C’est fait. Après plus de 12 mois de négociations avec ses créanciers, Patrick Drahi vient de trouver un accord pour réduire la dette d’Altice de 24 milliards d’euros. Cela aura probablement des répercussions directes sur l’opérateur SFR. Explications.
Un accord sur la dette
Comme le rapporte Le Parisien, les 17 fonds d’investissement ont accepté de réduire l’endettement de 8,6 milliards d’euros, ce qui ramène la dette du groupe Altice à 15,5 milliards d’euros. Les créanciers vont ainsi récupérer 45 % du capital possédé par l’entrepreneur français. Mais ce dernier parvient tout de même à conserver le contrôle du groupe.
La nouvelle donne le sourire du côté de SFR. L’opérateur va en effet voir sa dette ramenée à quatre fois ses profits Ebitda contre six fois auparavant. Cité par notre consœur, un observateur avisé du dossier souligne : « SFR va redevenir une entreprise normale, estime-t-il. Elle va pouvoir se refinancer sur les marchés. »
Reste à savoir quelle sera la stratégie mise en place par la marque au carré rouge pour se relance dans l’Hexagone. L’entreprise compte certes 18,2 millions de clients en cumulé d’après les derniers chiffres connus, mais 2 millions d’utilisateurs sont déjà passés à la concurrence ces derniers temps, si bien qu’il y a urgence.
D’après les informations des Échos, le PDG de SFR, Mathieu Cocq, a distribué un fascicule rouge en interne dénommé « Imagine SFR ». Il présente cinq valeurs majeures : collaboration, audace, engagement, excellence et obsession du client.
SFR à l’heure du choix
Interrogé par le journal économique, Sylvain Chevallier, associé chez BearingPoint, estime que ces valeurs sont déjà largement partagées par la concurrence. Il ajoute : « Non, l’enjeu pour SFR est surtout de réussir à trouver sa place dans un marché des télécoms à quatre, taillé pour trois. Entre Orange sur le premium, Free sur l’innovation et Bouygues Telecom sur le bon plan, la voie est très étroite. Et quand bien même SFR se relancerait, ce serait un autre opérateur qui en souffrirait. »
Selon un autre analyste, l’opérateur devra donc choisir entre deux stratégies courantes en matière commerciale : la fidélisation de la clientèle ou l’acquisition d’utilisateurs. Aucune d’entre elle n’est indolore, et offrir des services pour garder ses clients peut parfois coûter aussi cher que de proposer des prix avantageux pour en séduire de nouveaux.
Ce qu’il faut retenir :
- Patrick Drahi a trouvé un accord avec les créanciers d’Altice. Il conserve le contrôle sur le groupe
- C’est un bol d’air pour SFR
- L’opérateur cherche justement à se relancer
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.