Faut-il forcément avoir un smartphone gaming pour profiter des meilleures conditions possibles pour jouer ? C’est en tout cas l’avis de REDMAGIC, qui sort son REDMAGIC 12 Pro, un terminal dédié au jeu mobile.
Je découvre le REDMAGIC 12 Pro
Jouer sur smartphone est désormais devenu une habitude pour beaucoup d’utilisateurs. C’est eux que vise REDMAGIC avec son bébé. Ses arguments pour convaincre ? Un processeur surpuissant, un ventilateur efficace, du watercooling intégré, un écran 185 Hz, un OS qui met le jeu à l’honneur ainsi qu’une grosse batterie. Mais tout cet arsenal est-il réellement nécessaire ? Nous l’avons utilisé pendant une semaine. Voici notre verdict.
Voici les tarifs annoncés :
- 12 Go de RAM, 256 Go de stockage : 899 euros
- 16 Go de RAM, 512 Go de stockage : 999 euros
- 16 Go de RAM, 1 To de stockage : 1 199 euros
Les trois choses qu’on a adorées sur le REDMAGIC 12 Pro
Son design hors du commun
La tablette REDMAGIC Astra 2 nous avait déjà séduits par son design original, qui mettait en avant son système de watercooling. Le 12 Pro pousse la proposition encore plus loin. Watercooling mis à l’honneur, coque transparente, LED… Visuellement, il est reconnaissable entre mille. Un design radical qui plaira ou non (nous, on adore) et qui a le mérite d’être original.

REDMAGIC a choisi un design anguleux, avec des angles presque pointus, que ce soit sur le châssis ou l’écran. Ce qu’on adore par-dessus tout ? Le capot arrière sans « bump », entièrement plat. À l’heure où tous les modules photo du marché ressortent de quelques millimètres, ce choix est à saluer. Pourquoi est-ce important pour un téléphone gamer ? Car cela permet tout simplement d’accrocher plus facilement des manettes sans être gêné par un module encombrant. Le revers de la médaille, c’est que le constructeur a rogné sur la qualité photo, nous le verrons plus bas.

En main, le Pro 12 est tout simplement un régal. On adore ses formes anguleuses, sa simplicité et sa coque en verre trempé, très douce sous les doigts. Il n’est pas spécialement léger (223 grammes), mais sa masse est parfaitement équilibrée, ce qui rend la manipulation agréable. Évidemment, le watercooling contribue beaucoup à son design. Quand il est activé, il est toujours ludique de voir le liquide circuler sur la coque, un effet renforcé par les LED. Plus qu’un artifice visuel, c’est avant tout une fonctionnalité utile, nous le verrons plus bas.

Tout respire le « gaming » dans ce 12 Pro, que ce soit son apparence, ses LED (personnalisables) ou encore ses boutons, avec celui dédié à l’allumage rond et texturé. On note la présence de deux gâchettes tactiles sur la tranche plate (désactivées par défaut, mais activables dans les jeux), ainsi qu’un bouton spécialement dédié au mode jeu. En appuyant dessus, on quitte le bureau Android pour une interface digne d’une console, qui met les jeux en avant. Je ne suis pas très fan de ce genre d’artifice, mais sur un terminal qui mise sur le gaming, cela peut s’entendre. Surtout que cette interface s’avère ergonomique à l’usage. En revanche, les appuis accidentels (et énervants) sont fréquents. En utilisant le 12 Pro comme téléphone principal, il faut apprendre à les éviter.

Tout n’est pas parfait, évidemment. Les formes anguleuses ne plairont pas à tous. Les angles pointus ont tendance à déformer les poches. Plus encore, le capot transparent en verre trempé est sujet aux traces de doigts. Les maniaques (comme moi) passeront leur temps à le nettoyer. Un défaut que l’on retrouvait déjà chez un autre constructeur qui misait sur le même effet de transparence : Nothing. Pour ceux qui le souhaitent, REDMAGIC fournit une coque dans sa boîte. On regrette aussi l’absence d’un deuxième port de charge qui permettrait de jouer alors qu’une manette est branchée. Des petits défauts qui ne sont toutefois pas rédhibitoires.

