A la fin de l’année 1994, les joueurs découvraient un certain Donkey Kong Country sur Super Nintendo. Un titre résolument culte, qui brillait à l’époque par une technique absolument sidérante sur une console 16 bits alors en “fin de vie”, au point d’occulter totalement la sortie du 32X de SEGA, lancé simultanément. Une série culte était née. Malgré un épisode très décrié sur Nintendo 64 en 1999, avec sa Nintendo Switch 2, le groupe japonais se risque à nouveau à proposer un jeu Donkey Kong en 3 dimensions, avec en prime une grosse dose de destruction. Alors oui, c’est sympa, mais non, on n’a pas forcément trouvé ça extraordinaire non plus. Explications.
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A défaut de Mario, un nouveau Donkey Kong en 3D au secours de la Switch 2
Dans Donkey Kong Bananza, on incarne évidemment le célèbre DK, lequel se retrouve aspiré par une tempête avant d’être envoyé dans les tréfonds de la planète. Rapidement, on fait la connaissance d’un étonnant petit caillou qui deviendra la petite Pauline, qui rêve de pousser la chansonnette à travers le monde, et tous deux vont devoir faire équipe jusqu’au “coeur de la Terre” pour déjouer les plans de l’infâme Void Kong.

Chaque strate du jeu représente un univers bien distinct, marqué par des éléments à maîtriser : neige, sable, lave, eau… Autant d’environnements que DK traverse avec sa force légendaire, capable de tout réduire en miettes. A ce sujet, Donkey Kong Bananza n’est pas un quelconque open world, et quand bien même les strates sont parfois reliées par des sous-strates, on évolue bien à travers différents niveaux, séparés par des temps de chargement.

En parallèle de l’aventure principale, le jeu propose un objectif secondaire alléchant : la collecte des cristaux de banandium (que l’on peut apparenter aux Lunes de Super Mario Odyssey). Dissimulés dans les niveaux mais aussi dans des ruines abritant des défis secondaires, ces cristaux s’obtiennent au terme d’épreuves variées : séquences en 2D résolument rétro, courses contre la montre, parkour ou encore énigmes. Ces niveaux bonus, parfois exigeants, sauront satisfaire aussi bien les joueurs occasionnels que les amateurs de challenge à l’ancienne.
L’une des trouvailles les plus enthousiasmantes du titre réside dans son système de destruction du décor, que l’on est nombreux à avoir découvert avec Red Faction en son temps. On peut littéralement tout détruire : murs, sols, structures… mais surtout façonner l’environnement à sa guise pour créer des raccourcis, des passages secrets ou échapper à des pièges. C’est aussi amusant qu’intelligent, et cela pousse à l’exploration minutieuse de chaque recoin. Mention spéciale à la possibilité d’arracher des éléments du décor pour les lancer… ou surfer dessus.

Côté gameplay, DK ne se limite pas à ses poings. Grâce aux transformations Bananza, il peut canaliser les pouvoirs des Anciens en se transformant : force colossale, capacité de vol, vitesse accrue… Des compétences qui seront indispensables pour progresser, et qu’il est possible d’améliorer via un arbre de progression, lui aussi nourri aux bananes, et qui s’applique autant au gorille qu’à ses aptitudes spéciales.

Un portage entre deux générations… et ça se voit
Développé à l’origine pour la première génération de Switch, Donkey Kong Bananza a finalement trouvé refuge sur la Switch 2 (tout comme Mario Kart World d’ailleurs). Un changement de support bienvenu, notamment pour tirer parti des capacités techniques accrues de la nouvelle console de Nintendo, en particulier pour gérer les mécaniques de déformation du terrain. Mais malgré cette montée en puissance, difficile de passer à côté de certaines concessions techniques, probablement héritées du développement initial.

Les textures manquent parfois cruellement de finesse, et le clipping est régulièrement perceptible. À cela s’ajoutent une caméra capricieuse, quelques effets de transparence “old school” façon damier, et des éléments qui perdent vite en détails dès qu’on s’en éloigne. Rien de véritablement rédhibitoire, certes, mais on reste loin d’un étalon technique, surtout pour un titre censé exploiter les capacités d’une console qui sent encore le neuf.

Peu avant la sortie, Nintendo avait d’ailleurs pris les devants en confirmant des baisses de framerate lors des séquences les plus riches en effets visuels. Un compromis assumé par les développeurs, qui ont préféré privilégier la lisibilité de l’action et le rythme de jeu. En pratique, quelques ralentissements ponctuent effectivement l’aventure, mais ils restent rares et n’entachent jamais véritablement l’expérience.
Un jeu dense, parfois “fatiguant”…
S’il brille par son gameplay dynamique et son système de destruction particulièrement jouissif, Donkey Kong Bananza peut aussi s’avérer… épuisant. Outre une débauche d’effets visuels et sonores, le jeu déborde littéralement de contenus : objets à casser, bananes à collecter, fossiles à dénicher, or à ramasser…à tel point qu’à la longue, leur trouvaille n’en devient même plus réellement gratifiante en réalité. Certes, on devine que les développeurs ont cherché à stimuler en continu la dopamine liée à la récompense, mais cela devient rapidement usant.
Le tout est emballé dans une direction artistique très flashy, avec des personnages haut en forme et en couleur (ultra criarde), dans la lignée d’un Splatoon, et cela en déroutera forcément certains.

L’action est omniprésente, sans véritable moment de répit. Certains joueurs auraient sans doute apprécié des phases plus calmes, propices à l’exploration ou à la contemplation. Ici, l’expérience est intense, parfois jusqu’à la surcharge, comme si le jeu avait peur de laisser le joueur souffler ne serait-ce qu’une seconde.
De même, si les premières heures sont vraiment très amusantes, un sentiment de lassitude finit par s’installer, la faute à des mécaniques finalement très répétitives (et à des transformations Bananza qui ne changent pas franchement la donne), et tout (ou presque) commence un peu à se ressembler.

Comptez environ 15 heures pour venir à bout de l’aventure principale. Mais pour les amateurs de complétion (et comme c’était le cas dans Super Mario Odyssey), chaque strate regorge d’éléments à collecter. Les plus méticuleux pourront viser le 100 % et découvrir une petite récompense finale. Quant aux joueurs plus “casual”, ils se satisferont probablement des bonus accessibles, heureux, et peut-être même un brin soulagés, d’avoir mené à bien cette nouvelle aventure en 3D de Donkey Kong.
Notre avis concernant Donkey Kong Bananza
Donkey Kong Bananza est une aventure aussi généreuse qu’intense, portée par un gameplay solide et une mécanique de déformation aussi fun qu’ingénieuse. Malgré des concessions techniques visibles et une direction artistique parfois surchargée, le titre parvient à captiver grâce à sa richesse de contenu et sa variété de défis. Un jeu exigeant, parfois épuisant (pour les yeux comme pour les oreilles), pas toujours très inspiré et à qui il manque une “âme”, ce petit “coup de génie” que l’on retrouve généralement chez Nintendo, mais qui devrait malgré tout ravir de nombreux fans de la licence, comme les amateurs de plateformes en quête de nouveauté sur Nintendo Switch 2.
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Donkey Kong Bananza
On aime
- Le côté destruction, vraiment très fun
- Un jeu très généreux, qui offre une grande liberté d'action
- La relation DK/Pauline (même si celle-ci est sous exploitée)
- Quelques surprises au bon goût de "rétro"
- Une campagne solo abordable et des défis secondaires plus corsés
On aime moins
- Des concessions techniques très (trop) visibles
- La direction artistique...
- Les transformations Bananza, moui...
- Un jeu parfois "fatiguant"