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Sideloading sur iPhone : Apple justifie pourquoi le reste du monde n’y a pas droit

Apple souligne sur son site que le DMA introduit sur les iPhone d’europe de nouveaux risques sécuritaires en guise de justification.

Il y a quelque chose d’amusant à comparer l’impact de nouvelles règles en Europe sur les entreprises américaines, en fonction de ce qu’elles s’appliquent à réguler – surtout chez un constructeur comme Apple, historiquement partisan d’une stratégie d’écosystème fermé, dont il contrôle tous les aspects. Lorsque l’Europe a imposé à tous les fabricants de smartphone d’abandonner tout port propriétaire au profit de ports USB type C, on a bien sûr vu la firme tordre le nez à maintes reprises.

Pourtant, lorsque le fameux port universel est arrivé sur les iPhone 15, Apple n’a pas cherché à continuer à vendre des iPhone 15 avec port Lightning dans le reste du monde : tous les iPhone embarquent désormais le fameux port universel – ce que Apple s’est d’ailleurs soudain mis à présenter comme un progrès pour les clients. Les ports Lightning, que Apple continue de proposer dans d’autres produits, continuent d’exister. Mieux : utiliser un tel port dans un produit tiers ou fabriquer des câbles Lightning implique le paiement d’une redevance à Apple – qui devrait donc continuer de générer de l’argent avec cette technologie.

Apple est forcé de plier face à l’Europe, mais souligne que c’est un recul pour la sécurité

En revanche pour ce qui concerne le DMA, le texte de loi qui vient de forcer Apple à un peu ouvrir son écosystème applicatif, la firme a plutôt décidé de restreindre ce new deal à l’espace européen – dans lequel l’entreprise n’a en réalité pas d’autre choix si elle veut continuer à vendre des iPhone aux quelques 450 millions d’habitants de la région. Il faut dire qu’en desserrant la mainmise de la pomme sur les développeurs d’applications, Apple risque de perdre, là encore, une partie de ses revenus.

Même si, comme on le constate en lisant attentivement les nouvelles règles, il sera en réalité assez difficile de ne rien payer du tout à la firme. Sur une page support du site développeurs, Apple justifie toutefois cette troublante différence en soulignant la “nouvelle complexité et les risques émergents que le DMA créé pour [ses] utilisateurs en Union européenne” :

“Nous limitons ces changements à l’Union européenne, car nous sommes préoccupés par leurs impacts sur la confidentialité et la sécurité de l’expérience de nos utilisateurs, qui restent notre priorité numéro 1”, se défend Apple. Comprenez : proposer des entorses à la sécurité habituelle des iPhone est “ok” en Europe. Mais le reste du monde “a le droit” de continuer à bénéficier du monopole total de la firme sur les applications de la plateforme, car cela est présenté comme plus sécurisé.

Rappelons au passage que, même actuellement, la sécurité des iPhone est loin d’être infaillible. L’une des dernières illustrations en date est le fameux spyware produit par NSO Group – qui était jusqu’à il y a peu capable d’infecter des iPhone en 0-click, c’est-à-dire sans que l’utilisateur ne puisse s’en rendre compte. Le changement impliquera en fait surtout, à notre avis, la nécessité d’installer un antivirus mobile sur l’appareil, comme le font déjà de nombreux utilisateurs sur Android.

  • Apple ne proposera pas le sideloading d’applications dans d’autres régions que l’Europe.
  • La firme se justifie en s’appuyant sur la sécurité de la plateforme.
  • Un argument par ailleurs discutable…

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