La Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a annoncé samedi 1er novembre avoir saisi le procureur de la République après avoir constaté la vente de poupées sexuelles à caractère pédopornographique sur Shein. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, menace d’interdire la plateforme chinoise. AliExpress et aussi concerné. Temu et Wish ont été épinglés pour d’autres raisons, liés à un accès « sans filtrage » à du contenu pornographique.
Des produits « difficilement compatibles avec la loi »
Les équipes de la Répression des fraudes ont ainsi observé la présence de poupées sexuelles à apparence enfantine, dont la description et la catégorisation « permettent difficilement de douter du caractère pédopornographique des contenus », font-elles savoir dans un communiqué. Ces produits, mesurant environ 80 centimètres, étaient accompagnés de descriptions à connotation sexuelle.
L’administration a immédiatement signalé les faits au procureur de la République et saisi l’Arcom, régulateur du numérique. Shein, contactée par la presse, a assuré avoir retiré sans délai les articles concernés et lancé une enquête interne pour comprendre comment ces annonces ont pu échapper à ses filtres.
« Les produits en question ont été immédiatement supprimés dès que nous en avons eu connaissance », a déclaré l’entreprise, affirmant « prendre cette affaire extrêmement au sérieux ». Une enquête judiciaire est désormais ouverte, a confirmé le ministère de l’Économie.
"Si ces comportements sont répétés, je demanderais qu'on interdise l'accès de la plateforme Shein au marché français"
Roland Lescure, ministre de l’Économie, adresse le cas de la vente de poupées sexuelles à l'effigie d'enfants sur la plateforme chinoise pic.twitter.com/SMQ9LxLY2T
— BFMTV (@BFMTV) November 3, 2025
AliExpress, Temu et Wish aussi signalés
Repéré par RMC, AliExpress a également été signalé par la DGCCRF au parquet de Paris, pour avoir commercialisé des poupées aux traits d’enfants, vendus comme objets sexuels. Temu et Wish ont quant à eux été mentionnés pour la diffusion de contenu à caractère pornographique « sans filtrage pour limiter l’accès aux mineurs », rapporte là aussi Le Parisien, qui confirmait que les trois plates-formes ont été contactées par la répression des fraudes pour se mettre en conformité avec le droit français.
L’exécutif hausse le ton
Invité chez BFMTV, Roland Lescure n’a pas mâché ses mots. Selon le ministre, Shein a « dépassé les bornes ». « Si ces comportements sont répétés, nous serons en droit, et je le demanderai, qu’on interdise l’accès de la plateforme Shein au marché français », a-t-il prévenu. Il a en outre rappelé que « ces objets horribles sont illégaux » et que la loi permet au gouvernement d’agir si les contenus ne sont pas retirés sous 24 heures.
De son côté, la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El-Haïry, a annoncé sur RTL qu’elle convoquerait prochainement l’ensemble des grandes plateformes d’e-commerce. « Je veux comprendre qui a autorisé la vente de ces objets, quels sont les processus mis en place, et qui sont les fournisseurs, parce qu’il y a bien des gens qui produisent ces poupées absolument ignobles », a-t-elle déclaré.
Cette nouvelle affaire tombe particulièrement mal pour Shein, qui s’apprête à ouvrir cette semaine son premier magasin physique mondial au BHV Marais, à Paris. Une inauguration déjà très controversée. Le groupe, déjà condamné à plusieurs reprises en 2025 en France, pour un total de 191 millions d’euros d’amende, continue pourtant d’afficher une croissance fulgurante.
- La DGCCRF a signalé à la justice la vente de poupées sexuelles à apparence enfantine sur le site de Shein.
- Le gouvernement menace d’interdire la plateforme en France si les faits se répètent.
- Une enquête judiciaire est ouverte, alors que Shein s’apprête à ouvrir son premier magasin au BHV Marais.
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