Ces dernières semaines au Royaume-Uni, le débat autour d’un texte de régulation de l’intelligence artificielle fait rage. Alors que le gouvernement tente de faire adopter une loi assez peu restrictive qui arrangerait les entreprises du secteur, certains parlementaires poussent plutôt en vue d’une législation protectrice du droit d’auteur, notamment pour les artistes.
« C’est invraisemblable »
C’est dans ce contexte que Nick Clegg, ancien vice-premier ministre britannique et ex dirigeant de Meta, a pris position. Cité par le quotidien The Times, il a d’ailleurs un avis très tranché à ce sujet : « Je pense que la communauté créative souhaite aller plus loin. De nombreuses voix s’élèvent pour dire : “Vous ne pouvez vous entraîner sur mon contenu que si vous le demandez d’abord”. Et je dois dire que cela me paraît quelque peu invraisemblable, car ces systèmes s’entraînent sur d’énormes quantités de données. »
Il ajoute :
Je ne vois vraiment pas comment on peut s’y prendre pour demander à tout le monde d’abord. Je ne vois tout simplement pas comment cela fonctionnerait. Et d’ailleurs, si on le faisait en Grande-Bretagne et que personne d’autre ne le faisait, on tuerait l’industrie de l’IA dans ce pays du jour au lendemain.
Le message est passé, mais il est loin de faire l’unanimité outre-Manche. Un amendement au projet de loi visant justement à obliger les entreprises technologiques à divulguer les œuvres protégées par le droit d’auteur utilisées pour entraîner leurs modèles d’IA a ainsi été soumis au vote et il n’a pas été adopté. Ce dernier était d’ailleurs soutenu par des stars de renom, comme Dua Lipa et Elton John.
Un problème majeur pour l’IA
Dans un courrier signé par ces deux célébrités et de nombreux autres adressé au Premier ministre, Keir Starmer, on pouvait lire : « Le droit d’auteur créatif est l’élément vital des industries créatives. Il reconnaît l’autorité morale que nous avons sur notre travail et fournit une source de revenus à 2,4 millions de personnes dans les quatre nations du Royaume-Uni ». De son côté, le gouvernement défend sa position ainsi : « L’économie britannique a besoin des secteurs [de l’IA et de la création] pour réussir et prospérer ».
Au delà du cas britannique, c’est l’ensemble de l’industrie de l’IA qui est concernée. Après avoir siphonné sans ménagement de nombreuses données sans rien demander à personne pour développeur leurs modèles, certaines sociétés craignent aujourd’hui de devoir rendre des comptes en payant des droits d’auteurs sur toute la planète.
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