Le papa de Metal Gear Solid, Hideo Kojima, revient avec Death Stranding 2: On the Beach, suite directe de son ovni vidéoludique de 2019. Porté par une direction artistique toujours aussi marquante et un casting prestigieux, ce second opus promet d’explorer plus en profondeur les thèmes de l’isolement, de la connexion et de l’après-catastrophe. À la croisée du jeu narratif et de l’expérience sensorielle, ce nouvel épisode parvient-il à sublimer la formule originale ou s’égare-t-il dans ses ambitions ? Notre verdict complet !
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Death Stranding de retour, sur PS5 uniquement cette fois
Dès ses premières minutes, Death Stranding 2: On the Beach nous replonge dans cet univers si étrange, si mélancolique et profondément singulier. Quand bien même le jeu propose un récapitulatif des évènements survenus dans le premier opus, il est presque primordial ici d’avoir vécu le premier Death Stranding pour tout comprendre de ce second épisode, au niveau de la narration bien sûr, mais aussi des mécaniques de jeu.

Kojima Productions pousse encore plus loin l’esthétique post-apocalyptique de son prédécesseur, en y ajoutant une touche plus organique, presque onirique. Onze mois après les évènements survenus dans le premier épisode, on retrouve un Sam Porter Bridges, vieilli, fatigué, mais toujours déterminé à reconnecter un monde en ruines. Ce dernier est rapidement rattrapé par son passé, ainsi que Fragile, et il lui sera demandé de raccorder l’Australie au réseau chiral.

Dans ce territoire hostile, la survie passe aussi par l’adaptation à des catastrophes naturelles dévastatrices : séismes, tempêtes de sable, incendies et la redoutable pluie mystérieuse qui accélère le vieillissement de tout ce qu’elle touche. Bien sûr, il faudra à nouveau déployer diverses infrastructures, et exploiter un tout nouvel équipement de pointe pour faire face, ou fuir stratégiquement, les créatures énigmatiques qui peuplent cet univers morcelé.
Sans trop en dévoiler, le rythme de Death Stranding 2 reste volontairement lent, contemplatif, demandant au joueur de s’imprégner des paysages désolés et de leur poésie. L’émotion est au cœur de l’expérience, portée par une narration dense, parfois cryptique, mais toujours intrigante. On sent ici une œuvre plus introspective, mais qui va parfois trancher avec la solitude ressentie dans le premier opus.
Il est toutefois dommage que la progression n’ait pas été davantage repensée, laquelle va imposer bien souvent de retourner au vaisseau DHV Magellan pour faire progresser l’intrigue, sans compter certains twists scénaristiques, assez prévisibles.

De leur côté, les mécaniques de gameplay ont été peaufinées : plus accessibles, mais toujours exigeantes dans leur gestion du terrain et des ressources. Les habitués retrouveront très vite leurs marques, mais comme l’évoquaient les previews, cette suite est un peu plus permissive que le premier épisode, dans ses phases d’action comme d’exploration.
Difficile également de ne pas déceler à de nombreuses reprises des références évidentes à un certain Metal Gear Solid V: The Phantom Pain.

Le même en mieux (et en moins pénible)
À l’image de son prédécesseur à sa sortie, Death Stranding 2 est pour l’instant une exclusivité PlayStation, disponible uniquement sur PlayStation 5. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeu exploite pleinement les capacités de la machine. Si la version Director’s Cut du premier opus avait déjà impressionné visuellement, cette suite franchit un cap : elle incarne plus que jamais cette promesse de “next-gen” tant espérée lors du lancement des consoles en 2020.

Modélisation ultra-détaillée, effets de lumière saisissants, paysages à couper le souffle… Death Stranding 2 ne se contente pas d’être beau : il redéfinit certains standards techniques actuels de la PlayStation 5 avec une maîtrise bluffante. Et tout cela, sans le moindre temps de chargement.
Tout comme le premier épisode, le jeu propose évidemment une trame narrative à suivre (à base d’épisodes) mais libre au joueur d’explorer le monde librement, de créer des infrastructures pour se faciliter la tâche (et celle d’autres joueurs), de livrer des commandes perdues pour renforcer la confiance des divers abris à reconnecter…

La musique joue toujours un rôle prépondérant, et oui, la caméra prend toujours un certain plaisir à prendre du recul parfois, pour laisser place à une double contemplation à la fois visuelle et auditive.
A noter la présence ici d’une infiltration plus marquée que dans le premier épisode, avec là encore, la volonté de pointer vers l’autre licence phare signée Hideo Kojima. Une infiltration globalement réussie, mais qui reste très permissive, à l’image de l’ensemble de ce Death Stranding 2 finalement, y compris en ce qui concerne les rencontres avec les Echoués.
Comme mentionné précédemment, cette suite améliore tous les aspects du premier opus. Le gameplay gagne en profondeur et en fluidité, offrant des mécaniques plus variées et mieux intégrées. La mise en scène, autrefois jugée contemplative à l’excès, se révèle ici plus rythmée, portée par des cinématiques nombreuses mais plus vivantes, parfois même teintées d’humour (un peu trop même par moments à vrai dire). De nouveaux personnages viennent enrichir l’univers, apportant une dynamique inédite aux interactions de Sam.

Si l’ambiance reste empreinte de mysticisme et de symbolisme, Death Stranding 2 se montre néanmoins plus accessible, moins pénible que le premier opus. Le récit, bien que toujours énigmatique, suit une trame plus cohérente, et les enjeux sont plus lisibles, rendant l’expérience globale autrement plus engageante pour un public plus large. Attention toutefois, cette suite est (forcément) moins surprenante que le premier opus, et se contente de bonifier les bases établies, ce qui pourra sonner comme une forme de “redite” pour certains.
Côté durée de vie, il faut compter une trentaine d’heures en ligne droite pour boucler l’aventure principale. Mais réduire Death Stranding 2 à son simple fil narratif serait passer à côté de l’essence même du jeu. Explorer en profondeur ses vastes environnements, expérimenter avec les multiples outils à votre disposition et relever les nombreux défis secondaires enrichit considérablement l’expérience. Le temps de jeu grimpe alors en flèche, transformant chaque session en une immersion totale dans cet univers si singulier. Prendre le temps de tout découvrir, de tout maîtriser, de s’évader, de s’oublier même, c’est s’offrir une aventure non seulement plus complète, mais aussi plus marquante.
Notre avis concernant Death Stranding 2
Malgré ses quelques maladresses à l’époque, le premier Death Stranding avait su captiver grâce à son ambiance unique et son approche résolument audacieuse. Avec cette suite, Kojima Productions revoit sa copie de fond en comble et affine chaque composant de l’expérience pour livrer ce qui s’apparente à un véritable chef-d’œuvre vidéoludique. Plus accessible, mieux rythmé, sublimé par une mise en scène maîtrisée et une direction artistique à couper le souffle, Death Stranding 2 repousse les limites de ce que l’on attendait de lui, sans toutefois parvenir à recréer le choc de 2019. Riche, dense, profondément immersif, le jeu s’impose comme une œuvre majeure de cette génération, et comme le digne descendant de son aîné.
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Death Stranding 2
On aime
- Cet univers, cette ambiance, ce gigantisme
- D'une beauté renversante
- Plus accessible et (encore) mieux maitrisé
- Le multijouer asynchrone, toujours aussi fou
- Durée de vie
On aime moins
- Un côté "la même chose en mieux" forcément
- L'interface, pas forcément très ergonomique pour les néophytes
- Le côté "plus accessible", une aubaine pour certains, une trahison pour d'autres