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Tarifs de l’électricité et du gaz : vos factures vont-elles exploser en 2026 ?

Alors que les prix de l’énergie semblaient enfin s’assagir sur les marchés de gros, plusieurs mécanismes de tarification vont jouer en sens inverse en 2026. Votre facture de gaz et/ou d’électricité va-t-elle augmenter cette année ?

Sur le papier, 2025 aura été une année de contraction des prix. Un ménage équipé d’un compteur 9 kVA, consommant 8 500 kWh par an en option heures creuses, a vu sa facture passer de 2 252 euros en février 2024 à 1 864 euros un an plus tard. Soit près de 390 euros restitués. Après la flambée historique de 2022, la détente des cours sur les marchés de gros explique l’essentiel de ce recul.

Hélas, ce répit touche à sa fin. Non pas que les prix repartent à la hausse sur les marchés (ils restent relativement sages) mais parce qu’un verrou réglementaire a sauté le 1er janvier. En effet, l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) tire sa révérence après quinze ans de service.

L’ARENH disparaît, la facture trinque

Ce mécanisme contraignait EDF à céder une partie de sa production atomique à prix coûtant (42 euros le mégawattheure) aux fournisseurs alternatifs. Une subvention déguisée à la concurrence, certes, mais aussi un puissant amortisseur pour le consommateur final. Sa suppression va mécaniquement neutraliser les gains liés à la baisse des cours. Traduction : les factures d’électricité stagneront en 2026, alors qu’elles auraient dû baisser.

Pire, plusieurs postes de coût vont, eux, bel et bien augmenter. Le TURPE (tarif d’acheminement qui rémunère les gestionnaires de réseau) pèse déjà un tiers de la facture. Or les investissements colossaux nécessaires à la modernisation des infrastructures électriques appellent une revalorisation. « Les besoins, en transport comme en distribution, sont considérables », confirme à Moneyvox Jacques Percebois, professeur à l’université de Montpellier et figure de l’économie de l’énergie en France.

A cela s’ajoutent les Certificats d’économie d’énergie. Le principe ? Les fournisseurs sont tenus de financer des opérations de rénovation énergétique (isolation, changement de chaudière, pompes à chaleur) sous peine de lourdes pénalités. Un levier essentiel de la politique climatique française.

Problème : ces fournisseurs répercutent intégralement la charge sur leurs clients. Or, le gouvernement vient d’annoncer une hausse de 25 % de leurs obligations ce qui augmentera mécaniquement la facture. L’UFC-Que Choisir n’a d’ailleurs pas mâché ses mots en octobre 2025 lors de l’annonce de cette hausse. L’association de consommateurs dénonçait alors un « système opaque » responsable d’un surcoût annuel supérieur à 100 euros par ménage.

Alors, combien allez-vous payer de plus en 2026 ? Selon Jacques Percebois, il faut compter 25 à 50 euros de plus par an si vous vous chauffez à l’électricité. Pour les foyers au gaz, l’ardoise sera encore plus lourde : de 70 à 130 euros.

Des hausses de prix aussi pour le gaz

Du côté du gaz naturel, le scénario est presque le même. L’abonnement du prix repère sera relevé dès janvier, sous l’effet conjugué des coûts fixes et des CEE. Le tarif d’acheminement, lui, devrait aussi augmenter. En effet, la consommation française de gaz décline, mais le réseau de canalisations, lui, réclame toujours le même entretien. Chaque mégawattheure coûte donc plus cher.

Seule éclaircie : les cours spot demeurent contenus, dopés par les exportations massives de GNL américain vers le Vieux Continent. Mais cette manne pourrait se tarir. « Les États-Unis pourraient avoir besoin de davantage de gaz pour alimenter les datacenters en électricité », avertit Jacques Percebois. « Des tensions sur le marché ne sont pas à exclure. »

L’économiste invite à garder en mémoire les leçons de 2022. « L’explosion des tarifs avait résulté d’une conjonction de facteurs : reprise économique mondiale, guerre en Ukraine, indisponibilité de réacteurs nucléaires français. Si plusieurs de ces éléments se combinent à nouveau, les prix peuvent flamber très vite. »

A tout cela pourrait aussi s’ajouter le poids de la fiscalité. Un amendement sénatorial prévoyait d’harmoniser les accises sur le gaz et l’électricité, en alourdissant la première et en allégeant la seconde. Objectif : inciter les ménages à basculer vers l’électricité décarbonée. Mais l’adoption du budget 2026 demeure suspendue aux soubresauts politiques. Rien ne garantit que cette mesure entre en vigueur. Mais rien n’assure qu’elle ne sera pas appliquée non plus. Dans tous les cas, mieux vaut se préparer au pire.

  • Les factures d’électricité resteront stables en 2026 malgré des prix de marché orientés à la baisse.
  • La hausse de 25 % des Certificats d’économie d’énergie alourdira les factures de 25 à 50 euros par an pour l’électricité, et de 70 à 130 euros pour les foyers chauffés au gaz.
  • Les cours du gaz restent modérés grâce aux exportations américaines, mais cette situation demeure fragile.

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