Sa puissance phénoménale
Le REDMAGIC 12 Pro est un monstre de puissance. Il s’agit de l’un des premiers smartphones à être équipé du nouveau processeur haut de gamme de Qualcomm : le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6. Il faut ajouter à cela 16 Go de RAM (sur notre modèle), mais aussi un système de watercooling intégré, en plus d’un ventilateur.

Avec nos confrères de 01net, nous avons poussé le REDMAGIC dans ses derniers retranchements. En benchmark, il explose tous les scores, tout en proposant des performances stables dans la durée. Le watercooling, la chambre à vapeur et la ventilation permettent ainsi au SoC de chauffer davantage, plus longtemps, et aussi de maintenir ses performances sur de longues sessions. Cela se ressent à l’usage : sans surprise, l’interface est fluide, même avec beaucoup d’applications ouvertes. C’est du côté des jeux que c’est intéressant, puisque tous les gros titres du marché tournent à 60 ou 120 images par seconde (voire 185 i/s pour les titres compatibles, comme Call of Duty). De plus, sa puissance permet de streamer en même temps, sans perte de performances. Un argument pour ceux qui veulent partager leurs aventures en ligne.

En benchmark, la chauffe du REDMAGIC 12 Pro nous a fait un peu peur. Le système de refroidissement est plus sollicité dans ce cas précis et nous avons mesuré 45 degrés à la surface du châssis (c’est beaucoup !). Mais on le sait, les benchmarks sont conçus pour pousser nos smartphones à bout. Lorsqu’on joue, le REDMAGIC 12 Pro reste frais, aucun souci là-dessus. Cette gestion impeccable est possible grâce au système de watercooling. En jeu, celui-ci s’active, tout comme le ventilateur, qui évacue l’air via deux petites grilles sur la tranche. On entend très légèrement souffler le téléphone dans une pièce silencieuse, mais cela reste discret. À quoi ça sert ? Tout simplement à mieux gérer la chaleur et donc à maintenir de grosses performances sur le long terme. Les joueurs mobiles savent à quel point cela est important, tant certains smartphones connaissent de fortes baisses de performances après plusieurs heures de jeu.

Enfin, pour en finir avec la partie jeu, on apprécie le fait que REDMAGIC laisse de l’amplitude à l’utilisateur. Dans le mode jeu, on peut régler à volonté la puissance du ventilateur, overclocker ou non le processeur, activer les gâchettes ou encore ouvrir plus rapidement certaines applications en pleine partie (comme Discord ou Twitch). Bref, le REDMAGIC remplit parfaitement sa mission première : offrir le top du top aux gamers.
Son écran parfait et son autonomie
Jouer, c’est bien. Jouer sur un bel écran, c’est mieux. REDMAGIC l’a bien compris et offre une superbe dalle à son téléphone : 6,85 pouces, 2 688 x 1 216 pixels, un échantillonnage tactile de 500 Hz pour une plus grande réactivité (communication entre l’écran et le processeur 500 fois par seconde), mais aussi un taux de rafraîchissement de 185 Hz. Un écran parfaitement calibré, qui propose également une luminosité de 1 900 nits, ce qui permet de jouer sereinement dehors. Mais sa grande force réside dans son format plein, avec des bords de moins d’un millimètre. Le résultat ? Un ratio écran/façade de 93 %, ce qui apporte un confort visuel très appréciable, que ce soit en jeu ou en visionnage de vidéos.

Niveau autonomie, le REDMAGIC dispose d’un accumulateur de 8 400 mAh avec une charge rapide de 80 watts. Une belle capacité qui permet, lors d’un usage « normal », de tenir deux, voire trois jours sans s’approcher d’une prise. Mais le REDMAGIC 12 Pro n’est pas un téléphone normal, c’est une machine de jeu. Sur un jeu ultra-gourmand, avec ventilateur et watercooling activés, il tient plus de sept heures. Sur ce point, c’est un bon élève.
Les deux choses qu’on a moins aimées sur le REDMAGIC 12 Pro
Un OS qui laisse à désirer
Le REDMAGIC 12 Pro embarque Android 17 avec sa surcouche maison. Soyons honnêtes, elle s’avère plutôt bien pensée pour le jeu, avec un menu dédié ainsi qu’un volet déroulant qu’on peut faire apparaître en pleine partie. Pour le reste, en revanche, ce n’est pas la panacée.


