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Le patron de Revolut quitte Londres pour Dubaï suite à un gros changement fiscal

Alors que le Royaume-Uni durcit sa fiscalité, le fondateur de Revolut choisit l’exil aux Émirats arabes unis.

Nik Storonsky, le milliardaire cofondateur et directeur général de Revolut, a décidé de plier bagage. D’après des documents déposés auprès du registre britannique des sociétés, il a officiellement transféré sa résidence fiscale du Royaume-Uni vers les Émirats arabes unis en octobre 2024. Un déménagement motivé, entre autres, par la fin d’un avantage fiscal historique pour les grandes fortunes étrangères.

Un départ emblématique

Les documents du registre confirment que Storonsky n’est plus résident britannique depuis un an. Il reste toutefois à la tête de Revolut et conserve une résidence à Londres, où il continue de se rendre régulièrement. Mais son départ n’est pas un cas isolé, il s’inscrit dans une vague d’exils de milliardaires consécutive à la suppression du régime des « résidents non domiciliés », qui permettait d’échapper à l’impôt sur les revenus étrangers pendant quinze ans.

Depuis que la ministre des Finances, Rachel Reeves, a mis fin à ce dispositif en avril dernier, plusieurs grandes fortunes ont suivi le même chemin : l’homme d’affaires égyptien Nassef Sawiris, l’investisseur Christian Angermayer, ou encore les promoteurs immobiliers Ian et Richard Livingstone. Au total, environ 4 400 dirigeants auraient entamé une démarche de départ fiscal au cours des douze derniers mois.

Né en Russie, Nik Storonsky a renoncé à sa nationalité après l’invasion de l’Ukraine. Il détient aujourd’hui la double nationalité britannique et française. Ancien trader passé par Lehman Brothers et Credit Suisse, il a fondé Revolut en 2015 avec Vlad Yatsenko. Sa participation dans la société est estimée à près de 7,9 milliards de dollars.

Revolut
© Revolut

La néobanque en pleine ascension

Ce départ intervient dans une période faste pour Revolut. La néobanque, désormais valorisée autour de 65 milliards de dollars, a inauguré en septembre son nouveau siège mondial dans le quartier de Canary Wharf à Londres. Elle revendique 65 millions de clients dans le monde, dont 6 millions en France, et vise les 100 millions d’ici 2027.

Pour soutenir cette expansion, Revolut prévoit d’investir 11,5 milliards d’euros sur cinq ans, dont 3,4 milliards au Royaume-Uni et 1 milliard en France, où se trouve son siège européen. La société multiplie les chantiers, qu’il s’agisse de développer l’intelligence artificielle, d’élargir son offre de banque privée ou de renforcer sa présence à l’international.

Si Nik Storonsky s’éloigne fiscalement de Londres, il ne tourne pas le dos au pays. Revolut attend toujours sa licence bancaire complète au Royaume-Uni et envisage une double introduction en Bourse, à Londres et à New York.

  • Nik Storonsky, le cofondateur de Revolut, a transféré sa résidence fiscale du Royaume-Uni vers les Émirats arabes unis après la suppression d’un régime fiscal avantageux pour les grandes fortunes.
  • Ce départ s’inscrit dans une vague d’exils de milliardaires provoquée par la fin du statut de « résident non domicilié », qui permettait d’éviter l’imposition sur les revenus étrangers.
  • Il intervient alors que Revolut, valorisée 65 milliards de dollars et forte de 65 millions de clients, poursuit son expansion mondiale avec d’importants investissements au Royaume-Uni et en France.

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