Depuis 2023, date à laquelle Asus a mis sur le marché sa première ROG Ally, les consoles de jeu portables fonctionnant sous Windows se sont multipliées. En effet, plusieurs grands constructeurs, parmi lesquels Lenovo, Acer ou MSI proposent désormais leurs appareils destinés aux joueurs qui souhaitent bénéficier d’une mobilité certaine.
La première ROG Ally était intéressante, puisqu’elle constituait une alternative sérieuse à la Steam Deck de Valve. Elle avait toutefois un défaut de taille : une autonomie trop limitée. L’année suivante, la ROG Ally X remédiait au problème, grâce à une batterie deux fois plus grosse. Puis, l’année dernière, Asus a lancé simultanément les ROG Xbox Ally et ROG Xbox Ally X, dotées d’un nouveau design, avec des poignées reprenant la forme d’une manette de jeu, et d’une interface rappelant celle de la Xbox.

Le modèle de cette année, estampillée ROG Xbox Ally X20 constitue donc la quatrième génération de console portable d’Asus. Elle se distingue principalement sur deux points : l’écran, légèrement plus grand et – surtout – qui passe à la technologie OLED, et un design retravaillé.
Seul petit souci, ce changement technologique majeur s’accompagne d’une hausse du prix majeure. En effet, la ROG Xbox Ally X20 est lancée aujourd’hui à 1400 € (alors que la console ROG Xbox Ally X est toujours commercialisée à 999 €). Sachant que les autres composants de la console n’ont quasiment pas évolué depuis l’année dernière, voyons si le prix de la nouvelle console portable sous Windows d’Asus est justifié.

Affichage
Allons droit au but. Comme la principale nouveauté de la ROG Xbox Ally X20 réside dans son nouvel écran, voyons si la qualité d’affichage est au rendez-vous. On note tout d’abord que la dalle OLED est légèrement plus grande que la dalle LCD IPS qui équipait la précédente version : 7,4 pouces (contre 7 pouces auparavant).
Ainsi équipée, la ROG Xbox Ally X20 se met au niveau de ses principales concurrentes, la Steam Deck et la Switch OLED (le premier modèle). En revanche, la console d’Asus prend l’avantage en termes de résolution, puisque sa dalle affiche les images en mode Full HD, soit 1920 x 1080 pixels (puisque l’écran est au format 16:9).

L’écran étant tactile, il est facile de valider certaines actions ou de sélectionner des éléments de l’interface de Windows et des jeux.
D’autre part, le taux de rafraichissement maximum n’a pas changé depuis la précédente version de la ROG Ally, puisqu’il est toujours de 120 Hz. C’est un bon point, car – pour certains jeux qui nécessitent la meilleure réactivité possible – cela peut constituer un avantage.

Bon point, l’écran de la ROG Xbox Ally X20 est doté d’une dalle très peu réflective, grâce au revêtement Corning Gorilla Glass DXC. Et s’il n’est pas totalement mate, les reflets sont toutefois quasiment invisibles, par exemple lorsqu’on regarde un film comportant de nombreuses scènes se déroulant dans la pénombre.
D’autre part, le traitement Gorilla Glass Victus devrait permettre à l’écran de la console de résister aux mauvais traitements, si on déplace la console dans un sac, en compagnie de divers accessoires. L’idéal, pour minimiser les risques, reste tout de même de se procurer un étui pour les transports (70 € sur le site Asus).

Si la dalle OLED délivre un affichage de tout premier ordre (noir parfait et superbes couleurs), lorsqu’on joue dans son lit ou dans un canapé, les choses se compliquent lorsqu’on utilise la ROG Xbox Ally X20 en extérieur. Une chose est certaine : il est inutile d’essayer sous un grand soleil, même en poussant la luminosité de l’écran à son maximum, car on ne distingue pas grand chose. Et même lorsque le ciel est couvert, la lisibilité varie selon l’ambiance visuelle du jeu, plus ou moins sombre (voir l’image de Black Myth Wukong ci-dessous).
Pourtant, la luminosité maximale annoncée par Asus est plutôt élevée, pour une dalle OLED. En effet, celle-ci serait de 600 nits (ce qui constitue une amélioration de 100 nits par rapport à la console de l’année dernière), voire même de 1400 nits en pic HDR (le mode Dolby Vision est supporté).

