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“Soudain, il s’est mis à parler” : cet implant cérébral a rendu la parole à un homme muet

Longtemps réservés à la science-fiction les implants cérébraux arrivent dans nos vies, et les transforment.

Une étude, publiée au début du mois de juin dans la revue nature, démontre une nouvelle fois les folles capacités des implants cerveaux-machines. Des scientifiques de l’université de Californie ont réussi à mettre au point un implant, capable de décrypter les pensées d’une personne. Atteint de SLA (sclérose latérale amyotrophique), le patient a réussi à « parler » avec sa famille et les scientifiques.

Dans l’article, Sergey Stavisky, auteur principal de cette étude, explique que son interface cerveau-ordinateur a été capable de « traduire l’activité neuronale de façon instantanée. » C’est cette gestion des informations en temps réel qui rend si fier le scientifique.

Un cas, loin d’être unique

Car aussi fou que cela puisse paraître, cette étude n’est pas la première à rendre la parole à un homme muet. Plusieurs cas à travers le monde ont déjà été documentés, dont un dès 2021. Dans un premier temps les scientifiques parvenaient à transformer l’activité neuronale pour en faire un texte, puis ils l’ont oralisé.

De nombreuses entreprises dans le “medtech” (les nouvelles technologies médicales) misent sur des implants cérébraux pour redonner des sens et des capacités à des personnes les ayant perdus. La plus connue aux yeux du grand public, c’est sans contestation possible Neuralink.

Aujourd’hui cette synthèse vocale instantanée permet aux utilisateurs « d’interrompre une conversation » et d’être extrêmement réactifs lors d’une discussion. Un vrai changement qui réduit encore davantage l’isolement de ces personnes.

Une question de microns

Pour arriver à un tel résultat, les scientifiques avaient besoin de trois choses. La première, c’était un patient muet, mais dont les capacités cérébrales étaient toujours intactes. Il peut intellectuellement parler, mais son corps ne lui permet plus.

Dans un deuxième temps les scientifiques devaient mettre au point une interface cerveau-ordinateur capable de comprendre les signaux électriques venant du cortex du patient. Il fallait réduire les risques de faux positifs et réussir à correctement traduire ces signaux.

La dernière étape, de loin la plus complexe, était d’aller collecter ces données. Pour cela, il n’existe pas de solutions « à distance », la chirurgie est donc la seule voie possible. Les scientifiques ont donc ouvert le cerveau de leur patient pour y implanter 4 électrodes. Elles devaient être placées dans la zone responsable du langage. La moindre erreur de positionnement, même de quelques centièmes de millimètres, pouvait avoir des conséquences irréversibles.

Donner du ton à la parole

Une fois ces trois étapes passées, les scientifiques devaient maintenant affronter un dernier défi. Ils devaient comprendre quand et comment leur patient essaye de parler. Avec leur interface ils ne voulaient pas seulement redonner la parole à une personne, mais lui permettre de s’exprimer, pleinement.

L’interface a donc été modifiée pour prendre en compte deux caractéristiques essentielles de notre langage : le débit de parole, ainsi que le ton de la voix. Dès le réveil du patient après son opération, ces deux systèmes ont parfaitement fonctionné. Il a réussi à parler, mais aussi chanter, crier et suivre un rythme précis. Une véritable révolution dans sa vie, qui pourrait amener à d’autres cas similaires dans le futur.

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