C’est un vrai risque sanitaire pour les consommateurs. Dans son dernier rapport, l’agence européenne des produits chimiques (ECHA) tire la sonnette d’alarme sur la présence de produits toxiques dans nos appareils électroniques.
Selon ses conclusions, 52% des jouets électroniques, chargeurs et écouteurs seraient dangereux. Pour cause, ils contiennent tous des taux trop élevés de cadmium, plomb et phtalates. Un contact prolongé avec ces trois matériaux peut avoir de graves conséquences sur notre santé. Le plomb est ainsi responsable de 5 millions de morts par an sur Terre.
En ce qui concerne le cadmium, l’OMS juge qu’il “aide” au développement de certaines formes du cancer du pancréas. Enfin, les phtalates sont des perturbateurs endocriniens. Ils jouent un rôle clair dans la dégradation des cycles menstruels, l’apparition de l’infertilité ou le développement de cancer sur le long terme.
Où se trouvent ces trois matériaux ?
Dans son rapport, l’ECHA estime que les produits électroniques sont la première source de danger. Le plomb est notamment utilisé pour certaines soudures. Le cadmium est de son côté un très bon allié pour fabriquer des circuits imprimés à moindre coût.
Enfin, les phtalates sont utilisés dans le plastique pour rendre ce dernier plus souple. Ils sont également très répandus dans le monde des cosmétiques pour faciliter l’application de certaines poudres. Malgré les risques sanitaires clairs, ces trois produits sont encore très utilisés dans l’industrie.
L’origine du produit, un bon indicateur
Dans son rapport, l’agence européenne des produits chimiques met en avant un point, la grande majorité des produits “défectueux” proviennent d’usines asiatiques et spécifiquement chinoises. Les règles de production étant beaucoup plus souples dans ces pays, les fabricants n’hésitent pas à transgresser quelques règles européennes pour maximiser leur profit.
Ainsi, sur les 2400 objets contrôlés par l’ECHA, 22% des articles défaillants proviennent de Chine. Seuls 8% des produits présentant des taux trop élevés ont été conçus en Europe. Si l’origine de fabrication d’un produit ne signifie pas qu’il est dangereux ou non, miser sur une production européenne peut être une bonne manière de limiter les risques.
Il est très difficile de savoir si un objet électronique contient des métaux dangereux. À moins de l’amener dans un laboratoire pour un examen approfondi, un consommateur lambda doit faire confiance aux fabricants et aux instances de contrôle. Ces dernières sont d’ailleurs très strictes et réactives en Europe.
L’Europe ne reste pas sans rien faire
À la suite de son enquête, l’ECHA a réussi à faire retirer 85% des produits incriminés du commerce. Il était cependant beaucoup plus dur de s’en prendre aux entreprises qui sont à l’origine de ces produits. 18% d’entre elles ont reçu une amende tandis que 13% des dossiers en cours d’étude ont débouché sur une plainte ou une enquête européenne.
Finalement, si les produits dangereux sont en grande majorité repoussés aux frontières, les usines à l’origine de leur fabrication continue de prendre des risques, elles qui ne voient jamais les répercussions de leurs actes.
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