Et, force est de constater que les mesures que nous avons réalisées montrent que le constructeur n’enjolive pas la réalité. En effet, nous avons mesuré une luminosité maximale de 634 nits. De plus, le reste de la colorimétrie s’avère excellente, avec un Delta E moyen de seulement 1,0 (fidélité des couleurs parfaitement assurée) et une température moyenne des couleurs de 6572 K (affichage d’un neutralité exemplaire).
Le problème, pour une console de jeux portable, réside dans le fait que ce niveau de luminosité peut parfois s’avérer insuffisant, lorsque la luminosité ambiante est trop élevée. Rappelons que les écrans OLED des smartphones offrent une luminosité maximale très souvent supérieure à 1000 nits (et parfois beaucoup plus !), afin d’offrir une bonne lisibilité dans ces conditions.

Design
Pour célébrer en beauté le vingtième anniversaire de la gamme de produits ROG (Republic Of Gamers), la ROG Xbox Ally X20 arbore un nouveau design des plus séduisants.
Tout d’abord, le plastique, qui constitue l’essentiel du châssis de la console, offre – par endroit – un effet de transparence original, qui laisse paraître de faux circuits électroniques.

Ensuite, les quatre touches placées de chaque côté de l’écran sont désormais dorées, ce qui les met en valeur.
Enfin, pour compléter les LED disposées tout autour des joysticks, le bouton Xbox a désormais son propre effet d’éclairage, vert bien sur.
Malgré un poids en légère hausse par rapport à la version LCD (756 grammes, soit environ 40 grammes de plus que la ROG Xbox Ally X)(ça ne serait pas dramatique dans l’absolu, si le poids de la console de l’année dernière n’était pas déjà élevé)), la prise en main de la console est toujours aussi agréable, en particulier grâce à ses poignées parfaitement ergonomiques. Celle-ci permettent de jouer plusieurs heures sans ressentir la moindre gêne.

Pour le reste, toute la connectique est concentrée sur la tranche supérieure de la ROG Xbox Ally X20. On y trouve deux ports USB C (DisplayPort, Power Delivery), dont un compatible Thunderbolt 4 (et FreeSync), ainsi qu’un emplacement microSD et la prise jack casque / micro.

Le tout est complété par les technologies Wi-Fi 6E et Bluetooth 5.4.
Enfin, deux touches de réglage du volume des haut-parleurs sont également présentes, aux côtés du bouton marche / arrêt, qui fait également office de lecteur d’empreintes digitales, qui – malgré ses dimensions réduites – reconnaît rapidement et efficacement l’index de l’utilisateur.

Contrôles
A l’instar de n’importe quelle manette de jeu, la ROG Xbox Ally X20 se manipule à l’aide de deux joysticks TMR, parfaitement réactifs. Ces derniers sont mis en valeur par des effets lumineux, configurables par l’intermédiaire de l’application Armoury Crate (couleur statique, pulsation, cycle de couleurs, etc.).
On retrouve également le bouton Xbox, qui procure un accès rapide à la barre de jeux Xbox. Il permet aussi de passer sur l’une des applications ouvertes en arrière plan, suite à une pression longue.

Les traditionnelles touches A, B, X et Y sont aussi de la partie, tout comme la roue multidirectionnelle (D-Pad). Celle-ci a désormais une particularité : une manipulation très simple permet de la configurer de façon à ce qu’elle puisse déplacer un objet dans 4 ou 8 directions.
Et, pour mitrailler ou taillader ses adversaires, la console est équipée de deux gâchettes supérieures, et deux autres, situées juste en dessous. De plus, au dos de la ROG Xbox Ally X20, figurent les deux derniers boutons, qui peuvent déclencher des macros.

Enfin, comme nous l’avons déjà indiqué, quatre touches dorées sont placées de part et d’autre de l’écran :
- Centre de commande : accès rapide aux principaux réglages (mode de fonctionnement, luminosité de l’affichage, etc.) et lancement de l’application Asus Armoury Crate, par l’intermédiaire de laquelle on accède à encore plus de paramètres.
- Bouton de vue : accès à certains écrans dans les jeux (la carte dans Diablo IV par exemple).
- Bouton d’action : capture d’écran ou capture vidéo
- Bouton Menu : comme le bouton de vue (fenêtre du personnage dans Diablo IV).
Interface
La console Asus ROG Xbox Ally X20 fonctionne sous Windows 11. Malgré la petite taille de l’écran, l’utilisation du système d’exploitation est facilité par la dalle tactile. On peut aussi – bien sur – connecter une souris Bluetooth pour rendre certaines opérations plus intuitives.

A tout moment, les utilisateurs allergiques au système d’exploitation de Microsoft peuvent basculer en mode Xbox, en appuyant sur le X vert, situé à côté du joystick gauche. On dispose alors d’une interface simplifiée, ou tous les jeux que l’on a pu installer, depuis les différentes plateformes, sont répertoriés :
- Steam
- Epic Games Store
- Battle.net
- Xbox
Et pour utiliser directement cette dernière, deux mois d’abonnement au Xbox Game Pass Premium sont offerts pour l’achat de la console (ensuite, son prix est de 13 € par mois).

