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Tatouages : un lien inquiétant avec certains cancers confirmé par une étude

Encre noire, zones grises : que sait-on vraiment des effets des tatouages sur l’organisme ?

Le tatouage s’est imposé au cours des 30 dernières années comme une forme d’expression banale et assumée. Autrefois associé à des groupes spécifiques (marins, prisonniers, etc.), cette pratique s’est très largement démocratisée, touchant toutes les catégories sociales. Selon les chiffres d’Ink-My-Tatoo, « 20 % de la population Française est tatouée » de nos jours, une proportion qui a doublé depuis 2010.

Dans cette étude du 15 janvier publiée dans la revue BMC Public Health, des chercheurs de l’Université du Danemark du Sud viennent de remettre sur la table une question de santé publique : que sait-on vraiment de l’impact biologique des encres de tatouage ? En effet, c’est un sujet de recherche toujours en cours, et les effets à long terme de ces substances sur le corps humain ne sont pas encore complètement compris. L’équipe s’est donc penchée sur une thématique : le lien entre le tatouage et le risque de développer certaines formes de maladies cancéreuses.

Le tatouage sous surveillance

Depuis plusieurs années, les débats sur la composition des encres de tatouage se multiplient, mais rares ont été les études capables de faire le tri entre fantasmes et réalité. Pour s’attaquer frontalement à la question, les chercheurs ont choisi de s’appuyer sur un échantillon assez peu commun dans le milieu de la recherche : près de 6 000 jumeaux adultes.

Les jumeaux, en particulier les jumeaux monozygotes (vrais jumeaux), partagent un patrimoine génétique identique. Pour évaluer l’influence relative des facteurs génétiques et environnementaux sur divers traits et maladies, c’est idéal. L’idée de l’équipe : observer une éventuelle corrélation entre le fait d’être tatoué et le risque de développer certains cancers, notamment cutanés et lymphatiques (tumeurs malignes du système immunitaire qui affectent les lymphocytes).

Résultats : les chercheurs ont observé une nette surreprésentation des cancers de la peau et des lymphomes chez les jumeaux tatoués par rapport à leurs frères ou sœurs non tatoués. Le facteur aggravant ? La taille du tatouage. Ceux dépassant la paume de la main sont associés à une probabilité deux à trois fois plus élevée de diagnostiquer l’une de ces maladies.

Une piste inquiétante, pas une condamnation

Les auteurs restent prudents quant à leurs conclusions : il ne s’agit pas encore d’affirmer un lien de cause à effet. Comme le rappellent les scientifiques, « nous sommes préoccupés par les effets que peut avoir l’interaction de l’encre avec les cellules environnantes ».

D’autant que plusieurs variables entrent en ligne de compte : couleur des pigments, profondeur d’injection, comportement des individus concernés. Rien ne permet d’écarter, par exemple, l’hypothèse que les individus tatoués soient aussi davantage exposés à d’autres facteurs de risque, comme le tabac ou l’alcool.

Comment un simple tatouage pourrait-il influencer le développement de certains cancers ? L’étude ne le dit pas encore. Une des hypothèses envisagées serait que certaines encres, notamment les pigments noirs ou rouges, déclenchent des réactions inflammatoires chroniques dans la peau ou les ganglions. À long terme, cette inflammation pourrait favoriser des dérèglements cellulaires, une prédisposition reconnue pour faciliter le développement de certains types de cancers.

Autre possibilité évoquée : les tatouages pourraient aussi masquer les signes précoces de lésions cutanées précédant l’apparition de cancers, retardant ainsi les diagnostics. Enfin, il n’est pas exclu que les personnes tatouées aient un mode de vie plus exposé à d’autres facteurs de risques.

Cette étude, bien qu’assez robuste dans sa méthodologie ; le choix de l’échantillon particulièrement ; ne permet pas de trancher définitivement. Elle pose en tout cas de solides bases pour de futurs travaux, et c’est précisément ce que les chercheurs souhaitent : identifier les étapes précises par lesquelles les substances chimiques des encres perturbent les cellules et les transforment en cellules cancéreuses.

  • Une étude danoise portant sur près de 6 000 jumeaux suggère une association entre tatouages et augmentation du risque de certains cancers, notamment cutanés et lymphatiques.
  • Les risques semblent accrus chez les personnes portant de grands tatouages, avec une corrélation entre la taille de la surface tatouée et les diagnostics observés.
  • Les chercheurs appellent à approfondir les mécanismes en jeu, sans conclure à une causalité directe, en raison de nombreux facteurs encore non élucidés.

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Par : Gouvernement français
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