Passer au contenu

Re:Play #2 : Metal Gear Solid, 25 ans (déjà !) qu’on se tire l’oreille sur PlayStation

C’était il y a 25 ans, le 26 février 1999, vous vous hâtiez alors peut-être chez votre revendeur favori pour acquérir Metal Gear Solid sur PlayStation. Une expérience alors inoubliable (et toujours aussi incroyable un quart de siècle plus tard).

En 1998, si des millions de Français avaient les Yeux dans les Bleus, les joueurs PlayStation (et les autres) avaient quant à eux leurs mirettes rivées sur autre chose : Metal Gear Solid. Un tout nouveau jeu d’infiltration signé Konami, très largement mis en avant dans les magazines spécialisés de l’époque, et qui va arriver à la rentrée 1998… aux Etats-Unis et au Japon. En Europe, il faudra patienter jusqu’au 26 février 1999 pour mettre la main sur ce tant attendu “MGS”, et entendre pour la première fois le désormais célèbre “Ici Snake. Colonel, est-ce que tu me reçois ?“. Retour sur la légende MGS !

Dans le petit monde du jeu vidéo, les années passent… mais la passion et les souvenirs restent ! Re:Play revient sur les grands classiques de l’Histoire du jeu vidéo. Un petit retour vers le futur passé, à la recherche de votre âme d’enfant ou d’adolescent, celle-là même qui vous a sans doute déjà fait (ou vous fera) prononcer la formule magique “c’était mieux avant”. Et si c’était vrai…? Alors on souffle dans la cartouche, c’est parti pour Re:Play !

Metal Gear Solid : la révolution sur PlayStation

En 1998, pas d’Internet, pas de Youtubeur et autre influenceur. On s’en réfère alors à ces bons vieux magazines de jeux vidéo. Ces derniers ne tarissent pas d’éloge sur un mystérieux Metal Gear Solid. L’attente est énorme. L’excitation est à son paroxysme. A tel point que certains (y compris les non footeux) vont se jeter sur un ISS Pro 98 en attendant le précieux jeu signé Hideo Kojima. Pourquoi ISS Pro 98 ? Tout simplement car ISS Pro 98 contenait une démo jouable de Metal Gear Solid. L’occasion alors de découvrir les premières minutes d’un jeu qui s’annonçait déjà fantastique.

Metal Gear Solid Presse Citron
© Stéphane Ficca / Presse-citron.net

Vous ne le savez peut-être pas, mais Metal Gear Solid est le quatrième opus de la franchise, après deux épisodes (Metal Gear et Metal Gear 2 Solid Snake sur MSX) reconnus par Hideo Kojima, contrairement à Snake’s Revenge (NES). Toujours est-il que Metal Gear Solid marque un tournant technologique dans la saga, avec un jeu intégralement en 3D. Et à l’époque de la PlayStation, la 3D, comme le gras, c’est la vie.

A l’instar de Silent Hill sur la même machine, Metal Gear Solid affiche très clairement son orientation cinématographique. Les environnements sont plus travaillés, la caméra s’adapte à la situation, et les personnages sont intégralement doublés. Le jeu s’inspire d’ailleurs largement de certains films références, comme New York 1997 ou encore Rambo.

Metal Gear Solid Ecran Titre
© Presse-citron.net / Konami

Ravi de pouvoir travailler sur la PlayStation, une console à la hauteur de ses ambitions, Hideo Kojima fait le choix de créer des cutscenes utilisant le moteur 3D du jeu, en lieu et place des célèbres cinématiques pré-calculées.

Le résultat est bluffant, avec une approche cinématographique alors inédite en son genre. A cela s’ajoute une bande-son digne des plus grands films, avec un thème qui résonne encore dans toutes les têtes.

Mgs
© Presse-citron.net / Konami

A l’époque de sa sortie, Metal Gear Solid est une pure révolution vidéoludique, et s’impose très rapidement comme un indispensable de la PlayStation… voire un indispensable tout court. Les critiques sont unanimes, et Metal Gear Solid frôle la perfection chez Joypad, chez Consoles+, chez Console News ou encore PlayStation Magazine. Seul Player One émet un petit bémol en indiquant que le jeu “ne peut revendiquer le titre de jeu de cette fin de siècle“. Le débat est toujours ouvert…

Toujours est-il que Metal Gear Solid rapproche plus que jamais les mondes du jeu vidéo et du cinéma, avec un style somme toute assez unique en son genre. Unique comme sa localisation française intégrale d’ailleurs, qui fait elle aussi partie de la légende MGS pour de nombreux joueurs.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Stéphane Ficca (@stephane_ficca)

En effet, malgré de nombreuses incohérences et un doublage franchement nanardesque (Konami ayant joué à fond la carte du second degré pour un rendu à la limite du comique parfois), nombreux sont ceux à apprécier rejouer à Metal Gear Solid avec cette même VF. Pour la nostalgie. Pour les souvenirs. Pour le côté accessible. Et tant pis pour le côté “Rambo” de Solid Snake et certaines traductions franchement burlesques.

