Tesla a dévoilé la version définitive de son Roadster, prévu pour 2028, et annoncé il y a neuf ans. Il n’a plus grand-chose à voir avec le précédent modèle : grâce aux avancées technologiques de SpaceX, Elon Musk a demandé aux ingénieurs d’ajouter des propulseurs à gaz froid ainsi que des aspirateurs sous le bas de caisse. L’objectif ? Faire accélérer la voiture de 0 à 100 km/h en moins d’une seconde, mais aussi la faire voler et lui faire faire des figures aériennes. À la verticale sur un mur, ou même à l’envers, la voiture arrive à rester scotchée et ne pas tomber.
La Tesla Roadster n’avance pas uniquement grâce à des propulseurs. C’est avant tout une voiture électrique classique dans son mode de propulsion principal, comme promis sur le modèle présenté en novembre 2017. Le véhicule est équipé de trois moteurs électriques (un à l’avant et deux à l’arrière) lui offrant donc une transmission intégrale. La version standard, sans propulseur à gaz froid, abat le 0 à 100 km/h en 1,9 seconde, comme promis à l’époque de l’ouverture des précommandes. La batterie intégrée est d’une capacité de 200 kWh.
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Propulseur à gaz froid : aucune combustion malgré la fumée
Lors de la démonstration complètement inédite de Tesla sur le site spatial de SpaceX au Texas, le nouveau Roadster a effectué des manœuvres aériennes exceptionnelles, et les spectateurs ont cru voir une véritable fusée. La poussée instantanée, permettant à la fois de propulser la voiture dans les airs et manœuvrer sa direction, résulte de propulseurs à gaz froid. Il n’a donc aucune combustion. Le « gaz froid », ici de l’air ou un gaz neutre, est stocké sous très haute pression dans des réservoirs spéciaux en composites dits COPV, similaires à ceux utilisés sur les fusées Falcon.
Mais alors, pourquoi voit-on de la fumée blanche s’échapper des propulseurs du Tesla Roadster ? Cette fumée n’est pas le fruit de combustion, mais de condensation. En effet, l’air stocké dans les réservoirs est à une pression de plus de 700 bars, et sous l’effet du changement brutal de pression dans l’air ambiant, il se transforme en eau. La fumée est donc le même effet de brouillard que celui de l’air que l’on expire l’hiver. En l’occurrence, l’air propulsé de la Tesla Roadster devient extrêmement froid du fait de sa détente formant des milliards de microscopiques gouttelettes d’eau ou des petits cristaux de glace.
Lorsque le conducteur sollicite le système, des vannes ultra-rapides s’ouvrent pour libérer ce gaz à travers des tuyères, à des vitesses supersoniques. En expulsant à cette pression le gaz dans une direction, s’en suit alors le principe d’action-réaction (troisième loi de Newton) et donc une poussée instantanée. Tesla offrira deux types de configurations différentes sur le Roadster : Thrust et Rocket. Cette dernière offrira 10 propulseurs, comme sur le modèle de démonstration. C’est ce dernier qui offrira aussi une accélération en moins d’une seconde (0,81 seconde) pour dépasser 100 km/h et des capacités de vol.

« Les propulseurs de Tesla utilisent des actionneurs tout électriques qui effectuent des micro-ajustements rapides pour aider à stabiliser le véhicule en l’air. Les propulseurs positionnés autour de la voiture peuvent contrôler le tangage, le roulis et le lacet, à l’image des systèmes de contrôle d’attitude utilisés sur les vaisseaux spatiaux », expliquait un internaute sur X.
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Recharge des réservoirs d’air comprimé et limite d’utilisation
Tesla a évoqué que la recharge des réservoirs d’air comprimé se réalisera lors du roulage. Cela dit, le constructeur n’a pas donné de détails sur le temps nécessaire avant de retrouver le plein ni d’éventuelles limites d’utilisation. Sur une vidéo d’un invité lors de l’événement, nous pouvons découvrir où se trouve le réservoir d’air comprimé. Ce réservoir disposerait de 600 litres de capacité pour 250 kg d’air comprimé. Pour récupérer sa pleine charge, il faudra au système puiser dans les capacités de la batterie électrique pour compresser l’air.
