Alors que la période estivale bat son plein, les membres du conseil d’administration d’EasyJet vont avoir l’esprit plus clair ces prochains jours. La société d’investissement américaine Castlelake n’a pas souhaité faire d’offre ferme pour s’aligner avec le fonds Apollo. Seul ce dernier se retrouve prétendant pour racheter la compagnie aérienne britannique.
Au mois de juillet dernier, Castlelake était encore au centre des discussions, puisque c’est lui qui menait, depuis plusieurs semaines, une campagne de séduction pour racheter la compagnie. Spécialisé en tant que bailleur d’avions et au financement des compagnies aériennes, la société américaine avait proposé une offre qui avait abouti à un accord de principe.
Si le marché avait particulièrement bien accueilli cette nouvelle (l’action d’EasyJet avait bondi de 10 % à Londres), les actionnaires ont dû tourner la tête pour voir arriver le fonds d’investissement Apollo, avec une offre encore plus alléchante. Ce deuxième acquéreur potentiel avait obtenu lui aussi un accord de principe avec une offre surprise à 7,15 litres par action, contre 6,90 litres par action pour Castlelake.
Avec cette offre de rachat d’Apollo, EasyJet est valorisée à 5,7 milliards de livres, soit 6,7 milliards de dollars.
Le conseil d’administration de la compagnie aérienne avait « a conclu à l’unanimité que les termes financiers » de l’offre d’Apollo étaient « à un niveau tel » qu’il « serait disposé à la recommander aux actionnaires » à condition qu’une offre ferme soit déposée avant le 7 août. Dans le même temps, le conseil d’administration d’EasyJet avait demandé à Castlelake de faire de même, ce que la société a choisi de ne pas faire, vaincu par le dossier d’Apollo.
EasyJet en difficulté, Apollo “croit en sa stratégie actuelle”
Par le passé, Castlelake avait réalisé quatre offres à EasyJet, et toutes ont été refusées par le conseil d’administration. Cette dernière et cinquième, qui a débouché sur un accord de principe, lui avait permis d’accéder à des « informations commerciales limitées » sur la compagnie, afin de peaufiner son offre ferme. À ce moment, Castlelake sortait d’une campagne de séduction basée sur la fragilité de la compagnie à cause de la guerre en Iran et de l’augmentation du prix du pétrole.
Il faut dire qu’au mois de mai, EasyJet avait publié une perte très lourde sur un an, pour son exercice du premier semestre (exercice décalé). La compagnie low-cost avait prévenu que le second semestre serait lui aussi impacté. Dans un communiqué, Apollo a tenu à conforter le conseil d’administration sur sa même vision du futur de la compagnie :
« Apollo croit en la stratégie actuelle d’EasyJet visant à faire évoluer et à renforcer le modèle de compagnie à bas coûts, notamment par l’augmentation de la capacité de la flotte, l’amélioration de l’offre de services annexes et de fidélisation, et le développement de Holidays en une source de revenus structurellement différenciée », est-il expliqué dans le communiqué.
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