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Sacrilège ? Cette start-up américaine développe un beurre… synthétique !

On a envie de crier au scandale, mais c’est pour la bonne cause.

Fabriquer du beurre synthétique à partir d’air et d’eau, c’est le pari que s’est lancé la start-up Savor. Si le concept n’aiguise pas les papilles gustatives de prime abord, il a été validé par Bill Gates lui-même.

Le processus de Savor qui ne produit aucun gaz à effet de serre

Fondée en 2021, Savor a pour objectif de produire des graisses et des huiles de qualité, saines et abordables et surtout, sans impact négatif sur le climat. Elle s’est tout d’abord concentrée sur le beurre, un choix qui n’a rien d’anodin. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’industrie de l’élevage, qui englobe toutes les exploitations agricoles de produits laitiers et de viande, représente 14,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Pour créer ses produits synthétiques, la start-up est partie du constat que toutes les graisses sont constituées de différentes chaînes d’atomes de carbone et d’hydrogène. Ses équipes ont ensuite exploité un processus thermochimique ne produisant aucun gaz à effet de serre, qui consiste à prélever du dioxyde de carbone dans l’air et de l’hydrogène dans l’eau.

Ils sont ensuite chauffés et oxydés, ce qui entraîne la séparation des acides gras puis la formation des graisses, comme celles que l’on trouve dans le lait, le fromage, le bœuf et les huiles végétales. Cette technique a permis à Savor de concevoir une alternative au beurre sans aucune exploitation animale.

Selon Bill Gates, qui soutient financièrement la start-up, le goût de ce produit est exactement pareil à celui du beurre classique. « J’ai goûté les produits Savor et je n’arrivais pas à croire que je ne mangeais pas du vrai beurre », assure-t-il dans un billet de blog.

Une industrie qui peine à décoller

De plus en plus d’entreprises proposent des aliments artificiels. Malheureusement, le succès peine à être au rendez-vous, comme en témoignent les difficultés rencontrées par Beyond Meat. La société s’est récemment retrouvée dans une situation critique. Outre une faible demande, le prix de conception de telles solutions est particulièrement élevé.

« Le grand défi consiste à faire baisser les prix pour que des produits comme ceux de Savor deviennent accessibles au plus grand nombre, soit au même prix que les graisses animales, soit à un prix inférieur. Savor a de bonnes chances de réussir, car les étapes clés de son processus de production de graisse fonctionnent déjà dans d’autres industries », explique Bill Gates.

Selon le milliardaire, les initiatives comme celles de Savor s’avèrent essentielles pour réduire l’empreinte carbone de l’alimentation. Outre les produits laitiers et la viande, la production d’huile est, elle aussi, désastreuse pour l’environnement. Le processus mis en place par la start-up permet aussi de tacler ce problème.

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1 commentaire
1 commentaire
  1. Si Bill Gates est derrière, il ne va donc pas dire de mauvaise chose sur son business, cela va de soi.
    Après il n’y a pas que le goût et le prix qui soit important pour un aliment, c’est aussi ses apports nutritionnels, et on n’en sait rien par rapport au vrai beurre.
    Donc le chemin est encore très lointain pour envisager la sortie du tunnel même si Bill Gates est derrière pour ce beurre synthétique.

Les commentaires sont fermés.