Annoncée à partir de 399 €, cette ardoise noir et blanc de 10,3 pouces promet de corriger les lenteurs du passé tout en affinant l’expérience. En tant qu’utilisateur assidu des versions précédentes, j’étais curieux de voir ce que donnait la nouvelle venue. J’ai donc passé un mois complet avec elle, histoire de vérifier si elle méritait sa place dans votre attirail professionnel.
J’achète la reMarkable Paper Pure
Design épuré et geste écologique
Avec seulement 360 grammes sur la balance et une épaisseur de 6 mm, la Paper Pure sait se faire très discrète. Visuellement, le constructeur a opté pour des bordures subtilement striées qui évoquent la tranche d’une pile de feuilles de papier. C’est élégant, minimaliste et particulièrement bien fini. La face arrière arbore quelques vis apparentes, histoire de montrer que l’appareil est conforme avec les normes de réparation européennes. Renseignement pris, la batterie sera facilement remplaçable si elle rend l’âme.

On apprécie le geste écologique, d’autant que reMarkable revendique 38 % de matériaux recyclés dans la fabrication de l’appareil : un record dans sa gamme. Dommage que la tablette ne bénéficie pas d’une certification d’étanchéité, pourtant utile sur un produit nomade.
Un écran en papier (ou presque)
Le véritable tour de force réside dans son écran Canvas de troisième génération. Son format 10,3 pouces reste le même que celui du reMarkable 2, mais la dalle est désormais plus large, ce qui facilite la lecture de textes en colonnes et donne un peu plus de respiration à la prise de notes. Il offre un affichage noir et blanc d’une grande précision. Surtout, le fond de la page n’a plus le côté grisâtre des liseuses d’ancienne génération et le contraste devient saisissant.
Pour mon plus grand bonheur, la surface de l’écran est recouverte du même film texturé que la version Pro. Résultat : lorsque j’y écris avec le stylet (le Marker ou le Marker Plus avec sa gomme numérique intégrée), la friction est semblable à celle d’un vrai crayon sur un bloc-notes. Et pour tout dire, je retrouve presque ce léger crépitement si familier à la prise de notes !

La reMarkable 2 péchait par la latence d’écriture et sa relative lenteur, notamment lorsqu’il fallait tourner une page ou zoomer dans un PDF lourd. Ce défaut est corrigé sur la Paper Pure : reMarkable annonce une latence de 21 millisecondes. Résultat, la pointe du stylet reste toujours synchronisée à l’apparition du trait sur l’écran.
Seul bémol, l’écran ne bénéficie pas d’un éclairage frontal, reMarkable le jugeant inutile puisque les utilisateurs sont rarement plongés dans la pénombre lorsqu’ils prennent des notes. En tant qu’adepte (bien malgré moi) des conférences de presse Powerpoint dans une salle peu éclairée , c’est un argument que je trouve discutable : faire l’impasse sur cette fonction pour un produit sortant en 2026 me semble difficilement défendable autrement que par un argument purement économique.
Du hardware modeste, mais très suffisant
Côté quincaillerie, la Paper Pure embarque un processeur dual-core Cortex-A55 cadencé à 1,7 GHz, secondé par 2 Go de RAM et 32 Go de stockage interne non extensible.
Dit comme cela, ça n’envoie pas vraiment du rêve… C’est sans compter sur l’OS maison, une version de Linux taillée spécifiquement pour l’encre électronique, qui tire intelligemment parti de la configuration. En pratique, le résultat est flatteur : les gestes répondent bien, les documents s’ouvrent sans à-coups, et je ne ressens pas de lenteurs comme ce fut le cas sur la reMarkable 2, techniquement bien moins performante.
Qu’il s’agisse de naviguer entre les notes, de réorganiser ses dossiers ou d’exporter des PDF, tout est plus fluide. reMarkable a visiblement beaucoup bossé sur l’optimisation logicielle et ça se ressent. Le stylet se décline en deux versions : l’une avec gomme électronique, l’autre sans. Il est propre à la tablette, qui ne reconnait pas le stylet de la reMarkable 2 tout en restant compatible avec ceux de la gamme Pro.
L’abonnement est facultatif, mais s’impose rapidement
La Paper Pure tourne sur l’OS reMarkable, pensé d’abord pour l’écriture et l’annotation. Sans souscrire d’abonnement, on accède aux fonctionnalités de base : import de PDF et EPUB, export en PDF, PNG ou SVG, synchronisation avec Google Drive, OneDrive ou Dropbox, import de pages Web via l’extension Read on reMarkable, et partage d’écran vers un moniteur externe. La conversion de l’écriture manuscrite en texte est elle aussi disponible sans abonnement et elle frise le tour de magie : mes notes griffonnées à la hâte sont converties avec une étonnante efficacité, vu la réputation calamiteuse de mon écriture.

La souscription à l’abonnement Connect (3,99 € par mois ou 39,99 € par an) lève les limitations de stockage vers le cloud reMarkable et permet de convertir des documents Word à l’aide du plugin Read on reMarkable. La recherche dans le texte manuscrit est possible ainsi que l’envoi de notes vers Slack ou Miro (après traitement par l’IA afin de les rendre éditables), l’utilisation de templates spécifiques à choisir dans la bibliothèque en ligne Methods. Connectée à Google Calendar ou Microsoft Outlook, elle peut afficher mon agenda et génère automatiquement des fiches de réunion préremplies dans un dossier dédié.
Bien entendu, reMarkable pousse discrètement mais fermement vers la formule payante. D’après ce que j’ai pu constater, le saut se justifie pour une utilisation intensive / professionnelle (notamment pour le partage des notes et la recherche dans le texte manuscrit). En milieu scolaire, il reste possible de faire de la résistance à condition de faire une croix sur la recherche dans les notes manuscrites.
Trois vraies semaines d’autonomie
Outre le confort de lecture qu’elle procure, le principal avantage de l’encre électronique est sa faible consommation d’énergie. Lors de ce test, j’ai utilisé la tablette en moyenne une heure par jour pour prendre des notes. Je les ai bien entendu consultées et partagées régulièrement. Il s’est écoulé un peu plus de trois semaines avant que je sois obligé de passer par la case recharge. Essayez de tenir aussi longtemps avec une tablette traditionnelle !
Mon avis sur la reMarkable Paper Pure
La reMarkable Paper Pure est un excellent bloc notes électronique agréable à utiliser et techniquement supérieure à son prédécesseur. L’expérience d’écriture est parmi les meilleures du segment : l’écran a gagné en qualité et en réactivité et l’autonomie n’est plus une préoccupation. Tout n’est cependant pas parfait. Bien que justifiée par le constructeur, l’absence d’éclairage frontal en 2026 me pose un problème. L’abonnement, certes non obligatoire mais fortement conseillé, reste déplaisant.
À partir de 399 euros (hors accessoires et abonnement), la Paper Pure n’est pas exactement l’outil du dépouillement monastique qu’elle prétend incarner. Mais force est de reconnaître qu’aucun concurrent ne propose aujourd’hui une expérience d’écriture aussi convaincante sur encre électronique. On râle, on signe, mais on recharge dans trois semaines.
J’achète la reMarkable Paper Pure
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