Mgs 2
La première rencontre avec Meryl… lors de laquelle, sous une condition, Snake peut également venir boucher le Famas de la jeune femme avec son doigt © Presse-citron.net / Konami

Une VF qui permet aujourd’hui encore à nombre de joueurs de se remémorer certaines répliques célèbres, à commencer par “Tu veux qu’on se tire l’oreille ?“, “Ils se sont joués de nous comme d’un putain de violon“, “Alors la bleusaille, tu sais tirer ?“, “Cochon qui s’en dédit docteur” ou encore “Il n’y a pas de héros, soit tu gagnes, soit tu bouffes les pissenlits par la racine“. Culte on vous dit.

A noter que la version américaine est celle qui permet de profiter au mieux de cette dimension hollywoodienne et dramatique tant recherchée à l’époque. D’ailleurs, ceux qui avaient testé MGS au travers de la démo présente dans ISS 98 avaient pu découvrir le jeu avec ses doublages US. Quel choc en février 1999 lors du lancement du jeu en version française !

Metal Gear Solid Presse Citron 3
© Stéphane Ficca / Presse-citron.net

Entre les mains des joueurs, Metal Gear Solid est incontestablement un choc. Une étape cruciale dans l’expérience vidéoludique de certains, chez qui il y aura un avant et un après MGS. Quelle choc à l’époque face à cette introduction hors norme, à s’émerveiller lors du premier soldat assommé, à prendre gare à ne pas faire de bruit en évitant les flaques d’eau, à attirer les gardes en frappant sur un container, à observer Snake prendre ce premier ascenseur…

La mise en scène est juste prodigieuse, la montée en puissance impeccable, les rebondissements archi-nombreux. Le scénario était riche, dense et passionnant, et rien (ou presque) n’était alors en mesure de nous faire lâcher notre petite manette PlayStation.

Tout (ou presque) était considéré une “toute première fois” dans Metal Gear Solid aux yeux de nombreux joueurs… à commencer par le fait de valider avec la touche Rond, et non Croix (car oui, on dit “Croix”, pas “X”). Petite anecdote d’ailleurs, à l’époque, de nombreux clients appelaient les boutiques de jeux vidéo en panique, indiquant être dans l’impossibilité de lancer le jeu… “Essayez de valider avec Rond au lieu de Croix pour voir” leur disait-on.

Psycho Mantis Mgs
Psycho Mantis, l’un des boss les plus emblématiques du jeu vidéo ? © Presse-citron.net / Konami

Alors certes, Metal Gear Solid se bouclait en 8 à 10 heures lors du premier run. Trop court pour certains. Mais quel plaisir de profiter de cette dizaine d’heures de jeu absolument intenses, avec un pur concentré de plaisir à chaque instant. A cela s’ajoutent des trouvailles permanentes, avec les différents gadgets du jeu, mais aussi certaines mécaniques de gameplay, comme le fait de voir assommer (et surtout pas tuer !) Meryl pour la sortir de l’emprise de Psycho Mantis.

Mgs Torture
La scène de torture, mythique… et qui définit la fin du jeu qui sera proposée au joueur ! © Presse-citron.net / Konami

Impossible d’oublier également l’incroyable scène de torture infligée par le terrible Ocelot, ou encore la manière de sortir de sa cellule, et bien sûr le combat final à mains nues. Rappelons d’ailleurs qu’il existe deux fins distinctes dans Metal Gear Solid, en fonction de votre capacité à résister (ou non) à cette même torture.

Metal Gear Ninja
© Presse-citron.net / Konami

Et que dire de ces boss plus charismatiques les uns que les autres : Revolver Ocelot, Vulcan Raven, Sniper Wolf, Psycho Mantis, Cyborg Ninja, Liquid Snake et bien sûr… le Metal Gear Rex ! Autant de bonheur condensé au sein de deux disques PlayStation, c’était fou.

Une jeu BOURRÉ de secrets (dont certains que vous ne connaissiez pas !)

Pour de nombreux joueurs, Metal Gear Solid, c’est une multitude d’astuces plus ou moins connues. L’une des plus réputées reste celle concernant la fréquence Codec de Meryl, lorsque le colonel nous indique que “sa fréquence est au dos de la boite du CD“. Nombreux sommes nous alors à avoir retourné le jeu dans tous les sens, sans jamais trouver cette foutue “boite du CD“. En réalité, il suffisait de retourner la véritable boite du jeu, pour découvrir la fréquence de Meryl au dos de cette dernière, avec les autres captures d’écran. Génial !

Pour d’autres joueurs, LE secret de Metal Gear Solid, c’est évidemment le combat face à Psycho Mantis. Non seulement ce dernier va s’amuser à faire vibrer notre manette et à lire notre carte mémoire (notamment les jeux Castlevania, Suikoden ou encore Azure Dreams) grâce à ses pouvoirs télépathiques et télékinétiques, mais il va également lire… nos pensées. Difficile alors d’atteindre le boss à moins… de brancher sa manette sur le Port 2 de la PlayStation.

