Face à la propension des télétravailleurs à exploiter quotidiennement ses établissements, Starbucks a décidé de durcir ses règles d’accueil pour préserver l’expérience de tous.
Le cagongjok
En Corée du Sud, le télétravail prend parfois des allures cocasses. Car certains clients ne se contentent pas de venir dans les cafés avec leur ordinateur portable, ils débarquent avec une unité centrale, un écran de bureau et même une imprimante, comme s’ils emménageaient pour la journée.
Le phénomène a un nom : cagongjok. Ce mot-valise, mélange de « café » et « étudier », désigne celles et ceux qui transforment les établissements en bureaux temporaires. Et si cette pratique n’est pas nouvelle, elle s’est nettement renforcée ces dernières années. La pandémie a bien entendu accéléré l’essor du télétravail, tandis que la flambée des loyers de bureaux à Séoul et le manque chronique d’espaces disponibles ont également compliqué la vie des entreprises.
Résultat, pour de nombreux travailleurs, le café devient la solution idéale : un cappuccino, du Wi-Fi gratuit, une table au chaud et quelques abus. Car certains ne se contentent pas de deux ou trois heures de travail, ils monopolisent une place du matin au soir, au grand dam du personnel et des autres clients.

Une tendance mondiale
Et visiblement, Starbucks en a assez et a pris une mesure radicale, comme l’a expliqué l’un de ses porte-paroles :
« Starbucks Korea a mis à jour sa politique afin que tous les clients puissent profiter d’une expérience agréable et accessible en magasin. Si les ordinateurs portables et les petits appareils personnels sont les bienvenus, les clients sont priés de ne pas apporter d’ordinateurs de bureau, d’imprimantes ou d’autres objets encombrants susceptibles de limiter les places assises et d’impacter l’espace partagé ».
Cette décision illustre un ras-le-bol plus général dans le monde de la restauration, en Europe également. De Barcelone à Lyon, en passant par Lisbonne ou Berlin, de nombreux cafés ont déjà pris des mesures contre les « nomades digitaux », ces télétravailleurs itinérants qui monopolisent les tables des heures durant pour le prix d’un café. Certains comportements sont d’ailleurs considérés comme très osés par le personnel, comme le fait demander de baisser la musique pour une visioconférence par exemple.
Le cas de Starbucks en Corée du Sud illustre bien le dilemme auquel ces établissement sont confrontés : s’imposer comme un « troisième lieu » accueillant entre maison et travail, sans pour autant se transformer en bureau gratuit au détriment de la convivialité… Et de la rentabilité.
- En Corée du Sud, certains clients transforment les Starbucks en véritables bureaux, allant jusqu’à apporter ordinateurs de bureau et imprimantes.
- L’enseigne interdit désormais ces équipements encombrants pour préserver l’espace et l’expérience des autres clients.
- Une décision qui reflète un ras-le-bol partagé par de nombreux cafés dans le monde face aux abus des télétravailleurs.
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