Oui les billets de train coûtent cher. Non, la SNCF n’est pas complètement responsable. Voilà ce qu’il faut retenir de la publication Instagram du député européen Pierre Larrouturou, connu pour son engagement sur le climat.
Dans son post, il fait référence à une récente étude publiée par Greenpeace qui révélait qu’en France, les billets de train sont en moyenne 2,6 fois plus chers que ceux de l’avion. Par exemple, le prix d’un billet d’avion Bordeaux-Strasbourg coûtait 83 euros, contre 186 euros pour le trajet en train, selon les tarifs relevés le 9 février 2024. Pourquoi de tels tarifs ?
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La France championne du péage
La réponse à cette interrogation réside dans la structure du coût d’un billet de train. En décomposant ce coût, nous découvrons que 30% seulement du billet revient à la SNCF, 10% correspond à la TVA, 20% couvre les frais d’électricité et, de manière plus surprenante, 40% sont attribués au péage ferroviaire. Ce dernier permet aux trains d’utiliser le réseau et constitue une part significative du prix final du billet.
Le coût élevé du péage ferroviaire en France est particulièrement frappant lorsqu’il est comparé à celui d’autres pays européens. En moyenne, le péage s’élève à 8,09 euros par kilomètre en France, contre seulement 2,77 euros en Italie et 1,45 euros en Suède. Cette différence notable s’explique par la manière dont les infrastructures ferroviaires sont financées en France : alors que les Etats européens ont choisi de mettre la main au portefeuille, le gouvernement français a opté pour un modèle où les voyageurs supportent ce coût.
Mais pas de l’écologie
Pour Pierre Larrouturou cette situation met en lumière un problème plus profond. D’après les chiffres d’Allianz pro Schiene, une organisation de défense du rail, la France est le pays d’Europe qui investit le moins dans son réseau ferroviaire, avec seulement 46 euros par habitant en 2022. En comparaison, l’Allemagne et les Pays-Bas (modèle européen du rail) investissent respectivement 114 euros et 575 euros par habitant.
Face à ces chiffres, la SNCF a lancé un appel à l’État pour un investissement massif de 100 milliards d’euros dans le rail d’ici 2040, soit environ 6 milliards d’euros par an, afin de promouvoir une mobilité plus verte. Or, le budget de 2024 ne prévoit même pas 0,3 milliard d’euros d’investissement dans le train, révélant un manque d’engagement criant pour l’amélioration du réseau ferroviaire français.
Cette situation tarifaire et d’investissement pose non seulement un problème d’accessibilité au transport ferroviaire pour les citoyens français mais soulève également des questions quant à la volonté politique de promouvoir des alternatives de transport plus durables.
- Les billets de train en France coûtent en moyenne 2,6 fois plus cher que l’avion, en grande partie à cause du coût élevé du péage ferroviaire.
- Le financement des infrastructures ferroviaires repose principalement sur les voyageurs en France, pays qui investit le moins dans le train en Europe.
- La SNCF appelle à un investissement massif de l’État pour promouvoir une mobilité verte, mais le budget actuel ne reflète pas cet engagement nécessaire.
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