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Taylor Swift en lingerie ? Kamala Harris armée ? L’IA d’Elon Musk fait dans la provocation

Générer du contenu politiquement correct par intelligence artificielle n’est pas réellement dans l’ADN du milliardaire

Elon Musk, fidèle à son penchant pour le scandale, vient de dévoiler un générateur d’images par intelligence artificielle qui ne manque pas de soulever des controverses. Cet outil, capable de produire des visuels pour le moins osés sur simple demande, suscite de vives interrogations éthiques à l’heure où les instances régulatrices scrutent attentivement les potentiels dérapages technologiques.

Des images qui choquent et dérangent : bienvenue dans l’ère Grok

En réalité, cet outil n’est pas nouveau puisqu’il s’agit du chatbot Grok, développé par xAI, l’entreprise spécialisée dans l’IA fondée par Musk l’année dernière. Il offre désormais la possibilité à ses utilisateurs de matérialiser leurs pensées en images à la manière de DALL-E 3, intégré depuis septembre 2023 dans l’interface de ChatGPT. Toutefois, Grok est différent, et pas qu’un peu.

Bien que celui-ci se targue d’observer certaines « barrières éthiques » censées prévenir la création de contenus « pornographiques, excessivement violents ou empreints de haine », la réalité semble nettement plus nuancée.

D’après les révélations de The Verge, des abonnés à X Premium n’ont guère tardé à tester les limites de cet outil, sollicitant des représentations aussi provocatrices que « Donald Trump en uniforme nazi » ou « Taylor Swift en lingerie ». Grok, loin de s’y opposer, a obtempéré à ces requêtes, produisant des images qui auraient été instantanément proscrites sur d’autres plateformes.

Ces écarts ne se limitent pas à quelques cas isolés. Le système a également généré des images d’Obama brandissant un couteau près de la gorge de Joe Biden (voir image ci-dessous) ainsi que de Kamala Harris armée d’un pistolet. D’un point de vue technique, c’est impressionnant, comme toute IA générative d’images ; d’un point de vue éthique, on repassera.

Image 2 Grok
Des garde-fous qui semblent être là pour faire joli et qui n’empêchent pas Grok de générer des images douteuses. © The Verge

Musk défie les règles alors que la pression réglementaire augmente

L’attitude désinvolte de Musk face aux normes établies n’étonne guère, tant elle est caractéristique de ce personnage réputé pour son dédain des conventions. Cependant, le contexte actuel s’avère particulièrement délicat. La Commission européenne scrute déjà d’un œil attentif X, soupçonnant d’éventuelles infractions au Digital Safety Act. De l’autre côté, l’Ofcom, l’autorité britannique régulatrice des télécommunications, s’apprête à mettre en œuvre l’Online Safety Act, susceptible d’imposer un contrôle accru sur les contenus générés par IA.

Malgré ces menaces, Musk persiste à repousser les frontières, une attitude qui pourrait non seulement affecter sa plateforme, mais aussi influencer la perception publique de l’intelligence artificielle.

Outre-Atlantique, où la liberté d’expression jouit d’une protection plus étendue, Musk pourrait trouver un terrain plus propice à ses expérimentations. Néanmoins, cela ne l’exonère aucunement des répercussions potentielles de ses choix et certains de ceux-ci commencent à lui coûter déjà assez cher. La prolifération d’images générées par l’IA, à l’instar des récents deepfakes à caractère sexuel de Taylor Swift ayant submergé X, incitera certainement les législateurs à envisager de nouvelles mesures régulatrices.

  • Grok, le chatbot de xAI, offre la possibilité aux utilisateurs de X Premium de générer des images provocantes.
  • Bien que soi-disant protégé par des garde-fous, Grok a généré de nombreuses productions plus que douteuses qui ont essaimé sur X.
  • Un parti pris risqué de la part de Musk, dans un contexte légal qui se durcit progressivement.

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Par : Twitter, Inc.
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1 commentaire
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  1. Attention Presse-Citron, un article tel que celui-ci risque de déclencher le rare neurone actif des inconditionnels d’Elon le Magnifique pour venir crier au part-pris quand il s’agit d’une info dûment vérifiable, certes commentée, mais avec avec les règles du bon sens : “d’un point de vue éthique, on repassera”. Évidement que tout être doté de cervelle repassera. Faut comprendre que pour les p’tites têtes l’éthique est perçue comme une autorité, autorité à laquelle elles réagissent comme le facteur qui se fait mordre par un chien dont le maître lui a appris à mordre tout ce qui porte un uniforme..

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