Inside the Tesla Roadster. Can see how the thruster tank fits. pic.twitter.com/r0IUfmTGO4
— WHAT'S INSIDE? (@whatsinside) October 16, 2026
Sans plus attendre, en revanche, Tesla a indiqué explicitement que les fonctionnalités de vol de la version « Rocket » ne sont pas approuvées pour une utilisation sur les routes publiques. Évidemment, un tel système ne peut disposer d’aucune homologation.
Y’a-t-il un pilote dans l’avion ?
Au delà des capacités aériennes, la version Rocket, avec son accélération de 0 à 100 km/h en 0,81 seconde, admet aussi une limite physique : les deux passagers à bord subiront une force d’accélération de 3,4 G, soit 3,4 fois leur poids. Si vous pesez 70 kg, alors une accélération en Tesla Roadster en version Rocket vous donnera une impression soudaine de peser 238 kg. Évidemment, la force exercée est en arrière et non vers le bas, mais la force exercée est extrêmement violente et rappelleront des forces exercées sur certains grands huit.

Lors de la présentation, aucun conducteur humain ne se trouvait à bord du Tesla Roadster. Elon Musk a préféré installer son robot humanoïde, Optimus, au volant de la voiture volante. Grâce à une vue embarquée, on distingue bien la violence de l’acrobatie pour le passager, malgré ses signes de la main préprogrammés.
Un détail : lors du show de présentation de la Tesla Roadster : le robot Optimus est au volant, il lève le pouce tout en retournant la voiture… puis éclate de joie 🤩
Fusées, voitures, robots, satellites, IA @elonmusk est partout ! pic.twitter.com/TLGJT2o0Fo— Carėne Tardy (@Carene1984) October 16, 2026
À quoi sert le système de ventilation multimode ?
Quant aux sortes d’aspirateurs, présents sous la Tesla Roadster, le principe sera de venir plaquer la voiture au sol par effet d’aspiration. Au cours de la démonstration au Texas, Elon Musk a voulu marquer les esprits en montrant que la voiture pourrait rouler sur les murs et même à l’envers. Le système de ventilation doit, plus communément, aider la voiture à rester plaquée au sol en courbe pour négocier plus rapidement les virages. Un appui aérodynamique est aussi présent grâce à des systèmes actifs.
« Le Roadster offre des performances inégalées par aucune autre voiture de série. Il va au-delà du Plaid pour vous faire découvrir une toute nouvelle expérience de conduite. Il repousse les limites de la conception, de l’ingénierie et de la physique pour donner naissance à un véhicule d’une conception hors du commun », écrit Tesla sur son site officiel. À noter que le système d’aspiration pour plaquer la voiture au mur ou au plafond sera disponible dès la finition Performance, la moins chère des trois.
Évidemment, pour que les propulseurs à gaz froid aient un contrôle total de la voiture, Tesla a dû limiter au maximum la masse du Roadster. « L’ingénierie fondée sur les principes fondamentaux, les commandes manuelles et la position fixe du siège contribuent à réduire la masse globale du véhicule. Grâce à l’utilisation généralisée de matériaux légers et hautement résistants, notamment le magnésium, le titane et la fibre de carbone, nous parvenons à réduire encore davantage cette masse.Cela permet au Roadster de réagir presque instantanément aux actions du conducteur lors d’une conduite hors du commun », décrit le constructeur.
Les composants du Tesla Roadster sont en effet hérités de SpaceX, notamment sur la partie carrosserie, avec l’utilisation d’une peinture « Ano White » contre les rayons UV, les températures cryogéniques. Cette peinture offre aussi une dissipation électrostatique et une résistance à la corrosion, la même utilisée pour « protéger les fusées pendant les phases de pré-lancement et de récupération ». En guise de clin d’œil, Tesla rappelait qu’après avoir « placé un Roadster dans une fusée », les voilà placer « une fusée dans un Roadster », en référence à la mise en orbite du premier exemplaire de Roadster de l’histoire, en février 2018.
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