Metal Gear Solid Meryl
“Sa fréquence est au dos de la boite du CD”… © Stéphane Ficca / Presse-citron.net

Dès lors, Psycho Mantis ne “pourra plus nous lire“, et le combat deviendra une formalité. Lors de ce même combat, Psycho Mantis hurle parfois “Noir” (“Blackout” en VO), donnant alors l’impression au joueur que sa TV avait brusquement perdu le signal de la console. Nouveau coup de génie !

A noter que cette astuce consistant à brancher la manette 2 fonctionne également à la toute fin du jeu, avec la possibilité de contrôler les soldats ennemis qui nous bloquent le passage dans le tunnel lors de la fuite en Jeep.

Metal Gear Solid Presse Citron 2
Metal Gear Solid, et son indispensable guide officiel de l’époque © Stéphane Ficca / Presse-citron.net

A cela s’ajoute la possibilité de voir Hideo Kojima et une partie de l’équipe de développement via des “fantômes” cachés dans le jeu, ou encore d’entendre les premières notes du thème (End of the Dark) de Policenauts (un autre jeu Kojima/Konami) au tout début de ce Metal Gear Solid (sans compter le personnage de Meryl, très semblable à un personnage de Policenauts).

De nombreux secrets sont également relatifs au célèbre Codec. Par exemple, si l’adorable Mei Ling permet de sauvegarder la partie, il est tout à fait possible de lui faire perdre patience. Comment ? En l’appelant (via la fréquence 140.96) pour finalement ne pas sauvegarder la partie. En effectuant cette opération à plusieurs reprises, celle-ci commencera d’abord par bouder… avant de vous empêcher de sauvegarder, tout en vous tirant la langue. Fallait pas la chercher !

Mei Ling Mgs
Ne cherchez pas trop Mei Ling, ou elle finira par bouder et vous tirer la langue © Presse-citron.net / Konami

Dans un même registre, pour peu que vous ayez configuré le jeu en mono au début de la partie, et que vous contactez le Colonel lors de l’affrontement face au Hind D, ce dernier finira par se moquer de vous, et de votre “vieille TV sans son stéréo“. Il sera d’ailleurs épaulé par d’autres personnages, qui railleront votre pauvre CRT mono… L’une des manières de battre le Hind D est en effet de deviner sa position grâce au bruit produit par ses hélices, indiquant alors sa position… à condition d’avoir une TV stéréo donc.

Il existe encore de très (très) nombreux secrets liés au Codec, notamment en appelant le colonel Campbell lors du combat face à Psycho Mantis, mais aussi en appelant certains personnages en fumant une cigarette, ou encore en contactant Natasha ou Mei Ling depuis les toilettes pour femmes…

En terminant le jeu trois fois, la musique celtique qui accompagne les derniers instants du jeu sera remplacée par le thème de Metal Gear Solid. De même, lorsque l’on recommence le jeu pour la seconde fois (après l’avoir terminé une première fois donc), la séquence de l’arrivée de Solid Snake sur les docks est légèrement modifiée.

Mieux encore, si le joueur ne récupère pas le pistolet Socom au début du jeu, la première rencontre avec Meryl sera bien différente. Snake ne pourra alors pas tenir cette dernière en joue (comme ce fut le cas chez la majorité des joueurs, le Socom étant (presque) immanquable), et va alors venir boucher le canon du Famas de la jeune femme… avec son doigt.

Toujours concernant Meryl, il existe également une astuce qui consiste pour Snake à se cacher dans une boite en carton, avant d’inciter celle-ci à appeler des loups qui viendront uriner sur la boite. Cela permettra par la suite à Snake de ne pas se faire attaquer par les toutous de Sniper Wolf. Malin !

L’après Metal Gear Solid

Metal Gear (re)deviendra aussitôt une licence culte pour les joueurs PlayStation, avec un second opus (Sons of Liberty) qui fera quant à lui les beaux jours de la PS2, tout comme le troisième épisode (Snake Eater) dont un remake est prévu pour cette année.

A noter que Konami a tout récemment publié une compilation Metal Gear Solid Master Collection réunissant divers opus de la saga, dont ce premier épisode PlayStation. Evidemment, la saga s’est ensuite développée sur les générations de consoles suivantes, avec MGS 4 Guns of the Patriots sur PlayStation 3, sans oublier Metal Gear Solid V : The Phantom Pain sur PS4, qui opta pour une toute nouvelle approche.

Mgs Gamecube
© Konami

Il y a 20 ans, en 2004, la Nintendo GameCube avait accueilli un remake du Metal Gear Solid de 1998, avec la version The Twin Snakes. Cette dernière profitait d’une refonte graphique de circonstance, empruntant également divers éléments de gameplay introduits par Metal Gear Solid 2. On y retrouve aussi des cutscenes intégralement retravaillées, avec une nouvelle mise en scène, qui avait d’ailleurs divisé les joueurs à l’époque.

Et vous, avez-vous joué à Metal Gear Solid sur PlayStation ?

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech