Paris s’impose désormais comme le centre de gravité bancaire de l’Union européenne (UE). Les chiffres de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) sont sans appel : en 2025, les demandes d’agrément ou d’extension pour devenir établissement de crédit ont bondi à 21 dossiers. C’est cinq fois plus que la moyenne observée l’année précédente. La capitale concentre ainsi à elle seule environ la moitié des procédures d’agrément de toute la zone euro.
« Cette attractivité de la place de Paris se vérifie auprès d’acteurs classiques post-Brexit […] et aussi de la part des acteurs innovants qui choisissent Paris parmi les autres places financières européennes », explique Emmanuelle Assouan, la nouvelle secrétaire générale de l’ACPR, dans un entretien accordé au quotidien Les Échos.
Parmi les candidats, on retrouve des poids lourds de la fintech comme Revolut, qui a fait de l’obtention d’une licence complète dans l’Hexagone une priorité stratégique pour piloter ses activités en Europe continentale. Mais c’est aussi le cas du géant des stablecoins Circle, de la licorne française Qonto, ou encore du spécialiste du crédit instantané Younited.
Même les institutions historiques pivotent, à l’image de la banque britannique Barclays qui a acté le transfert de son siège européen vers la Ville Lumière.

De Vilnius à Paris
Pourtant, la Lituanie a été la porte d’entrée privilégiée des acteurs de la fintech pendant des années, grâce à des procédures ultra-rapides et un accès direct au réseau de paiement SEPA. C’est, d’ailleurs, sous licence balte que des géants comme Revolut ont conquis le Vieux Continent. Mais aujourd’hui, l’heure est à la maturité : pour passer du statut d’application de paiement à celui de banque principale, le passage par Paris devient inévitable.
Car le sceau de l’ACPR et de la Banque de France offre une crédibilité que les petits États de l’Est ne peuvent plus garantir face à des clients de plus en plus exigeants sur la sécurité de leurs dépôts. De même, s’implanter durablement en France est le seul moyen pour ces néobanques de proposer des produits d’épargne réglementés, comme le sacro-saint Livret A, indispensables pour rivaliser avec les banques historiques sur leur propre terrain.
À noter, tout de même, que ce rayonnement retrouvé reste à la merci des remous politiques. Alors que l’élection présidentielle de 2027 approche, les incertitudes sur l’évolution de la fiscalité et des réformes structurelles pourraient refroidir certains investisseurs. Un premier signal de prudence a d’ailleurs été envoyé par JPMorgan Chase, qui a récemment réajusté ses effectifs parisiens vers Londres.
Si ce mouvement reste marginal pour l’instant, il rappelle que la place de Paris évolue dans un équilibre fragile où la stabilité est cruciale.
- Avec 21 demandes d’agrément en 2025, Paris capte désormais la moitié des dossiers de la zone euro, s’imposant comme la place financière incontournable pour les banques de demain.
- Les fintechs délaissent peu à peu les licences lituaniennes pour le sésame de l’ACPR, indispensable pour rassurer les clients et proposer des produits d’épargne réglementés.
- Si le dynamisme est réel, il faut rester vigilant face aux incertitudes politiques et fiscales à l’approche de 2027.
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