interrompre leur mission d’observation mardi matin, les turbulences étaient bien trop violentes pour qu’ils opèrent en sécurité. Depuis le début des relevés météorologiques en 1851, aucun ouragan d’une telle intensité n’avait frappé la Jamaïque.
En arrivant sur Cuba, Melissa était moins puissante qu’en Jamaïque, mais elle restait tout de même cataclysmique, puisque l’ouragan était toujours en catégorie 3 . Ses vents dépassaient encore les 200 km/h, et les pluies s’abattaient sans discontinuer sur l’est de l’île, où la population a été appelée à évacuer les côtes. Six provinces, dont Santiago de Cuba et Guantánamo, ont été placées en état d’alerte et les autorités ont ordonné la fermeture des écoles et suspendu les transports. Selon les prévisions, elle devrait encore progresser et remonter vers les Bahamas et les îles Turques-et-Caïques dans les deux jours à venir, avant de se diriger vers les environs des Bermudes jeudi. Les dégâts, bien que sans estimation pour le moment, se chiffreront certainement en milliards de dollars ; un fardeau très lourd à supporter pour les États caribéens, dont les économies insulaires sont déjà très fragiles.
- L’ouragan Melissa a frappé la Jamaïque avec une intensité record, devenant le plus puissant jamais observé sur l’île depuis le début des mesures météorologiques.
- Après avoir ravagé le pays avec des vents proches de 300 km/h, il a atteint Cuba en catégorie 3, provoquant de fortes pluies et d’importantes évacuations.
- Les destructions dans les Caraïbes s’annoncent colossales, aggravant la situation économique déjà précaire des États touchés.
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