Le souci de cette surcouche, c’est qu’elle cumule tous les défauts qu’on ne veut plus voir sur Android. Elle présente des menus mal traduits et inutilement compliqués (on peste quand on doit chercher quelque chose dans les paramètres !). Elle est parasitée par de trop nombreux logiciels préinstallés, que ce soient des applications comme Temu ou Booking, ou des jeux sans intérêt, comme des casse-briques que l’on voit par centaines. Et surtout, elle manque cruellement de personnalisation. Par exemple, elle ne propose pas de masquer le texte des applications sur le bureau pour alléger l’interface, alors qu’Android Stock le permet. Changer de thème est aussi une tannée. Dommage, car cette surcouche s’avère plutôt optimisée et fluide. Elle regorge aussi d’idées sympas, comme la mise à contribution des LED pour les notifications. On regrette simplement qu’elle se concentre uniquement sur l’aspect gaming, oubliant qu’elle équipe avant tout un téléphone.

Son appareil photo passable
Le REDMAGIC 12 Pro ne mise pas sur la photo, mais il est toujours important d’en proposer un, que ce soit pour scanner des QR codes ou capturer quelques moments importants. REDMAGIC se contente du minimum avec un module composé de deux capteurs :
- Grand-angle de 50 mégapixels, f/1.9
- Ultra grand-angle de 50 mégapixels, f/2.0

Sans surprise, le REDMAGIC 12 Pro n’est pas un photophone performant. Les clichés pris sont corrects, même s’ils manquent d’équilibre dans les contrastes et la gestion des couleurs. On déplore également un certain manque de détails. Ce constat vaut aussi bien de jour que de nuit, en gros plan ou en plan large. Ce n’est pas non plus catastrophique, mais nous sommes ici au niveau d’un smartphone de milieu de gamme, et non d’un produit qui tourne autour des 1 000 euros. Peut-on vraiment lui en vouloir ? Pas vraiment, étant donné qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Le REDMAGIC 12 Pro est un smartphone gamer capable de prendre des photos, pas un photophone qui veut rivaliser avec l’Oppo Find X10 ou le Pixel 11 Pro. Il faut juste en avoir conscience avant l’achat.
Alors, on achète ?
Le REDMAGIC 12 Pro est sans aucun doute le meilleur téléphone gaming du marché. Surpuissant, il maîtrise parfaitement sa force. De plus, il s’avère techniquement impeccable, que ce soit au niveau de l’écran ou de son autonomie. La cerise sur le gâteau est bien son design hors du commun, qui le rend unique.

Alors, on achète ? Cela dépend grandement de ce que vous recherchez. Si vous êtes un joueur mobile invétéré, le REDMAGIC 12 Pro est un choix plus que cohérent. Évidemment, l’utiliser comme téléphone principal a du sens, mais il faut alors faire une croix sur un bon appareil photo ainsi que sur un OS agréable. Pour beaucoup d’utilisateurs, ce sont des sacrifices qui s’entendent. Les autres pourraient voir dans ce 12 Pro un smartphone de complément, presque une console de jeu… à partir de 899 euros tout de même.

Pour ma part, c’est ainsi que j’ai utilisé le REDMAGIC 12 Pro. Je dois avouer que je suis tombé sous le charme. Depuis mon test de l’Astra 2 du même constructeur, je me suis mis à jouer « sérieusement » sur Android, à des jeux souvent disponibles ailleurs. Tous les jours, je me suis donc trimballé deux téléphones : mon principal et celui-ci, qui ne me servait qu’au gaming. Dans le train, l’avion ou même dans le lit, équipé d’une petite manette dédiée à Android, j’ai joué avec le REDMAGIC comme j’aurais pu jouer à la Switch ou à l’Asus ROG Ally (même s’il n’y a évidemment pas les mêmes jeux dessus). Si, pour un joueur lambda comme moi, le REDMAGIC 12 Pro est un peu over the top, les gros joueurs Android y trouveront leur compte.

La promesse du REDMAGIC 12 Pro est d’être le meilleur smartphone gaming du marché, et elle est tenue.
Je découvre le REDMAGIC 12 Pro
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