Dans une vidéo publiée mardi, Mark Zuckerberg annonce une série de changements radicaux qui s’appliqueront à la modération des contenus sur les plateformes Facebook, Instagram et Threads. En substance, si ces dernières années, le groupe Meta a enchaîné les mesures visant à contrôler le contenu posté sur ces plateformes, à partir de maintenant, celui-ci va emprunter le chemin inverse afin de restaurer la liberté d’expression.
“Ces dernières années, nous avons développé des systèmes de plus en plus complexes pour gérer le contenu de nos plateformes, en partie en réponse à la pression sociétale et politique pour modérer le contenu. Cette approche est allée trop loin”, explique Joel Kaplan, responsable des affaires mondiales de Meta. Selon lui, le système de modération de Meta a produit trop d’erreurs, et s’est opposé à la liberté d’expression. “Trop de contenus inoffensifs sont censurés, trop de personnes se retrouvent enfermées à tort dans la “prison de Facebook”, et nous sommes souvent trop lents à réagir lorsque cela se produit”, a-t-il indiqué.
Dans sa vidéo, Mark Zuckerberg indique également que les récentes élections suggèrent qu’on est sur “un point de bascule culturel” vers un renouveau de la priorité à la liberté d’expression. Parmi les changements annoncés par le groupe Meta, il y a la fin du programme de fact-checking, moins d’interventions du réseau social (sauf pour les violations graves), ou encore le déplacement des équipes de modération de la Californie vers le Texas.
Meta s’inspire des Notes de la Communauté de X
L’une des mesures phares annoncées par Meta est la fin de son programme de fact-checking ou de vérification des faits aux États-Unis (pour le moment). Pour rappel, ce programme a été créé pour lutter contre la désinformation sur Facebook et s’appuie sur des avis d’experts. Mais le problème, selon Meta, est que ces experts ont leurs propres biais et leurs propres points de vue. Au lieu de s’appuyer sur les vérificateurs de faits, le groupe s’inspire donc du système appelé Note de la communauté utilisé par le réseau social X d’Elon Musk.
“Nous avons vu cette approche fonctionner sur X – où ils donnent à leur communauté le pouvoir de décider quand les messages sont potentiellement trompeurs et nécessitent plus de contexte, et où les gens à travers un large éventail de perspectives décident quel type de contexte est utile pour les autres utilisateurs”, indique Joel Kaplan. Ce nouveau système commencera à apparaître aux États-Unis dans les prochains mois.
Moins d’interventions
Meta compte également réduire les interventions de son système de modération. Celui-ci met fin à certaines restrictions qui touchent les sujets, tels que l’immigration et le genre. “Il n’est pas normal que des choses puissent être dites à la télévision ou au Congrès, mais pas sur nos plateformes”, indique le groupe. D’autre part, si les systèmes automatisés de Meta continuent de détecter les violations graves de son règlement, ainsi que les publications illégales, le groupe s’appuiera désormais sur les signalements pour les “violations moins graves” de sa politique. L’objectif annoncé est de réduire le nombre de publications qui sont censurées par ces systèmes automatisés par erreur.
“Nous rétrogradons également trop de contenus dont nos systèmes prévoient qu’ils pourraient enfreindre nos normes. Nous sommes en train de nous débarrasser de la plupart de ces rétrogradations et d’exiger une plus grande confiance dans la violation du contenu pour les autres”, lit-on aussi dans la publication. Par ailleurs, Meta annonce le déménagement de son équipe de modération américaine de la Californie vers le Texas.
Plus de contenus politiques
Meta va aussi faire machine arrière concernant les contenus politiques. Ces dernières années, le groupe a réduit la visibilité de ce type de contenu sur ses plateformes. Mais désormais, Meta utilisera une approche plus personnalisée, afin de permettre aux utilisateurs qui souhaitent voir plus de contenus politiques d’en voir plus.
Dans sa vidéo, Mark Zuckerberg indique que Meta va travailler avec l’administration Trump pour résister aux gouvernements étrangers qui poussent les sociétés américaines à “censurer plus”. Concernant l’UE, le patron de Meta ne mâche pas ses mots, accusant celle-ci d’institutionnaliser la censure à travers ses lois, et de rendre l’innovation difficile.
Avant l’annonce de ces mesures, Meta a remplacé son ancien responsable des affaires mondiales, Nick Clegg, par Joel Kaplan. Ce dernier est un républicain qui a fait partie du staff de George Bush à la Maison-Blanche. Récemment, Meta a également désigné trois nouveaux membres de son conseil d’administration, dont Dana White, président et directeur général de l’Ultimate Fighting Championship (UFC). Selon Associated Press, il s’agit d’une figure familière de l’orbite de Trump.
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