C’était il y a quelques jours à peine, la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) infligeait une amende de 40 millions d’euros à Shein pour pratiques commerciales trompeuses. Entre le 1er octobre 2022 et le 31 août 2023, ses enquêteurs avaient analysé les prix de milliers de produits commercialisés sur le site fr.shein.com, et il avait alors été conclu que Shein ne respectait pas les règles encadrant les réductions. Récemment, c’est la Cnil qui a requis 150 millions d’euros d’amende contre le géant chinois.
Mise à jour 15 juillet 2025 : Par le biais d’un porte-parole, Shein a tenu à apporter la précision suivante suite à la publication de cet article : “Shein réaffirme son engagement en faveur de la transparence et du dialogue constructif avec l’ensemble des autorités de régulation. Depuis août 2023, nous collaborons activement avec la CNIL pour garantir notre conformité et répondre à ses interrogations. L’audience restreinte de ce jour constitue une étape dans ce processus continu. Nous restons convaincus que cette collaboration permettra de renforcer durablement la confiance de nos parties prenantes et des régulateurs.”
150 millions d’euros d’amende requis par la Cnil à l’encontre de Shein
Le rapporteur pointe du doigt le spécialiste de la “fast fashion” pour « plusieurs manquements à ses obligations prévues par la loi » en ce qui concerne l’usage des cookies. On parle bien ici de ces fichiers numériques qui servent à suivre l’activité en ligne des utilisateurs afin de leur afficher des publicités personnalisées. En cause : le recueil du « consentement des internautes » et le respect effectif de ce choix.
Lors d’un contrôle effectué durant l’été 2023, la Cnil a notamment pu constater que : “le mécanisme de refus des cookies était défaillant. Lorsque les utilisateurs refusaient les cookies, les cookies soumis à consentement continuaient d’être lus.”

Une négligence grave de la part de la société qui a pourtant (très largement) les moyens de se mettre en conformité. La plateforme implantait des dizaines de traceurs sur les appareils des utilisateurs, et ce, avant même l’apparition du traditionnel bandeau de consentement. Des pratiques pour le moins intrusives, qui vont évidemment à l’encontre des règles européennes en ce qui concerne la protection des données.
Bien qu’il ait initialement évoqué des mesures plus strictes, le rapporteur indique finalement ne pas réclamer « d’astreinte de 100 000 euros par jour », Shein s’étant, selon lui, « récemment » mis en conformité. De son côté, Sonia Cissé, avocate de Shein, a déploré un montant “parfaitement disproportionné“.
Reste à savoir quelle sera la délibération finale de la Cnil, laquelle doit être rendue dans les prochaines semaines. Rappelons que la plateforme chinoise Shein enregistre une audience d’environ 12 millions de visiteurs uniques par mois en France. En 2024, Shein, Temu et Amazon avaient généré pas moins de 2,2 milliards d’euros de ventes en France.
Un succès tel que les services chinois Shein et Temu représentaient 22% des paquets traités par La Poste l’an dernier.
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