- Le WiFi dans le train relève plus du mythe que d’une réalité
- La SNCF peine à proposer un service digne de ce nom à ses voyageurs
- En cause, des difficultés techniques pour assurer une stabilité du signal
« Le wifi dans le train, c’est juste une vaste blague ». Voilà ce que déclare Jérôme auprès de Ouest-France lorsqu’on l’interroge sur son expérience. Entre impossibilité à se connecter, coupures inopinées ou débit hyper faible, le WiFi dans le train relève plus du mythe qu’autre chose.
Mais pourquoi la SNCF ne parvient-elle pas à fournir un service suffisamment qualitatif alors que plus de 15 000 trains transportant 5 millions de voyageurs circulent chaque jour en France ? Parce qu’il est techniquement difficile et coûteux d’assurer un tel service explique à Ouest-France Emmanuel Lugagne Delpon, directeur technique des réseaux chez Orange.
Le WiFi dans le train : « une prouesse technique »
La SNCF le reconnaît elle-même : offrir un WiFi stable dans le train « relève d’une prouesse technique ». Emmanuel Lugagne Delpon le confirme : pour fournir une connexion WiFi, il faut installer des boîtiers captant le signal 4G dans tous les trains. Ils auront à charge de transformer ce signal en réseau WiFi avant de le diffuser aux voyageurs.
Encore faut-il capter la 4G. Pour cela, Orange a « installé tous les 3 km des antennes-relais » pour permettre « à la borne WiFi de la rame de basculer toutes les 30 secondes d’une antenne-relais à une autre sans coupure » explique Emmanuel Lugagne Delpon.
Chez Orange, ce dispositif est étendu à toutes les lignes TGV mais il couvre moins les Intercités et le service n’est plus assuré quand le TGV passe sous un tunnel ou se prolonge sur une ligne normale. Cela explique en partie les problèmes de stabilité. En partie…
Pourquoi le WiFi est si mauvais dans le train ?
Si la connexion WiFi est désastreuse dans le train, c’est parce que la stabilité du signal dépend de trop nombreux facteurs. D’abord l’encombrement : 800 voyageurs lancés à 300 km/h qui cherchent à se connecter en même temps, parfois pour regarder ou télécharger des films, ça pèse lourd sur le réseau. Alors forcément, ça sature et crée des instabilités. La SNCF invite donc les voyageurs à télécharger leurs vidéos avant de monter dans le train.
Quid des pannes ? Elles viennent d’un manque d’entretien du matériel roulant et d’un défaut de personnel explique un représentant du syndicat Sud-Rail. Ainsi, en cas de panne de WiFi, la réparation peut intervenir plusieurs jours plus tard. Tant pis pour les voyageurs.
Seule solution pour contourner ces problèmes ? Le réseau mobile. Mais là encore, tout n’est pas parfait. L’épaisseur de l’habitacle du TGV provoque un effet « Cage de Faraday ». Grosso modo, capter le signal des antennes-relais est difficile voire impossible.
Comment remédier à ces problèmes de connectivité ? Attendre le déploiement de la 5G qui devrait améliorer tout cela confie Emmanuel Lugagne Delpon, recruter et investir dans le matériel demande le représentant syndical Sud-Rail, ou se passer de connexion. Facile quand il s’agit de faire l’impasse sur un film. Plus difficile pour celles et ceux souhaitant travailler dans le train.
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Et sinon personne n’a pensé au courant porteur ? Vu que les trains sont alimentées par des lignes électriques, pourquoi ça ne marcherait pas ?
La connexion satellitaire, comme dans les avions ? Payante évidemment…