Bon point, un panneau s’affiche à chaque installation, indiquant le niveau de compatibilité du jeu avec le mode console. Si, lors de nos tests, nous n’avons que très rarement été confrontés à quelques soucis pour accéder à certaines fonctions, l’utilisation des commandes de la console ne pose pas de problème la plupart du temps. Il faut juste un peu de temps, aux joueurs habitués au clavier et à la souris, pour acquérir de nouveaux automatismes.
Par exemple, toutes les actions possibles dans WoW Forever se retrouvent assez facilement, grâce à une interface parfaitement adaptée aux joysticks et aux boutons de la console.
Performances
Les performances de la ROG Xbox Ally X20 sont assurées par le processeur AMD Ryzen AI Z2 Extreme (8 cœurs / 16 threads, cadencés à 5 GHz max). Pas de changement donc depuis le précédent modèle. D’autre part, elle intègre toujours 24 Go de mémoire et un SSD de 1 To.
Pas de problème pour installer et faire fonctionner – dans de très bonnes conditions – de nombreux jeux AAA, visuellement très riches et complexes.
Par exemple, les animations de Cyberpunk 2077 sont d’une grande fluidité. Malgré un niveau de détail élevé, le framerate peut atteindre 70 images par seconde, en moyenne, si on active la génération d’images (AMD FSR). Bien sur, si on active le Ray Tracing on repasse sous la barre des 30 images par seconde.
Avec le jeu Black Myth Wukong, les réglages par défaut (niveau graphique Moyen, avec génération d’images) permettent de bénéficier d’animations très fluides, comportant 63 images par seconde en moyenne. Et il suffit de baisser légèrement la qualité graphique (le jeu est suffisamment beau pour que cela ne soit pas dramatique), pour atteindre 79 images par seconde.

Enfin, avec des jeux aux graphismes un peu moins lourds, comme Fortnite, la réactivité s’avère optimale (jusqu’à 120 images par seconde), ce qui permet de mettre toutes les chances de victoire de son côté.
Le plaisir visuel est complété par de bonnes sensations audio. En effet, les deux haut-parleurs délivrent un son de bonne qualité, avec un volume maximal assez élevé, et une spatialisation satisfaisante. Ainsi, on apprécie les ambiances forestières subtiles de Black Myth Wukong. Malgré l’utilisation du mode Turbo de la console, qui permet au processeur AMD de fonctionner avec une puissance maximale de 35 W, le bruit de la ventilation passe facilement inaperçu.

Endurance
A l’instar de la ROG Xbox Ally X, la batterie de la ROG Xbox Ally X20 a une capacité de 80 Wh. Et, comme le modèle de l’année dernière, elle permet d’assurer des séances de jeu assez longues.
Par exemple, nous avons joué à la bêta de WoW Forever pendant une heure, ce qui a fait baisser le niveau de la batterie de 30 %. La luminosité de l’affichage avait été ajustée à 250 nits (largement suffisante lorsqu’on joue chez soi) et la console fonctionnait en mode Performances.

Emportés par notre élan, nous avons poursuivi notre investigation pendant une autre heure, au terme de laquelle la batterie affichait encore un niveau de charge de 35 %. L’autonomie totale est donc d’environ 3 heures.
Si on décide de pousser la luminosité à fond (ce qui n’est pas vraiment utile en intérieur) et de passer en mode de fonctionnement Turbo (qui est a réserver aux jeux extrêmement exigeants), la même heure de jeu fait baisser cette fois la charge de la batterie de presque 50 %.
Notre avis
Si on fait un bilan rapide, on peut affirmer que la console Asus ROG Xbox Ally X20 aligne les points forts. Son affichage OLED fait un grand bond qualitatif par rapport au précédent modèle; ses performances sont (toujours) au rendez-vous; son endurance est assez grande; sa qualité audio est convaincante; et son ergonomie s’avère satisfaisante (même si la démultiplication des commandes peut déboussoler au début). Pour ne rien gâcher, elle bénéficie d’un nouveau design, plutôt séduisant, et sa double interface (Xbox et Windows) permet à chacun de trouver un environnement logiciel adapté à ses goûts.

Reste à chacun de juger si le jeu en vaut la chandelle, tant l’écart de prix de la console avec la ROG Xbox Ally X est considérable, alors que cette dernière bénéficie d’un équipement comparable et d’un écran LCD plutôt performant.
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