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Re:Play #6 : Driver sur PlayStation, le cauchemar du parking a 25 ans !

“Raye pas la peinture !” “T’as ruiné la caisse, mec !” Si ces phrases vous sont familières, alors vous avez sans doute joué à Driver sur PlayStation (et son tuto de l’enfer dans le parking sous-terrain).

C’était à la toute fin du mois de juin 1999 (oui, il y a 25 ans !), les joueurs PlayStation découvraient un tout nouveau jeu : Driver. Mis au point par le studio britannique Reflections, Driver est un jeu de course-poursuite, qui place le joueur à la fin des années 1970, dans la peau de Tanner, un flic infiltré dans la mafia. L’action se déroule uniquement au volant, et va permettre de visiter quatre villes américaines, à savoir Miami, San Francisco, Los Angeles et New-York. Pour beaucoup, Driver est source de souvenirs incroyables… pour d’autres, c’est surtout un tuto insurmontable dans un parking sous-terrain duquel on ne sortira jamais…

Dans le petit monde du jeu vidéo, les années passent… mais la passion et les souvenirs restent ! Re:Play revient sur les grands classiques de l’Histoire du jeu vidéo. Un petit retour vers le futur passé, à la recherche de votre âme d’enfant ou d’adolescent, celle-là même qui vous a sans doute déjà fait (ou vous fera) prononcer la formule magique “c’était mieux avant”. Et si c’était vrai…? Alors on souffle dans la cartouche, c’est parti pour Re:Play !

Driver, l’énorme surprise sur PlayStation

En effet, alors que GTA n’est encore qu’un jeu très marginal en vue aérienne, Reflections lance cet étonnant Driver, très largement mis en avant dans les magazines. Il faut dire que le fait de pouvoir incarner un chauffeur infiltré dans la mafia, dans une ambiance rétro et réaliste, avec en prime des graphismes “toutentroisD” avait de quoi faire saliver plus d’un joueur. D’ailleurs, PlayStation Magazine avait eu l’excellente idée de proposer à ses lecteurs une démo jouable du jeu, quelques semaines avant sa sortie.

Driver
© Stéphane Ficca / Presse-citron

Très vite, le succès commercial de Driver se confirme. Boosté par le bouche à oreille, et par de nombreux articles dans la presse spécialisée, Driver s’écoule à plus d’un million d’exemplaires le premier mois de sa commercialisation. Mieux encore, c’est le titre le plus vendu sur la console de Sony en 1999. Il faut dire que le jeu avait de quoi “hyper” les joueurs PlayStation, avec ses graphismes 3D sublimes, sa bande-son, son style ultra original, mais aussi un mode Réalisateur qui en mettait plein les mirettes.

Driver Screen 3
© GT Interactive

Inspiré par une sélection de films cultes, à commencer évidemment par The Driver (pour l’intro) mais aussi Bullitt (pour la voiture principale du jeu), sans oublier un petit hommage à Starsky et Hutch, Driver répondait alors à une demande très particulière, et venait occuper un créneau (vous l’avez ?) somme toute assez unique sur le marché du jeu vidéo. A l’instar d’un Metal Gear Solid avant lui, l’aspect cinématographique était une priorité ici, quitte à abuser parfois des poncifs hollywoodiens.

Pub Driver
© PlayStation Magazine juin 1999

Alors certes, Driver ne permet à aucun moment de sortir du véhicule (comme dans un GTA), mais cela n’empêche pas le jeu de s’élever rapidement au rang d’indispensable sur PlayStation. Et si Driver a rapidement séduit les joueurs, c’est par son ambiance absolument phénoménale, mais aussi par ses courses-poursuites alors assez uniques et diablement bien conçues. “Un jeu qui fera certainement date dans l’histoire de la PlayStation” lisait-on dans le magazine Playpower à l’époque.

