La Présidence de Donald Trump semble profiter à des acteurs inattendus. Plus d’un million de nouveaux utilisateurs ont rejoint Bluesky depuis l’élection. X, le réseau social de son ami et soutien Elon Musk, connaît une fuite inédite.
Emily Lin, porte-parole de Bluesky, met en lumière la diversité surprenante des nouveaux arrivants. Des “swifties” – la communauté fidèle de Taylor Swift – aux amateurs de catch, en passant par les urbanistes, la plateforme attire des profils variés unis par un même désir : retrouver une expérience sociale plus saine.
Cette croissance a propulsé Bluesky de 9 à 15 millions d’utilisateurs, même si elle reste loin derrière Threads (l’alternative à X version Meta) et ses 275 millions d’utilisateurs actifs mensuels.
Fuire la toxicité de X
Alex Bruns, chercheur en médias sociaux, explique à The Guardian cet attrait par l’absence de trois éléments toxiques : l’activisme d’extrême-droite, la désinformation, et les discours haineux. Le réseau social, né d’un projet interne à Twitter devenu indépendant lors du rachat par Elon Musk, offre selon lui une alternative qui rappelle “l’expérience originelle de Twitter”.
La fuite des utilisateurs s’accompagne de départs de grands médias et institutions. The Guardian, quotidien britannique de référence, a quitté la plateforme en dénonçant sa toxicité grandissante. Dans son sillage, le club de football allemand St Pauli a également fermé son compte, qualifiant X d’“amplificateur de haine”. Le lendemain, le média espagnol La Vanguardia annonçait aussi son départ de X.
Dans The Guardian, l’historienne Ruth Ben-Ghiat, de l’université de New York, alerte sur les risques à venir. “Après janvier, lorsque X pourrait être détenu par un membre de facto de l’administration Trump, ses fonctions d’organe de propagande de Trump et de machine de radicalisation d’extrême droite pourraient être accélérées.” explique-t-elle.
Les chiffres témoignent de cette désaffection : 3 millions d’utilisateurs ont rejoint Bluesky lors de la suspension de X au Brésil en septembre, suivis de 1,2 million de nouveaux membres après l’annonce controversée permettant aux utilisateurs de voir les messages des personnes bloquées.
La croissance de Bluesky illustre un phénomène plus large : la quête d’espaces numériques préservés des dérives populistes et de la désinformation. Cette migration pourrait préfigurer une recomposition profonde du paysage des réseaux sociaux, où la qualité des échanges primerait sur la viralité des contenus. Quoi ? On peut toujours rêver.
- Bluesky a attiré plus d’un million de nouveaux utilisateurs depuis l’élection de Trump, notamment des communautés variées fuyant X
- L’absence de désinformation et de discours haineux explique l’attractivité croissante de la plateforme
- Des acteurs majeurs comme The Guardian quittent X, illustrant une crise de confiance profonde à l’égard du réseau social d’Elon Musk
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