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Immense coup dur pour Revolut : la Banque centrale européenne constate des « défaillances » et freine sa croissance

La Banque centrale européenne a secrètement mis Revolut sous surveillance l’été dernier, gelant une partie de ses activités en Europe. Une information restée confidentielle et surtout, qui en dit long sur les tensions entre la néobanque la plus ambitieuse du continent et les régulateurs qui tentent de la cadrer.

Dix ans. C’est le temps qu’il a fallu à Revolut pour passer d’une simple appli de paiement à l’une des fintechs les plus puissantes d’Europe. Fondée en 2015 à Londres par le Russo-britannique Nik Storonsky, la néobanque revendique aujourd’hui 75 millions de clients dans le monde et affiche des bénéfices records : 2,3 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 57 %.

Et sa philosophie est assumée. Car Storonsky a longtemps géré Revolut comme une entreprise technologique, pas comme une banque. Ses équipes sont encouragées ainsi à développer et lancer des produits à toute vitesse, avec un minimum de supervision.

Une culture de la rapidité qui a porté ses fruits. Revolut propose aujourd’hui des dizaines de services, et revendique une valorisation qui dépasse désormais celles de la plupart des grandes banques européennes historiques, Barclays et BNP Paribas incluses. Son objectif : une introduction en Bourse à 200 milliards de dollars de valorisation aux alentours de 2028.

Revolut Banque
© Igor Paszkiewicz / Shutterstock.com

Une gestion des risques pas assez poussée

Cette croissance express n’est pas passée inaperçue à Bruxelles. L’été dernier, la Banque centrale européenne (BCE), l’institution qui supervise les grandes banques de la zone euro, a discrètement imposé des restrictions à la branche européenne de Revolut, vient de révéler le Financial Times.

Plus précisément, l’instance a temporairement gelé le lancement de nouveaux produits financiers dans l’Espace économique européen, le temps que la néobanque corrige des « défaillances » dans ses processus internes. Il lui a ainsi été reproché de ne pas soumettre ses nouveaux produits à un examen suffisant par des experts internes. Un audit complet de ses dispositifs de gestion des risques, de conformité et de ses fonctions juridiques a aussi été ordonné.

Mais ce n’est pas tout. Hors d’Europe, la branche européenne de Revolut s’est vue interdire d’acquérir de nouveaux clients ou de réaliser des rachats. Un coup de frein pour une entreprise dont le modèle repose précisément sur l’expansion permanente. Et ce n’est pas la première fois que Storonsky se retrouve en tension avec des régulateurs. Au Royaume-Uni, il avait publiquement critiqué les autorités, les jugeant trop lentes et trop « guidées par des principes ». La licence bancaire britannique, obtenue en mars 2026 après des années d’impasse, est venue clore ce bras de fer.

En Europe, le dialogue semble plus apaisé. « Nous entretenons un dialogue permanent et constructif avec nos autorités de régulation, notamment la Banque centrale européenne, dans le cadre de nos activités courantes en tant que banque titulaire d’une licence complète. Revolut s’engage à respecter les normes les plus strictes en matière de gouvernance et de gestion des risques. Conformément aux attentes des autorités de surveillance, nous renforçons régulièrement notre dispositif de contrôle interne et nos processus opérationnels », a réagi l’entreprise.

Union Européenne (1)
© rarrarorro / Shutterstock.com

Revolut poursuit son expansion

Pour l’heure, le Financial Times, n’a pas pu établir si toutes les restrictions avaient été levées. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que Revolut a continué à lancer des produits en Europe au cours de l’année écoulée sans que cela ne semble freiner sa dynamique commerciale.

Elle a également obtenu une licence bancaire au Mexique, déposé une demande aux États-Unis, et poursuit ses démarches en France, où elle compte déjà 7 millions de clients. À noter, en outre, que cette affaire risque d’alimenter l’éternel débat sur la méthodologie européenne, accusée de freiner ses champions au profit de la régulation.

  • La BCE a secrètement restreint les activités européennes de Revolut à l’été 2025, lui reprochant de lancer des produits trop vite et sans encadrement suffisant.
  • Malgré ce coup de frein, la néobanque a continué à se développer en Europe et affiche aujourd’hui une valorisation de 115 milliards de dollars.
  • L’affaire relance un débat bien connu : la réglementation européenne freine-t-elle l’émergence de grands champions technologiques ?

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