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Cette année, les tarifs de votre banque jouent tristement à cache-cache

L’Union fédérale des consommateurs dénonce le retrait de l’engagement des banques en matière de transparence tarifaire.

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Banque Tarifs Opaques
© Unsplash / Ruel Calitis

25 milliards d’euros. Voici le montant des frais bancaires que les banques de détail ont perçu en 2018, selon une étude de S&P Global de 2019. Parmi ces frais – qui représentent pas moins de 32 % des revenus d’une banque – on compte l’ensemble des commissions prélevées, que ce soit pour la gestion du compte et de ses opérations bancaires.

Qu’elle soit si importante pour qu’une banque puisse trouver de la rentabilité, cette part des frais bancaires est en même temps celle qui est la plus grignotée par souci de compétitivité. Depuis deux ans, les tarifs des banques stagnent. Pour pouvoir sauvegarder cette part de revenus, les établissements bancaires ont marqué 2020 par le retour d’une bien mauvaise habitude : la complication des brochures, et le flou complet sur les tarifs d’un compte pour le client.

L’arnaque aux frais bancaires

« Les établissements bancaires ont abandonné les engagements qu’ils avaient pris en matière de transparence de leurs grilles tarifaires. Les nouvelles brochures ne respectent plus les normes fixées en 2010 et qui avaient jusqu’alors été complètement respectées », déplore Matthieu Robin, chargé de mission banques à l’UFC que Choisir. L’homme évoque notamment la disparition de l’extrait standard des tarifs (EST), une manière simplifiée que les banques avaient instaurée depuis 2010.

Cette clarification avait été obtenue grâce à la pression faite par les associations, « à défaut d’une loi », commentait le communiqué de presse de l’association UFC Que Choisir, qui en appelle cette semaine aux pouvoirs publics une action de leur part. La situation est critique : en 2020, les banques abandonnent les « bonnes pratiques », pour des brochures très complexes. Les clients se perdent, à la fois par des documents de plus en plus volumineux, et une multiplication des tarifs en vigueur.

UFC Choisir cite plusieurs mauvaises conduites observées chez les banques traditionnelles cette année. À ce titre, l’association mentionne « tristement » que les caisses régionales du Crédit Agricole sont les championnes – leurs documents d’information tarifaire succincts (DIT) sont trois fois plus volumineux que ceux de la concurrence, avec 8 pages au total. Un gap de trop, qui laisse la voie libre aux néo-banques et aux banques en ligne, bien plus rapides et transparentes au moment de leur souscription, telles que Revolut et N26.

Pour comprendre la raison d’un tel abandon de l’extrait standard des tarifs, il faut mentionner l’entrée en vigueur du DIT. Ce nouveau type de document, imposé par l’Europe, a donné une fenêtre de tir pour que les banques le voient comme une alternative à l’EST, et un moyen de retrouver les complications d’autrefois. En mentionnant les banques BNP Paribas, Société Générale, Groupe Crédit du Nord et HSBC comme les principales à avoir abandonné l’EST de 2010, UFC Choisir évalue à 36 % le nombre de professionnels qui ont profité de la disparition de ces documents pour une surcharge d’information. Une situation instable ; et un pas en arrière.

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