Driver Screen
© GT Interactive

Difficile en effet de ne pas apprécier les nombreuses chevauchées mécaniques du jeu, avec des missions légendaires, notamment la toute dernière, particulièrement corsée. Comme dans un GTA, le niveau d’infraction influait directement sur le comportement de la police, laquelle pouvait simplement poursuivre le joueur, mais aussi dresser un barrage complet.

Driver, cousin de… Destruction Derby ?

Développé par Reflections, Driver est un jeu à forte tendance cinématographique, mais qui fait également la part belle aux cascades automobiles et autres pliages de tôles. Et dans les années 90, un autre jeu (également disponible sur PlayStation) est un spécialiste du genre : Destruction Derby. Et en réalité, ce Driver est un descendant de ce même Destruction Derby, puisque ce dernier a été mis au point par le même studio de développement (on y retrouve notamment les polygones qui virevoltent à chaque impact).

Driver Screen 4
© GT Interactive

Avant 1998, Reflections fait partie intégrant de l’éditeur Psygnosis, mais dès 1999, après avoir été racheté par GT Interactive, Reflections devient une filiale de l’éditeur Infogrames. C’est pour cela que Driver 2, Stuntman, mais également Driv3r, seront édités sous la tutelle d’Infogrames pour les deux premiers, et d’Atari pour le troisième.

Driver Screen 2
© GT Interactive

Outre son gameplay ravageur et ses graphismes en 3D fabuleux (pour l’époque), Driver parvenait également à innover pour ce qui est de son interface, avec un système de répondeur plutôt original, sans oublier une excellente bande-son. Côté missions, Driver était somme toute très simple, la majeure partie du jeu consistant à rejoindre un point B depuis un point A dans un temps donné. Mais quel kif !… sauf peut-être au tout début du jeu.

Le tuto dans le parking… un trauma pour de nombreux joueurs

En effet, pour tous les joueurs, le premier contact avec ce Driver fut… un tutoriel se déroulant dans un parking sous-terrain. L’objectif est simple : Tanner (et donc le joueur) doit prouver à ses supérieurs qu’il a les compétences nécessaires au volant pour mener à bien les missions demandées.

L’idée est donc de remplir divers objectifs (Burnout, Frein à main, 180°, Slalom…) en un temps donné, sans ruiner le véhicule. Et ce n’était pas (du tout) une mince affaire ! Combien de fois avons-nous entendu la phrase “T’as ruiné la caisse, mec !” ? La légende raconte que certains joueurs sont encore coincés dans ce fichu parking…

Un héritage… compliqué

Après un premier épisode extraordinaire, la saga Driver connaitra très vite une suite, Driver 2 (en 2000), toujours sur PlayStation. Contrairement au premier opus, cette suite combine des phases à pied et en voiture, mais malgré cela, ce dernier peine à convaincre les joueurs, la faute (entre autres) à des phases à pieds désastreuses justement…

Driv3r
© Infogrames

En 2004, Infogrames (alors devenu Atari) va également lancer un troisième épisode, Driv3r, sur PS2 et Xbox, avec là encore un accueil très mitigé. Le jeu connaitra toutefois un joli succès commercial, avec plus de 3 millions de ventes.

Il faut dire qu’un certain GTA 3, lancé en 2001, avait alors aussitôt ringardisé Driver, le jeu de Rockstar Games proposant même une mission consistant à tuer un agent double, un certain Tanner, bon conducteur, mais incapable lorsqu’il évolue à pied. Tiens, tiens… Une rivalité in-game que l’on retrouvera d’ailleurs dans Driv3r, mais aussi dans GTA San Andreas.

Driver 76
© Ubisoft

Pas de quoi démotiver l’éditeur à lancer un nouvel épisode, dès 2006, avec un Driver Parallel Lines relativement mystique. A cela viendra s’ajouter Driver San Francisco en 2011, sans oublier avant lui Driver 76, un épisode exclusif à la PSP de Sony. Depuis 2007 et le lancement de cet épisode PSP, la saga Driver n’a pas connu de nouveau jeu sur consoles.

Et vous, étiez-vous parvenu à sortir du parking du premier Driver ?

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